Partager

J’attend, des forces de sécurité, de la police et de la gendarmerie nationale, qu’elles sanctionnent, sans faiblesse, tous les manquements au respect du code de la route et à l’observation des contrôles techniques obligatoires !…”, a martelé le Président de la République, Amadou Toumani Touré, à l’adresse des Forces armées et de sécurité, à l’occasion du 47e anniversaire de l’armée malienne.

Nul n’est plus besoin de constater qu’au Mali, le nombre sans cesse croissant des accidents de la circulation est dû au non respect de la règlementation en matière de code de la route et à la non observation des contrôles techniques obligatoires.

C’est dire donc que ce n’est pas la route, ni l’état de la route qui tuent, mais ce sont des hommes(c’est-à-dire les usagers de la route et les agents chargés de la sécurité routière) qui tuent et s’entretuent à travers leur propres mauvais comportements. En effet, entre l’agent et l’usager, on ignore généralement qui est le plus responsable des conséquences de ces horribles spectacles qui, en longueur de journée, s’offrent à la vue des citoyens sur nos routes.

Ainsi, au Mali la route tue actuellement plus que les maladies pandémiques. Pour la seule année 2006, 17 512 accidents ont occasionné 9 427 décès et 31 608 blessés. Face à un tel fléau qui réflète nos comportements, le Président de la République, dont la responsabilité est engagée à travers l’Etat, ne pouvait rester indifférent. C’est pourquoi, avec la collaboration de tous les Maliens, il s’est personnellement engagé à mener un combat sans merci contre les accidents de la route.

En témoignent ses différents adresses à la Nation au cours desquelles il a souvent recommandé un certain nombre de mesures à adopter, telles que l’enseignement du Code de la route dans les établissements privés et publics, la multiplication des passerelles pour piétons sur les grandes artères de la capitale, le port du casque pour les motocyclistes…

L’enseignement du Code de la route est d’autant plus important, quand on sait que la plupart des usagers de la route (piétons, motocyclistes, automobilistes…) ignorent les procédures de traversée et de circulation de la route.

A cela s’ajoute le désintéret des agents des forces de sécurité routière, ceux-là mêmes qui sont chargés de faire appliquer la règlementation de la circulation. Mais ils semblent prendre plus de plaisir à soustraire illégalement de l’argent aux chauffeurs de véhicules de transports en commun qu’à se soucier de la sécurité des autres usagers.

Que dire alors des agents de contrôle technique qui laissent passer des véhicules défaillants moyennant un “geste” (10 000F à 15 000FCFA)? C’est cette violation, voire cette démagogie qui est à la base de beaucoup d’accidents de la circulation routière. N’apprend-on pas, en longueur de journée, qu’un véhicule de transport chargé de passagers a fait un accident, suite à une défaillance du système de freinage ou du moteur…?

Si d’un côté, le Président de la République donne quitus aux forces de sécurité pour qu’elles sanctionnent sans faiblir tous les manquements au respect du Code de la route et là l’observation des contrôles techniques obligatoires, de l’autre côté, il doit donner quitus à la justice pour qu’elle sanctionne tout agent qui faillira à sa mission.

Avec cette double sanction, nos plus hautes autorités pourront espérer endiguer le fléau des accidents de la route. Sans quoi, les simples initiatives de sensibilisation resteront vaines.

A ce niveau, il convient de signaler que le Chef de l’Etat a souhaité que les initiatives lancées dans le cadre de la semaine de la sécurité routière s’étalent dans la durée, afin d’élever le niveau de conscience des usagers de la route et des populations en général, sur l’ampleur de l’insécurité routière dans notre pays.


Moussa TOURE

28 Mai 2008