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Au terme d’une mission de deux jours au Mali, les médiateurs de la sous-région ont tenu un point presse pour rendre compte de certains résultats auxquels ils sont parvenus.

Les 24 et 25 septembre 2012, une délégation du bureau de l’association des Médiateurs des pays membres de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Amp-Uemoa) a effectué une mission de travail au Mali. Conduite par le président de l’Amp-Uemoa, le professeur Albert Tévoédjrè, médiateur de la République du Bénin, cette visite s’inscrit dans le cadre du 52ème anniversaire du Mali et fait suite à une mission de bonne volonté déjà réalisée le 23 février 2012 par le bureau de l’association à Bamako.

La présente mission a été l’occasion pour la délégation d’avoir «des échanges de vues avec les principaux acteurs et responsables impliqués dans le processus de résolution de la crise et/ou susceptibles de lui apporter un éclairage pertinent sur le contexte et les enjeux politiques et sécuritaires actuels du pays». Ainsi, grâce à l’accompagnement de Diango Cissoko, médiateur de la République du Mali, la délégation a successivement rencontré Oumar Kanouté, directeur de Cabinet du Premier ministre, Dioncounda Traoré, président de la République, Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique, le capitaine Amadou Haya Sanogo, président du Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité, le général Moussa Traoré, ancien chef de l’Etat, Younoussi Touré, président de l’Assemblée nationale, Cheaka A. Touré, représentant spécial de la Cédéao au Mali, et plusieurs diplomates accrédités au Mali.

Avec ces différents acteurs et responsables, «la délégation s’est inquiétée de la situation du Mali, a exprimé sa solidarité et sa sympathie aux autorités et au peuple maliens qui sont agressés dans leurs territoire et valeurs séculaires. Elle a renouvelé son engagement à accompagner le processus de normalisation du pays».

A l’issue de sa mission, les médiateurs «rappelent» que le Mali est un grand peuple dont l’immense majorité des musulmans sont tolérants, pieux, travailleurs et solidaires des valeurs islamiques largement partagées. Ils «condamnent énergiquement» les graves violations des droits humains perpétrées dans le nord, invitent la classe politique, les forces vives de la nation et l’armée républicaine maliennes à un dialogue inclusif et à un consensus sincère sur l’essentiel, saluent les diverses initiatives prises par les partenaires du Mali en vue du recouvrement de l’intégrité territoriale et invitent ceux-ci à accompagner les efforts de solidarité complémentaires, appellent à une écoute attentive ainsi qu’à une prise en compte effective des aspirations du peuple malien. Les médiateurs engagent l’opinion publique malienne à une «mobilisation populaire de résistance pour faire face aux agresseurs et invitent les organisations régionales, internationales et non gouvernementales à apporter leur soutien à cette action». Ils invitent à l’élargissement des cercles de réflexion et de solidarité et de solidarité en faveur du Mali. A cet égard, s les médiateurs suggèrent que toutes les organisations qui peuvent jouer un rôle positif de service, notamment les instances islamiques internationales dont le Mali, se mobilisent davantage pour aider le pays à faire face au péril intégriste dans le nord.

Aujourd’hui, la délégation est attendue à Abidjan où elle soumettra son appréciation de la situation et ses suggestions au chef de l’Etat ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, président en exercice de la Cédéao.

Cheick Tandina

Le Prétoire du 27 Septembre 2012