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Le Conseil de paix et de sécurité fait part de sa disponibilité à donner une suite à la demande des autorités de transition maliennes en vue d’un déploiement d’une force militaire dans le pays. La résolution 2071 qui consacre ce volontarisme suscite d’énormes espoirs au niveau national et sous régional.

Ce vendredi 19 octobre, s’ouvre à Bamako, une réunion du Groupe d’appui et de suivi sur la situation au Mali. La rencontre qui se tient à l’initiative de l’Union africaine en consultation avec l’ONU et la Cédéao, est fortement attendue par la communauté internationale. Un envoyé spécial pour le Sahel, l’italien Romano Prodi, a la charge de mobiliser la Communauté internationale en faveur de cette région. Entre autres missions, celui-ci est censé définir les paramètres d’une solution globale à la crise malienne. Il est également attendu à la réunion du groupe d’appui et de suivi de la crise,( comme) la diplomate sud africaine présidente de la commission de l’Union Africaine, Mme Nkosazana Dlamini-Zuma.

Ces assises de Bamako visent à définir les modalités de l’aide que la Communauté internationale doit apporter aux autorités de transition dans le but de régler la crise qui secoue le pays dans sa partie septentrionale. Il faut dire que cette crise sécuritaire dans le nord a engendré une crise politique avec un coup d’Etat militaire perpétré le 22 mars 2012. Un accord politique de la CEDEAO avec les militaires putschistes a permis un retour à l’ordre constitutionnel et la mise en place d’un gouvernement d’union nationale que le conseil de sécurité a salué.

Gravement préoccupée !

Il est sans conteste certain que le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra n’a pas prêché dans le désert lorsqu’il représentait le Mali à la tribune des Nations Unies à New York en fin septembre dernier. C’est à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) que le chef du gouvernement malien a proposé la requête malienne demandant une intervention militaire pour déloger les islamistes et autres mouvements armés qui occupent le nord du pays.

L’ONU est «gravement préoccupée» par les activités des groupes criminels opérant dans le Nord du Mali, mais pense que la solution est d’abord nationale. Les initiatives de négociations crédibles sont de part et d’autres encouragées en vue d’une solution politique qui respecte la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale du Mali. En droite ligne de cette volonté politique, les Nations Unies demandent à tous les pays et organismes d’accompagner le Mali.

Dans cette perspective, le Conseil a tenu à préciser : il revient, en premier lieu, aux autorités maliennes de garantir la sécurité et l’unité du territoire et de protéger la vie des populations civiles. Le respect du droit international humanitaire et des droits de l’Homme sont des visions chères à l’ONU. Notre pays doit donc prendre les dispositions nécessaires pour faciliter les préparatifs régionaux et internationaux en rapport avec l’objectif visé.

La demande des autorités maliennes de déployer une force internationale en vue de la reconquête des régions du nord du mali aux mains des groupes islamistes depuis des mois trouve de plus en plus un écho favorable auprès de la Communauté internationale. Dans la résolution 2071 adopté le 12 octobre 2012, le Conseil de paix et de sécurité a instruit au secrétaire général de l’organisation l’élaboration d’un rapport à cet effet sollicité des parties prenantes, la CEDEAO et l’union africaine notamment, un plan concis en vue de l’opération militaire.

Les autorités maliennes doivent nécessairement «se mettre en rapport avec les partenaires indiqués» pour soumettre le rapport écrit sur les conditions d’application de la présente résolution. Cela doit se faire dans un délai de 45 jours.

Seydou Coulibaly

18 Octobre 2012

©AFRIBONE