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Rien ne va plus entre le ministre de l’Artisanat et du Tourisme, M. N’Diaye Bah, et la société de gardiennage et d’entretien, Complexe Kala Sport (COKASP) . En effet, le Directeur Général de cette société, M. Yacouba O. Samaké, vient d’être avisé de la résiliation du contrat qui le lie au ministère de l’Artisanat et du Tourisme et à ses services rattachés, comme l’Office Malien du Tourisme (OMATHO).

Si la résiliation existe dans les termes du contrat, la manière dont elle a été menée reste fort à désirer. Selon le Directeur Général de COKASP, M. Samaké, aucun préavis ne lui a été signifié. En la matière, pour que l’une des parties résilie le contrat, il faudrait qu’il y ait des violations ou irrégularités graves. Or sur ce point, il n’en est rien . Aussi, cette résiliation unilatérale du ministre N’Diaye Bah est difficilement compréhensible.

Selon nos sources, une nouvelle société aurait été créée par un des amis dudit ministre, et qui… bénéficiera désormais de ce marché. Mais ce qui est surtout révoltant, c’est que le ministère de l’Artisanat et du Tourisme doit une année d’arriérés à la société COKASP.

Rappelons que depuis 1998, les locaux du ministère, le domicile du ministre et les services rattachés sont surveillés et entretenus par la société COKASP de Yacouba O. Samaké.

Selon ses clauses, la durée du contrat est d’une année renouvelable, avec une reconduction tacite. Ainsi pour les locaux (c’est-à-dire dans le volet entretien), il était convenu que le ministère doit payer 2 400 000 FCFA en HT (Hors Taxe) et 2 832 000 FCFA en TTC (Toutes Taxes Comprises). Pour le gardiennage des locaux, il était prévu 2 880 000 FCFA en HT et 3 398 400F CFA en TTC.

Le fait de résilier mes contrats n’est pas grave. Mais j’aurai préféré qu’on m’en donne les raisons, ou bien un préavis, comme le prévoit les clauses du contrat. Même si on veut résilier ce contrat, au moins, qu’on règle mes arriérés“, a déclaré le D.G. de COKASP, très amer.

Malgré cet état de fait, la société n’entend pas se laisser faire pour rentrer en possession de ses droits. Selon nos sources, ce sont les mêmes vigiles de la société qui ont été débauchés au profit de la nouvelle société bénéficiaire. Et ce sont les matériels de COKASP qui sont… utilisés par ses agents désormais devenus ex-COKASP.

Les plus hautes autoritées saisies

Pour être remis dans ses droits, le Directeur Général a décidé de saisir les plus hautes autorités du pays, notamment la justice, pour vice de forme de la part du ministre. “Je ne sais pas ce que je lui ai fait personnellement. En tout cas, moi, je ne comprends rien. J’assimile cela à une cabale, voire à une méchanceté gratuite de N’Diaye Bah“, a t-il indiqué.

Selon certaines sources, cette résiliation abusive et unilatérale du ministre est purement politique. Quoi qu’il en soit, il s’agira, pour la justice malienne, de statuer sur cette affaire et départager les deux parties.


Sadou BOCOUM

12 Juin 2008