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Créé en février 2005, le Réseau des religieux de l’Afrique de l’Ouest et du Centre contre le sida compte des leaders religieux de 18 huit pays dont les 15 de la CEDEAO, plus la Mauritanie, le Cameroun et le Tchad. Son rôle est de sensibiliser davantage à la lutte contre la sida. Une caravane partie de Nouakchott en Mauritanie à Abuja au Nigeria l’année dernière a permis de toucher plus de30 000 personnes et de briser les tabous autour du fléau.

La coordination régionale des réseaux des religieux de l’Afrique de l’Ouest et du Centre a animé une conférence de presse le mardi 29 mai 2007 à la Maison de la presse.
Ces religieux des différents pays ouest-africains ont expliqué les efforts jusque-là fournis dans le cadre de leurs activités de sensibilisation contre le VIH-Sida. La conférence était animée par le coordinateur, Baba Ould Matta, avec, à ses côtés, plusieurs autres membres du bureau dont Thierno Hadi Thiam, Mme Diakité Kadia Togola et le pasteur Tangara.

En plus de deux ans d’existence, le Réseau qui compte aussi des parlementaires et des hommes de médias, a mené plusieurs activités de sensibilisation, conférences, débats et la caravane qui a fait le tour de l’Afrique de l’Ouest de Nouakchott à Abudja.

Pour le président, cette caravane qui a touché plus de 30 000 personnes a permis de briser le tabou et d’ouvrir les esprits. Car a-t-il dit, Dieu a recommandé aux chefs religieux de prêcher dans le sens de l’abstinence. Donc, l’engagement des religieux ne consiste pas à encourager la promiscuité par l’utilisation des préservatifs.

«L’islam n’est pas contre le préservatif, surtout lorsque l’un des époux est atteint de la maladie», a précisé le professeur Thiam. Qui s’est félicité de l’engagement des autorités maliennes dans cette lutte grâce auquel le taux de prévalence a chuté de 1,7 à 1,3 %.

«Au Mali, la force est que les trois confessions religieuses – musulmane, protestante, catholique – travaillent ensemble. La préoccupation, pour le moment, est de convaincre ceux qui ne le sont pas encore par rapport au VIH. Si nous ne faisons pas ce travail, on rendra compte à Dieu. Notre engagement n’est pas une histoire d’argent mais de mettre nos fidèles à labri du sida», a insisté le pasteur Tangara. Sur le plan national, la cellule locale du Réseau projette d’organiser une caravane de Bamako à Gao.

Le président du Réseau africain des personnes vivant avec le VIH, Modibo Kané, a fait remarquer que, depuis l’implication des leaders religieux dans la lutte contre le sida, un grand pas a été franchi.

Les activités de sensibilisation ont permis de mettre un terme à la stigmatisation et à la discrimination dont les personnes vivant avec le virus étaient victimes.

Les gens ont pu également être informés sur les conséquences de certaines pratiques traditionnelles comme le lévirat ou le sororat.

Au niveau des autorités, la situation s’est matérialisée par une plus grande implication, notamment l’adoption, par plusieurs pays, des lois sur la protection des droits des personnes vivant avec le VIH.

Le réseau projette de continuer la sensibilisation auprès des pays membres pour la gratuité des anti-rétroviraux.

Youssouf CAMARA

31 mai 2007.