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Malgré le bouclage de l’année académique le 6 août dernier pour certains, le 16 pour tous, ce n’est que le 28 août 2008 que les étudiants de la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines (Flash) ont bénéficié de leurs frais de mise en route. Las d’attendre, beaucoup ont payé de leurs poches leur transport.

Nombreux étaient les étudiants qui, voyant les choses traîner, commençaient à craindre de passer le mois de ramadan loin de leurs parents. Les étudiants vivant dans des conditions déplorables, internés faute de n’avoir aucun parent à Bamako, commençaient à se lamenter.

N’exerçant aucun métier ici et ne bénéficiant pas non plus de bourses, ces internés, qui ne survivent que grâce aux petits soutiens que leurs parents leur envoient de temps à autre, se demandaient comment ils allaient faire

Pour cette année encore, l’Etat a réquisitionné pour les étudiants ressortissants de la région de Sikasso les cars de la compagnie Benso Transports qui, contre toute attente, a causé beaucoup de désagrément aux Koutialais en les mettant dans les mêmes cars que des Sikassois.

En effet, les responsables de cette compagnie ont pris l’habitude d’embarquer Sikassois et Koutialais dans un même car au lieu de les séparer. Face à cette situation incommodante, les étudiants ressortissants de Koutiala élèvent la voix et dénoncent l’attitude peu orthodoxe du gouvernement à leur égard.

« Avant, c’était Bittar-Trans qu’on réquisitionnait pour les étudiants de la Flash, ressortissants de la région de Sikasso. Mais depuis qu’on l’a changé par Benso, nous ne rencontrons que des problèmes. A Bittar, il y avait un car pour les Sikassois et un autre pour les Koutialais, ce qui n’est pas le cas à Benso » , affirme Assitan, une étudiante native de Koutiala.
Droit bafoué

« L’année dernière , poursuit-elle, je me suis rendue à la gare Benso dès 6 h du matin, je n’ai pu embarquer que vers midi dans le dernier car. Le chauffeur nous a conduit d’abord à Sikasso pour déposer les étudiants de là-bas avant de mettre le cap sur Koutiala. Ce n’est qu’après minuit que j’ai pu regagner ma famille ».

Se faire enregistrer à l’avance pour rentrer tôt chez soi et se reposer n’a plus de sens pour les étudiants ressortissants de la ville de Koutiala. Par souci d’économie de carburant, la compagnie Benso fait retarder tous les Koutialais en leur imposant les derniers cars. Une fois arrivé à Sikasso, ils attendent l’arrivée du dernier car pour qu’ensemble, ils puissent continuer sur Koutiala.

De plus, Benso n’a pas de siège à Koutiala. L’année dernière, son correspondant était Diarra Transport. A la veille de la fête de Tabaski, qui coïncidait avec les examens de la 2e session de la Flash, les étudiants n’ont pu bénéficier de leurs frais de route retour. Diarra refusait de prendre des étudiants sur réquisition, prétextant qu’ils ont eu des problèmes avec Benso qui refusait de lui payer son dû. Tous les étudiants qui avaient fait ce voyage avaient payé eux-mêmes les frais. Ils n’ont pas encore été remboursés.

La réquisition est un droit pour les étudiants. Mais, présentement, mieux vaut payer son transport soi-même quand on a les moyens. Sachant que Benso ne siège pas dans la région de Sikasso, on se demande bien pourquoi l’Etat lui remet ses réquisitions.


Ramata S. Kéita

02 Septembre 2008