Partager


En exclusivité mondiale, L’Indépendant a révélé, dans son édition de lundi 24 septembre, la création, le 20 septembre précédant, d’une République touareg fantomatique dénommée « Tumoujgha ». Sur la carte illustrant l’article porteur de la nouvelle qui a produit chez nos concitoyens, comme l’on pouvait s’y attendre, un mélange de scepticisme et de colère sourde, on observe que la soi-disant république s’étend exclusivement sur de larges parties du Mali et du Niger.

L’Algérie et la Libye y ont été soigneusement évitées. Ce qui est curieux quand même compte tenu de ce que ces deux pays sont la patrie première des Touaregs en Afrique. Une rapide incursion dans l’histoire fait ressortir que les Touaregs, peuple originaire d’Europe centrale, figurent parmi les plus anciens occupants de l’Afrique du nord, privilège qu’ils ne disputent qu’aux Grecs, en certains cas.

Avec la déferlante Ottomane à partir du 16è siècle et l’islamisation au glaive qui s’en suivit, les Touaregs se dispersèrent vers les régions méridionales de l’Algérie et de la Tunisie et septentrionales du Mali et du Niger. Quant à la Libye, on prête à son chef, Moammar El Kadhafi, de se définir lui-même comme un Targui.

Si Bahanga et sa clique de terroristes veulent créer une république touareg, ils devraient commencer par reconquérir l’Algérie et la Libye, pays où plongent leurs racines ancestrales et où ceux de leur race et de leur sang sont infiniment plus nombreux qu’au Mali et au Niger. Deux Etats soudaniens – je souligne bien ce mot – sur lesquels ils ne peuvent exprimer ni historiquement, ni juridiquement, une quelconque revendication territoriale.

Bien sûr, Bahanga et sa bande de criminels enturbannés savent poser les mines pour faire sauter les véhicules, tuer ou mutiler des forains qui tentent de gagner pacifiquement et par le seul labeur leur vie. Bien sûr, ils savent attaquer par traîtrise – c’est bien le propre des lâches de se comporter de la sorte – les postes de sécurité tenus par des militaires à la vigilance endormie par une politique soporifique.

Ou de pauvres douaniers qui ne font que leur devoir patriotique de saisir des camions transportant des marchandises frauduleuses ou prohibées. Mais Bahanga, Fagaga et consorts ne sont pas suffisamment fous pour réclamer quoi que ce soit à l’Algérie et à la Libye, leurs pays d’origine.

Au contraire, ils s’appuient sur ces deux pays pour mener leurs activités criminelles et déstabilisatrices contre le Mali et le Niger parce qu’ils les savent fragiles, inorganisés et peu motivés pour défendre par les armes l’intégrité de leur territoire et la quiétude de leurs populations.

Où croyez-vous, en effet, que ces voyous prennent les armes, les munitions, les véhicules et le carburant dont ils se servent pour opérer leurs mauvais coups ? Ils ne tombent sûrement pas du ciel mais de l’Algérie et de la Libye toutes proches.

ATT a évoqué, l’autre jour, l’idée d’une conférence impliquant tous les pays de la zone sahélo-saharienne pour traquer, dit-il, « le grand banditisme transfrontalier« . Quelque part, chez nos voisins du nord et de l’est, on a dû se dire : « rêve toujours…« .

Non ! Le plus urgent, c’est de s’organiser à l’interne. De se donner les moyens, tous les moyens de garantir sa propre sécurité. Ensuite d’aller résolument vers le raffermissement et l’opérationnalité de l’axe Bamako-Niamey.

C’est à ce seul prix que le terrorisme, qui pousse comme un abcès sur notre flanc nord, sera vaincu et enterré.

Saouti Labass HAIDARA

26 septembre 2007.