Partager

Si les groupes armés ont approuvé la reprise du dialogue et s’engagent à respecter l’intégrité territoriale du Mali, par contre ils rejettent à ce que les négociations se tiennent à Bamako, revendiquent un statut particulier ou encore une autonomie pour les régions du nord. Ils estiment également que la politique de décentralisation ne peut plus résoudre la crise dans le nord.

Après trois jours de rencontre avec les autorités politiques et militaires maliennes, la société civile et les représentants des groupes armés du nord, les 15 membres du Conseil de sécurité de l’Onu ont quitté Bamako depuis avant-hier, confiants quant à l’amorce d’un processus de dialogue entre Bamako et les groupes armés du nord. Ce déplacement de la délégation onusienne au Mali constitue certes un grand pas pour la relance du processus de paix et les négociations entre les autorités maliennes et les groupes armés. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt, car les contours demeurent toujours flous pour aboutir à un terrain d’entente entre les deux protagonistes.

En fait, la délégation des 15 membres du Conseil de sécurité de l’Onu qui a fait le déplacement au Mali, a eu à prendre langue avec les autorités politiques maliennes, avec les représentants des groupes armés du Nord (Mnla, Hcua, Maa). Les autorités maliennes ont rassuré qu’ils vont réunir les mesures de confiance pour la mise en œuvre de l’Accord de Ouagadougou et ont exprimé leur souhait de voir tenir désormais à Bamako les futures négociations avec les rebelles armés.

De leur côté, les groupes armés ont approuvé la reprise du dialogue et s’engagent à respecter l’intégrité territoriale du Mali. Par contre, ils rejettent à ce que les négociations se tiennent à Bamako, revendiquent un statut particulier ou encore une autonomie pour les régions du nord. Ils estiment également que la politique de décentralisation ne peut plus résoudre la crise dans le nord.

En plus de ces positions qu’on peut prédire d’irrecevables par les autorités maliennes, les groupes armés ne cautionnent pas aussi le lieu des négociations proposé par les autorités maliennes.

Les avis divergent entre le Burkina Faso, l’Algérie et le Maroc pour diriger et abriter les futures négociations. Des représentants des groupes armés veulent que le choix de Bamako, pour abriter désormais les négociations, soit purement et simplement écarté, contrairement à la délégation Onusienne qui se dit confiante quant à la volonté des deux parties d’aller de l’avant pour les négociations.

Plusieurs observateurs maliens constatent qu’il n’y a toujours pas de quoi espérer pour engager dans les plus brefs délais un dialogue inclusif qui pourra produire des conclusions consensuelles. Beaucoup de maliens se disent sceptiques et trouvent que jusque-là il n’y a pas la matière autour de laquelle se mèneront ces discussions. Cela, du fait que les groupes armés tardent toujours à procéder au désarmement ou encore au cantonnement de leurs troupes, qui continuent de régnr à Kidal. De surcroit, se maintiennent-ils toujours sur leur position de statut particulier ou le statut d’autonomie pour les régions du nord.

En attendant, les autorités maliennes s’engagent à proposer une feuille de route pour l’ouverture très prochaine des négociations. Le contenu de cette feuille de route, qui sera connu dans les jours à venir, nous édifiera sur quoi il faut négocier, où il faut négocier et qui sera choisi pour diriger les négociations.

Modibo KONÉ

06 février 2014