Partager

C’est à croire que le président Alpha Condé ne voit pas plus loin que le bout de son nez. En tout cas, c’est l’impression qu’il donne à travers la répression sanglante contre les manifestants qui ont battu le macadam hier, pour dénoncer ses velléités de briguer un troisième mandat. Un mort et plusieurs blessés, c’est le triste bilan de la répression de la soldatesque qui semble n’avoir pas encore compris qu’elle se rend ainsi coupable de crimes dont elle devra répondre tôt ou tard. En dressant la machine répressive contre les défenseurs de la liberté et de la démocratie, Condé achève de convaincre, pour ceux qui en doutaient encore, de sa volonté de prolonger son bail à la tête de l’Etat guinéen aux termes de ses deux mandats constitutionnels. Et cela n’est pas à son honneur. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Guinée n’a pas besoin de ça. Cela dit, l’on n’est pas surpris outre mesure de la frilosité du pouvoir Condé. Car, c’est le sport favori des dirigents au pays de Sékou Touré. En tout cas, la météo politique guinéenne annonçait déjà un grand orage tant et si bien qu’il était quasi impensable qu’il ne plût pas sur Conakry. En vérité, cette répression est la preuve que le fil du dialogue est encore rompu entre le pouvoir et l’opposition.Le Pays