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Placée sous la présidence du Coordinateur du projet M. Augustin Cissé, cette conférence-débats était animée conjointement par Me Fatoumata Zouboye présidente de l’Association des femmes juristes, Mme Ascofaré Oulématou Tamboura, Mme Sangaré Oumou Bah, députés à l’Assemblée Nationale et Mme Coulibaly Fanta Traoré militante de l’ADEMA, candidate malheureuse aux législatives partielles de Sikasso.

Dans son intervention, Augustin Cissé Coordinateur du projet partenariat pour le renforcement des capacités des partis politiques a expliqué l’objectif visé par cette conférence-débats.

Cet objectif est de permettre au projet d’élaborer un document qui lui servira d’instrument de base de travail.

A la suite du Coordinateur, Me Fatoumata Zouboye mettra un accent particulier sur la faiblesse de la participation des femmes dans les instances dirigeantes des partis politiques.

Même si elle a reconnu que la question du positionnement de la femme est une question délicate qui se pose à toutes les démocraties, la conférencière trouve critiquable, par contre, le fait que parmi les 103 partis politiques régulièrement constitués dans notre pays, aucun d’entre eux ne propose une solution originale à la femme.

S’agissant de cette marginalisation des femmes dans les partis politiques, la conférencière soulignera qu’elle constitue un échec pour notre pays qui se veut un exemple de démocratie parmi tant d’autres.

Aussi, elle a attiré l’attention pour que cette situation change en déclarant que la responsabilisation des femmes n’est que justice.

Etat des lieux

La conférencière, en faisant un état récapitulatif des lieux sur la place réservée aux femmes, s’est référée aux gouvernements de différentes républiques qui se sont succédées au Mali.

Dans le premier gouvernement de la première république, une seule femme était représentée; la deuxième république aura vu une percée des femmes sur la scène politique, selon la conférencière, avec l’avènement de l’Union nationale des femmes du Mali (UNFM) affiliée à l’UDPM.

Aussi, pour l’information de l’auditoire, elle indiquera que les femmes étaient nombreuses dans le gouvernement et siégeaient en nombre important à l’Assemblée nationale.

Avec l’avènement de la troisième république, la vie politique a connu une nouvelle effervescence, mais malgré tout, soulignera-t-elle, les femmes sont restées peu représentées dans les formations politiques.

Il y a eu une évolution en dents de scie, expliquera Me Zouboye, en parlant de la percée des femmes dans l’institution parlementaire et dans l’attelage gouvernemental.

La conférencière a également attiré l’attention des uns et des autres sur la régression qui a marqué les élections de 2002 avec la chute des femmes Ó l’Assemblée Nationale.

Les textes et la coutume comme sources de blocage

Les textes et la coutume sont des sources de blocage empêchant la percée de la femme en politique, soulignera la conférencière, dans sa communication. A côté de ceux-ci, le système du quota a été également signalé comme source d’injustice et de discrimination en période électorale.

Certaines solutions ont été préconisées par la conférencière pour inverser la tendance. Il s’agit, selon elle, d’accélérer la relecture du code de mariage; la nécessité pour les femmes d’engager une lutte opiniâtre pour assurer leur propre promotion, l’intérêt pour elles d’éviter les querelles de leadership; une relecture consensuelle de la charte des partis politiques ; une dissolution des organisations des femmes affiliées Ó des partis politiques et une plus grande scolarisation de la petite fille pour relever le niveau des femmes.

La seconde conférencière Mme Ascofaré Oulématou Tamboura, quant à elle, mettra l’accent sur la nécessité pour les femmes de se battre tout en insistant surtout sur l’implication des pouvoirs publics par la manifestation d(une réelle volonté politique.

Mme Sangaré Oumou Bah député à l’Assemblée Nationale et Mme Coulibaly Fanta Traoré candidate malheureuse aux législatives partielles de Sikasso insisteront surtout sur ce qu’elles ont appelé un égoïsme des hommes en matière de politique.

A l’ouverture des débats, les intervenants ont surtout évoqué la fuite en avant des femmes lorsqu’on décide de leur confier un poste de premier plan dans les partis, le manque de solidarité entre elles.

Leur situation d’extrême pauvreté a aussi été citée comme des obstacles pour elles sur le terrain politique. Le manque de confiance en leurs propres capacités a aussi été souligné comme un handicap qu’elles doivent briser pour que la femme puisse voir le bout du tunnel.

Laya DIARRA

30 janvier 2006.