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L’atelier national de restitution des résultats de l’étude sur «l’impact des réponses du gouvernement à la Covid-19 sur les systèmes alimentaires et les moyens de subsistance au Sahel» cas du Mali, se tient depuis hier dans un hôtel de la place. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le directeur scientifique de l’Institut d’économie rurale (IER), Kalifa Traoré. C’était en présence du consultant national ayant réalisé ladite étude, Dr Mathieu Ouédraogo.

Cette étude est conduite par le Conseil ouest et centre africain pour la recherche et le développement agricole (Coraf). L’objectif de cet atelier est de partager le rapport provisoire de l’étude avec la plupart des parties prenantes et de proposer des considérations stratégiques pour de futures pandémies. Il s’agira au cours de cette rencontre de deux jours, de présenter le rapport provisoire aux participants et recueillir des commentaires. Il ressort du rapport provisoire, que cette étude a permis de recenser 56 mesures gouvernementales qui ont été prises pour faire face à la Covid-19 au Mali.

Selon le document de 22 pages, ces mesures peuvent être classé en deux grandes catégories selon leurs objectifs. Il s’agit des mesures, dont l’objectif est d’éviter ou de minimiser la propagation de l’épidémie de Covid-19 et de celles qui visaient à réduire les effets des mesures de contrôle de la pandémie sur les populations, les entreprises et l’économie.

Il s’agit, entre autres, des transferts monétaires d’urgence, la diminution des taxes douanières sur les produits de première nécessité, la distribution gratuite d’aliment bétail, en passant par la prise en charge des factures d’eau et électricité. Autres mesures retenues, l’exonération des TVA électricité et eau, la suspension des vols commerciaux, la fermeture des établissements d’enseignement de tous ordres, la suspension des regroupements, etc.

Les résultats de cette étude ont montré que les mesures qui ont touché le plus grand nombre de personnes ont été par ordre d’importance. Notamment la fermeture des frontières (64,9%), suivie de la limitation des regroupements à caractère social (40,4%) de la fermeture des établissements d’enseignement (42,2%). La distribution massive et gratuite de masques (36,5%) arrive en quatrième position suivie de l’état d’urgence et couvre-feu (26,6%). «Il était question de voir comment les réponses du gouvernement ont affecté d’une manière générale le système alimentaire et les moyens de subsistance des communautés», a expliqué le consultant national.

Selon Dr Mathieu Ouédraogo, pour répondre à cette interrogation, l’étude a été conduite sur quatre chaînes de valeur prioritaires en matière de système alimentaire. Il s’agit du maïs, du riz, de la mangue et du bétail viande. «à l’issue de l’étude nous avons pu constater que l’ensemble des mesures de restriction ont affecté la plupart des chaînes de valeur. Abordant dans le même sens, le directeur scientifique de l’IER, a fait savoir que ces mesures ont eu des effets positifs en réduisant la propagation de la Covid-19, mais certaines d’entre elles ont affecté négativement la sécurité alimentaire.

Cela à travers l’augmentation des prix des produits de première nécessité, la baisse drastique de la commercialisation des produits maraîchers et laitiers. Coraf est une organisation regroupant les systèmes nationaux de recherches agricoles d’Afrique de l’Ouest et du centre, qui participe à la gestion des risques du secteur agricole et alimentaire par la mise à disposition de technologie et savoir-faire pour la résilience des systèmes alimentaires dans les pays membres. Notamment le Burkina Faso, le Cap-Vert, le Mali, le Niger et le Sénégal.

Babba B. COULIBALY

Source: L’Essor