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Avec un taux de prévalence de 1,3 % du VIH, le Mali fait face à une situation qui requiert une grande vigilance. C’est ce que fait le ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières.

A la suite de plusieurs départements, le ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières a tenu hier dans sa salle de conférences une journée de plaidoyer sur le VIH à l’intention de ses agents. La journée, initiée par la cellule sectorielle VIH/Sida du MDEAF en tandem avec le secrétariat exécutif du Haut conseil national de lutte contre le Sida et l’USAID Health Policy Initiative, était présidée par le secrétaire général du ministère, Oumar Fabougoury Traoré. Plus qu’une sonnette d’alarme, elle visait à mettre au même niveau d’information les cadres des Domaines de l’Etat sur l’évolution et les ravages causés par le VIH qui sévit dans notre pays depuis plus de 20 ans.

Selon l’Enquête démographique et de santé (EDS), la prévalence du VIH est de 1,3 % au Mali. Du reste, la surveillance sentinelle de 2005, c’est-à-dire l’enquête spécifique des femmes enceintes, a donné un taux de 3,4 %. Des données statistiques livrées aux participants révèlent que près de 70 % des personnes vivant avec le VIH dans le monde se trouvent en Afrique subsaharienne. Les mêmes sources indiquent que 30 à 40 % de bébés nés de mères du VIH sont infectés.

D’autres taux montrent que le Mali fait face à une situation qui requiert une grande vigilance en ce sens que la zone la plus contaminée est le district de Bamako avec 2 %, suivi de Mopti (1,6 %), Ségou (1,5 %), Kayes, Sikasso, Tombouctou et Gao (0,7 %). Kidal occupe la queue du peloton avec 0,6 %. Plus simplement, plus de 120 000 personnes étaient infectées par le VIH au Mali en 2004 et sur 5 personnes infectées, 3 sont des femmes. Une situation qui s’expliquerait par la multiplicité des partenaires sexuels, la faible utilisation du préservatif, la précocité de l’activité sexuelle, etc.

Si des efforts plus soutenus ne sont pas déployés, le Mali comptera en 2010 entre 500 000 et 700 000 personnes infectées par le virus et au mieux des cas, il aura sur les bras 170 000 personnes infectées selon les prévisions de Health Policy Initiative. La situation est d’autant plus préoccupante que ce sont les bras valides (25 et 39 ans) qui payent le lourd tribut à la pandémie. Pis, la majorité des personnes touchées ignorent qu’elles traînent le virus et continuent d’avoir des comportements à risque favorisant l’expansion du VIH.

Toutes choses qui ont fait dire au secrétaire général du MDEAF, que l’impérieuse urgence d’agir dans une synergie d’actions s’impose. « Le VIH a des conséquences sur tous les secteurs socio-économiques, c’est pourquoi la réponse à cette pandémie doit aussi être multisectorielle ». Et à Fabougoury Traoré de réitérer l’engagement du ministre à œuvrer aux côtés de la cellule sectorielle pour freiner la propagation du VIH/Sida au Mali.

Mohamed Daou

16 août 2007.