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La ministre en charge de l’Education de Base, Mme Sidibé Aminata Diallo, a également répondu aux questions orales du même Dr Oumar Mariko, hier, mardi 1er juillet, à l’Hémicycle. Au cours des échanges, elle a fait savoir à son interlocuteur que tous les élèves admis au DEF ne pourraient pas être orientés, faute de structures pour les accueillir.

De même, elle a apporté la contradiction au député de Kolondiéba qui a soutenu que le PRODEC a été un échec simplement parce qu’il y a la pléthore dans les classes et un déficit de maîtres.

Pour Mme la ministre, ce programme a été un succès dans la mesure où il a permis la construction de milliers de classes, l’équipement et la dotation des écoles en matériel didactique, la formation et le recrutement des maîtres. Sans oublier la hausse très significative du taux de scolarisation. C’est dire que sans le PRODEC, l’école malienne se trouverait dans une situation plutôt catastrophique.

L’école malienne traverse un de ses moments les plus ténébreux de son histoire pour la majorité du peuple. Elle est dans l’impasse.

La pléthore d’élèves dans les salles de classe est manifeste, le nombre d’enseignants est largement en dessous des besoins, des recrutements biennaux, abandonnant sur le pavé des enfants des populations démunies qui doivent construire, elles-mêmes, des salles de classes, recruter et payer le personnel enseignant.

Le système pédagogique actuel manque de visibilité et de lisibilité ; la pression des écoles communautaires pour des cercles comme Kolondiéba atteint les 49% au lieu de 18%. J’en passe…

Pour l’année scolaire 2005/2006, plus de 12000 titulaires du DEF n’ont pas été orientés. En 2007/2008, ce chiffre passe à 14 000 dont un nombre impressionnant de jeunes filles». Voilà les premiers mots prononcés par l’honorable Mariko, hier, au cours des échanges qu’il a eus avec la ministre en charge de l’Education de base, au chapitre des questions orales.

Ensuite, il a annoncé la couleur de ses questions en des termes très clairs : «Quelles sont les solutions que vous envisagez pour régler ce problème à court terme ? Quelles dispositions pratiques avez-vous prises en ce moment ? En tant que femme, comment ressentez-vous l’abandon de ces jeunes filles sur le pavé ? Qu’en faites-vous ?

Il n’est pas rare de trouver au Mali, dans les villages des écoles qui manquent d’enseignants au tiers ou de moitié, quelles dispositions crédibles avez-vous prises pour changer cette situation ? 80% du personnel de l’enseignement fondamental est constitué de contractuels, il n’y a eu aucun recrutement dans ce secteur depuis 1999.

Comment comptez-vous gérer la carrière de ces contractuels en conformité avec les textes en vigueur et avec le départ des fonctionnaires de ce corps à la retraite, comment comptez – vous assurer la relève ?…».

C’est avec éloquence et brio que la ministre de l’Education de Base a apporté des éléments de réponse à ces multiples interrogations. Ainsi, on note que dans le cercle de Kolondiéba, sur 224 écoles, tous statuts confondus, 162 sont des écoles communautaires. Elles représentent 72,32% des écoles du CAP.

A Kolondiéba central, sur 66 écoles, 46 sont communautaires. Elles représentent 69,6%. Dans les deux cas, la part des écoles communautaires reste supérieure à 49%.

«L’augmentation significative des besoins, liés à la scolarisation, à la faiblesse des capacités contributives des communautés, a entraîné, dans beaucoup de localités, des demandes de transformation de l’école communautaire en école communale» a expliqué Mme la ministre.

S’agissant des titulaires du DEF non orientés, elle dira qu’en 2006, sur un total de 64 127 élèves susceptibles d’être orientés, 11 150, au lieu 12 000 titulaires, ne l’ont pas été. Ils représentent, selon elle, 17,38%. En 2007, sur un total de 77 649 élèves susceptibles d’être orientés, 14 173 titulaires ne l’ont pas été. Ceux – ci représentent 18,28%.

«En moyenne, ce sont plus de 16 000 nouveaux titulaires du DEF à orienter chaque année. Or, l’Etat ne dispose que de 43 établissements d’enseignement secondaire général sur 210 lycées et de 14 établissements d’enseignement technique et professionnel sur un total de 120.

C’est dire que les structures publiques de formation représentent 20,47 et 11,66% de l’ensemble des structures qui sont, pour l’essentiel, concentrées à Bamako» a-t-elle révélé. Avant de rappeler que l’orientation est en fonction des places disponibles, de l’âge (17 ans au plus) ou exceptionnellement de 18 ans pour les filles n’ayant pas doublé la classe de 9ème année.

S’agissant des contractuels, Mme Sidibé Aminata Diallo a laissé entendre que pour gérer ce personnel, il est envisagé la création d’une fonction publique des collectivités territoriales.

Concernant les enseignants, elle a fait savoir que le PRODEC prévoit le recrutement et la formation de 2 500 nouveaux maîtres en moyenne par an, soit une augmentation nette annuelle d’un peu plus de 2000 enseignants pour les cycles du fondamental et du secondaire.

Mariko, insatisfait des réponses données, revint à la charge pour dénoncer le PRODEC en ces termes : «Le PRODEC est un échec. Les élèves admis au DEF ne sont pas orientés, il y a la pléthore dans les classes et un manque d’enseignants. L’école est un domaine de souveraineté nationale et les partenaires ne doivent pas nous dicter ce qu’il faut faire».

La réaction de la ministre ne s’est pas faite attendre : «Le PRODEC est un succès. Il a permis la construction de milliers de salles de classes, leur équipement et leur dotation en matériel didactique, sans oublier l’amélioration très significative du taux de scolarisation. L’école, aujourd’hui, ne peut pas être un domaine de souveraineté nationale.

Sans les partenaires, on ne peut pas travailler. L’Etat du Mali alloue à l’Education 20% de son budget. D’ici à 2012, avec les directives contenues dans le PDES, nous aurons 100% d’enfants scolarisés» a-t-elle conclu.


Chahana TAKIOU

02 Juillet 2008