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Au Mali, selon la 4ème enquête démographique et de Santé, chaque année près de 2 500 femmes meurent des complications de la grossesse et de l’accouchement sans compter le taux de mortalité néonatale. Et ces complications sont en grande partie évitables si le personnel qualifié comme les sages-femmes étaient plus proches de la population.

Mais, malheureusement ce n’est vraiment pas le cas dans notre pays. Selon les statistiques, environ 80% des sages-femmes sont dans le District et le reste 20% est réparti entre les 8 régions du pays. Et plus, on avance vers l’intérieur le nombre de sage-femmes diminue. Donc la plupart des maternités des centres de santé de l’intérieur sont gérées par des matrones et des infirmières.

Pour preuve, on compte seulement 2 sages-femmes dans l’hôpital régional Sominé Dolo de Mopti. Alors, qu’est-ce qu’il faut faire pour une répartition juste des sages-femmes ? En tout cas, depuis plusieurs années le problème de répartition des sages-femmes demeure sans solution.

Des équations à résoudre

Quelles peuvent être les raisons de ce problème dont sa résolution peut conduire à une réduction de la mortalité maternelle et néonatale ? Généralement, les sages-femmes sont des femmes mariées qui sont obligées de suivre leurs maris. Et il se trouve que leurs maris travaillent tous à Bamako dans la capitale. Alors qu’est-ce qu’il faut décider ? Choisir sa fonction ou son mari ?

Aussi, il faut rappeler que nos us et coutumes ne sont pas favorables aux femmes. Ce qui fait que généralement, celles qui acceptent de servir à l’intérieur ont des problèmes au sein de leurs couples. En plus, les jeunes sortantes sages-femmes préfèrent passer leur temps à Bamako en tant que stagiaires que d’être titulaires dans une localité à l’intérieur.

Pour trouver une solution à ce problème, l’Association des sages-femmes, lors de la 11ème journée internationale des sages-femmes, a échangé et sensibilisé pour dégager une piste pour que les sages-femmes puissent aller travailler dans les zones où elles seront plus utiles afin de réduire le taux de mortalité maternelle et néonatale.


Le problème de répartition à tous les niveaux

Il faut rappeler que ces taux varient d’une région à une autre et s’élèvent dans les zones difficiles d’accès où les sages-femmes ne sont pas disponibiles.

Par ailleurs, il faut souligner que le problème de répartition des agents en général de la santé se pose à tous les districts sanitaires de l’intérieur du pays.

C’est pourquoi d’ailleurs, une commission de répartition des agents de santé a été mise en place pour répondre aux besoins. Cette commission sera-t-elle capable de résoudre le problème de la répartition des sages-femmes ? En tout cas, la résolution de ce problème est plus que nécessaire car elle permet de sauver des vies.


L’association et l’ordre des sages-femmes interpellés

L’Association et l’ordre des sages-femmes sont interpellés à proposer une solution concrète à ce problème. Le gouvernement, à travers le ministère de la Santé, doit envisager à encourager les sages-femmes qui accpetent de servir dans les lieux éloignés. Il doit songer à leur remplacement au bout de quelques années.

Car généralement, on les oublie dans ces coins et celles qui doivent les remplacer remuent ciel et terre pour ne pas partir. Alors, quand est-ce que le ministère de la Santé prendra ses responsabilités ?

Dado CAMARA

19 Mai 2008