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De sérieuses menaces planent sur la rentrée universitaire 2012-2013 : Le SNESUP suspend ses activités pédagogiques jusqu’à nouvel ordre

La crise qui secoue le secteur de l’éducation depuis plus d’une décennie est loin de connaitre son épilogue. Pour cause, le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) vient de suspendre ses activités pédagogiques jusqu’à nouvel ordre. Cette décision prise par les syndicalistes au cours d’une assemblée générale est effective depuis le 27 septembre 2012. En plus de la crise politico-sécuritaire que vit le Mali, cette grève risque de bloquer tout le secteur qui ne cesse de souffrir de plus en plus.

Au moment où le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique est au four et au moulin pour une bonne rentrée universitaire 2012-2013, les syndicalistes choisissent de rompre le silence en lançant un mot d’ordre de grève. La question que l’on est en droit de se poser est de savoir si le moment est propice pour exiger la signature de l’accord dont la faisabilité est impossible en raison de la précarité qui affecte toute l’administration.

Le Secrétaire général du SNESUP, Dr Abdoul Mallé, qui n’est pas prêt à mettre un peu d’eau dans son vin, a rappelé que les enseignants se sont sacrifiés en renonçant aux frais d’encadrement des mémoires de même que les vacances pour dispenser des cours. » Cela a une incidence de plus de 3 milliards de F CFA. Alors que l’application de l’accord cadre avoisine seulement les 1 milliard de F CFA » tient-il à préciser. Il ajoute qu’aucun membre du gouvernement n’a renoncé à un copeck de son salaire pour soutenir la crise qui secoue le pays.

» Trop c’est trop. L’accord était déjà un acquis et nous voulons sa signature et son application. Dans le cas contraire, le mouvement se poursuivra jusqu’à la satisfaction complète des revendications soulevées depuis longtemps. Nous avons été l’une des associations à soutenir financièrement notre armée. Il faut que ce gouvernement apprenne à nous connaître » a-t-il assené.

Il s’agit entre autres, de l’application immédiate et intégrale du nouveau salaire des enseignants du supérieur et des chercheurs consignée dans la lettre n° 46/MTFP-Sg du 12 mars 2012 du ministère du Travail et de la fonction publique au Premier ministre avec rappel, à compter du 1er mars 2012, de la transposition immédiate de tous les assistants docteurs dans le corps des maîtres assistants et le remboursement immédiat de 11 mois d’arrierés d’AMO en charge des omissions et de la 4e liste de non adhésion.

S’y ajoutent le paiement immédiat de toutes les heures supplémentaires 2010-2011 et 2011-2012 et la correction immédiate des arrêtés d’avancement 2011 et 2012.

Ainsi que le paiement immédiat de tous les arrierés d’avancement. Dr Mallé rejette toute idée de mise en place d’une commission qui relève à son avis de la pure distraction, car en matière de dialogue, les acquis ne sont pas négociables.

De source proche du dossier souligne qu’après les évènements du 22 mars 2012, le ministre Arouna Kanté dans un premier temps avait eu différentes séances de travail avec les syndicats de l’enseignement Supérieur.

Au menu des débats, la question de la signature du protocole d’accord a été fortement demandée. En réponse à cette sollicitation des syndicats, le ministre avait mis l’accent sur la crise politique et sécuritaire que traverse notre pays. Le budget de l’Etat a été fortement entamé avec la suspension des aides des partenaires et l’effort de guerre. Dans ce contexte, un engagement financier d’augmentation des salaires était difficile, avait prévenu le ministre.

En plus des rencontres interministérielles ont eu lieu avec les syndicats (Ministres de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, de l’Economie, des Finances et du Budget, de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative). Malgré toutes les explications données par les ministres sur les difficultés financières de l’Etat, les syndicats n’attendent pas fléchir leur position.

Même si le Forum National sur l’Education (FNE) en 2008 a fait de la revalorisation de la condition enseignante une de ses recommandations fortes, les difficultés actuelles du pays exigent de chaque citoyen un sursaut patriotique en faisant l’impasse sur l’augmentation salariale.

Espérons que les deux parties trouveront un terrain d’entente au grand bonheur des milliers d’étudiants qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Ramata TEMBELY

01 Octobre 2012