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posthume en reconnaissance à tout ce qu’ils ont fait pour le Barreau (Tiémogo Diatigui Diarra, Hassane Sèye, Mady Moussa Konaté, Ibrahim Sall).

Six autres anciens ont également reçu leur distinction en raison de leur mérite et de leur exemplarité : Boubacar Sidibé, ex-ministre de la Justice, Mamadou Dia, Mamadou Yattasaye, celui-là même qui a formé l’actuel Bâtonnier, Bekaye N’Diaye, Boubacar Touré, Cheickna Hamalla Siby.

Ensuite, le Bâtonnier de l’UEMOA, de Paris et de Luxembourg ont, tour à tour, apporté leur salutation et soutien confraternel au Barreau du Mali. Tous ont souhaité que la coopération entre les Barreaux se renforce sans cesse pour la défense du droit et du secret professionnel.

La troisième étape de cette cérémonie était consacrée au discours du Bâtonnier Seydou Ibrahim Maïga, visiblement affecté par l’absence du chef de l’Etat que ses invités de marque s’attendaient à entendre de vive voix.

Nonobstant cette situation, il a lu son discours conçu comme si ATT était là. «Nous sommes à ce jour un corps sans protection sociale : pas de couverture maladie, pas d’assurance invalidité retraite, avocat aujourd’hui, rebut demain ? Telle ne saurait être notre vocation. Nous avons mené une étude, mais vous en conviendrez, la couverture sociale d’un corps nécessite des moyens que nous n’avons pas. L’accompagnement de l’Etat nous est indispensable, tout comme les dossiers de l’Etat, d’ailleurs qui s’ils étaient mieux répartis permettraient à beaucoup de mieux vivre. Le département des finances ne me démentira pas sur la nécessité de mieux organiser la prise en charge des contentieux de l’Etat avec une plus grande implication des avocats» a déclaré le Bâtonnier Maïga. Avant de relever que la vie de la nation intéresse le barreau à plus d’un titre.

C’est pourquoi, face ce qu’il appelle les maux du siècle – la corruption, la délinquance économique et financière, la grande criminalité transfrontalière, aux multiples facettes – le Barreau du Mali entend intéresser les décideurs politiques, les bailleurs de fonds et la famille judiciaire à un débat. Il s’agit du thème : «la justice pénale face à la délinquance économique et financière».

Relevant toujours l’intérêt du Barreau envers la vie de la cité, Me Seydou Ibrahim Maïga dira que les réformes en cours concernant le code de la famille et le projet d’abolition de la peine de mort intéressent son organisation qui souhaite voir très prochainement l’aboutissement heureux de ces deux projets de loi qui consacreront, selon sa propre expression, une avancée certaine pour notre démocratie. Aussi, a-t-il annoncé, le Barreau y contribuera, à travers l’organisation d’un colloque international sur la peine de mort, en partenariat avec la Conférence Internationale des Barreaux et l’association «ensemble contre la peine de mort». Cette rencontre aura lieu à Bamako, en juin prochain.

«S’agissant toujours de la cité, nous suivons non sans inquiétude le travail confié à un expert, mué ensuite en collège d’experts pour réfléchir sur notre démocratie. Notre pays et notre peuple ne sont pas sans histoire. Le mouvement démocratique n’a pas vécu et, comme le dit l’adage, c’est au bout de l’ancienne corde que l’on tisse la nouvelle. Toute réforme institutionnelle devrait, à notre sens, s’en inspirer» a fulminé le Bâtonnier Maïga.

En clair, il n’apprécie pas la démarche actuelle du chef de l’Etat relative à la relecture des textes fondamentaux de la troisième République, laquelle est confiée à l’ancien ministre de la Fonction publique et non moins président du PIDS (une dissidence de l’US- RDA) Daba Diawara.

Dans l’entendement de Me Maïga, l’Etat étant une continuité, la relecture faite lors du second mandat de Alpha, qui n’est pas allée jusqu’au bout, devrait servir de base de discussions dans la mesure où ce sont des concertations régionales et nationales qui avaient permis d’élaborer les documents, lesquels ont même été discutés à l’Hémicycle.

Pour sa part, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Maharafa Traoré, a magnifié le rôle du Barreau : «Votre Ordre, est-il besoin de le rappeler, a été toujours présent aux grands rendez-vous. Comment ne pas se rappeler ce rôle combien important et historique que le Barreau du Mali a joué pendant les événements de mars 1991 que nous avons commémoré avant-hier. Sentinelle du droit et des libertés, vous avez su le démontrer à chaque occasion avec tact et courtoisie».

Le ministre de la Justice a bien apprécié le thème de la rencontre qui s’inscrit, selon lui, dans la droite ligne des préoccupations des plus hautes autorités de notre pays lesquelles ont placé la lutte contre la corruption au centre des priorités.

En outre, il a annoncé l’organisation très prochaine par le gouvernement des Etats généraux de la lutte contre la corruption.

Précisons, enfin, que le Premier Secrétaire de la Conférence de Stage, Boubacar Sidiki Diallo et son confrère parisien ont offert à l’auditoire un spectacle oh combien instructif et enrichissant de l’éloquence. A suivre.

Chahana TAKIOU

31 mars 2008.