Partager

Un conflit qui risque de compromettre l’année académique pour des milliers d’élèves. S’il y a des choses que les enseignants contractuels des différends ordres d’enseignement n’ont pas pardonné au Pr. Mamadou Lamine Traoré, c’est sûrement le fait d’avoir foiré tous les coups visant à faire aboutir leurs revendications.

Et comme s’ils n’attendaient que la fin des vacances 2006, les contractuels se ruent maintenant sur le ministre de l’Education, les bras pleins de revendications.

Dès la veille de la rentrée, les syndicats d’enseignement, ceux des contractuels, ont donné le ton de ce qui prévaut actuellement dans les cours des établissements éducatifs maliens à travers des préavis.

Une avalanche de grèves vient de paralyser le démarrage des cours aux niveaux primaire et secondaire. Depuis le mardi dernier, 26 septembre, les enseignants contractuels de l’enseignement fondamental sont revenus à la charge.

A la fin de l’année scolaire écoulée, ces derniers ont, malgré eux, renoncé à l’activisme syndical pour faire les évaluations de fin d’année. C’était en réalité l’échec d’un stratagème visant à forcer la main du ministre de l’Education nationale.

Mais en la matière, bien que le Pr. Mamadou Lamine Troaré soit l’homme orchestre, il n’est pas le seul maître à bord. La pression a beau être forte, le chef du département de l’Education, qui doit composer avec ses homologues d’autres départements, n’a pas su satisfaire les doléances de ses interlocuteurs.

Le débrayage que les contractuels du fondamental viennent de commencer est consécutif à cet échec et se fonde sur des revendications comme : le rappel des primes d’hiérarchisation, la correction des salaires, la levée des obstacles juridiques à l’accès des contractuels aux postes de responsabilités et aux études supérieures, le virement des salaires régis par le décret du 13 octobre 2005 avec des bulletins de salaires, le paiement des arriérés de reclassement des sessions 2003-2004 et la mise à jour des reclassements.

Avec l’entrée dans la danse des contractuels du secondaire, l’étau se resserre de nouveau autour du ministre de l’Education nationale dont le voeu le plus secret est de ne pas avoir à faire avec des revendications corporatistes aux premières heures de la rentrée. S’agissant des doléances au secondaire, c’est le même son de cloche, ou presque, qu’au niveau fondamental.

Entre autres, ils souhaitent le paiement immédiat avec rappel des primes d’hiérarchisation, la production sans délai des bulletins de paie des contractuels du décret N°0435 et la signature sans délai des décisions d’avancement.

Un autre foyer de tension où le Pr. Mamadou Lamine est attendu est la Faculté des Sciences et Techniques. Cette faculté, restée modeste pendant longtemps, vient sortir de ses gongs à la veille de la 2e session de l’année académique 2005-2006.

Au ministère de l’Education, aucune réaction de surprise car la plupart des mouvements de grève actuels ont été annoncés de longue date.

Les cols blancs du département se sont offusqués par ailleurs à travers leurs réactions, non contents que les efforts entrepris jusque là ne puissent calmer les ardeurs des syndicalistes.

Soumaïla T. Diarra

28 septembre 2006.