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Le ton de la rentrée scolaire 2022-2023 sera donné ce lundi 3 octobre par le Premier ministre par intérim, Col. Abdoulaye Maïga au Groupe scolaire Mamadou Konaté de Bamako. Cette rentrée sera placée sous le thème : « l’enseignement fondamental et la lutte contre le changement climatique, un élève un arbre ». Cette rentrée marquera le début des cours dans toutes les structures scolaires relevant du ministère de l’Education Nationale sur toute l’étendue du territoire national (à l’exception de certaines localités du centre et du nord du pays en proie à l’insécurité).

Il faut le dire, certains facteurs dus à l’insécurité et l’hivernage pourraient perturber l’effectivité de cette rentrée dans de nombreuses localités du pays. C’est pourquoi, pour de nombreux observateurs la rentrée scolaire 2022-2023, après une année presque réussie et sans perturbation où tous les examens nationaux se sont tenus avec succès, s’annonce sous des auspices inquiétants.

Cette année les défis seront énormes pour le Gouvernement, en plus de la menace de débrayage général de la synergie des syndicats des enseignants beaucoup d’écoles à l’intérieur du pays ne sont pas prêtes pour faire la rentrée effective des classes en ce lundi 3 octobre. Cela à cause des menaces d’insécurité des groupes jihadistes, ayant occasionné des déplacements des populations mais aussi de la saison pluvieuse. Sur ce dernier aspect, force est de reconnaître que plusieurs écoles sont envahies par de l’eau et les conditions sont difficiles pour que les élèves se rendent à l’école.

En effet, pour beaucoup de parents d’élèves  ou acteurs de l’école  à l’intérieur du Mali, la rentrée pouvait attendre au moins un mois pour être fixée en novembre. Cela trouvera que les récoltes sont faites dans des zones de culture, que les pluies ont cessé et les locaux de certains établissements scolaires prompts à recevoir les enfants.

Selon Rougui Diarra, enseignante et parent d’élève  à Kayes, plusieurs écoles dans cette ville sont envahies par de l’eau de pluie et les conditions pour se rendre aux écoles sont difficiles pour les élèves de bas âge. « Nous savons tous qu’avec l’installation de la saison pluvieuse, l’hivernage bas son plein. De ce fait, il n’est pas facile en mois d’octobre d’aller à l’école surtout chez nous à Kayes », a-t-elle précisé. A ses dires, ce n’est pas seulement la ville de Kayes qui est concernée par ce problème, plusieurs écoles dans les villages environnants sont dans la même situation.

En outre, les promoteurs d’écoles  privées ont aussi demandé le report de l’année scolaire sous motif que des paiements de l’année scolaire 2021-2022 ne sont pas effectués par l’Etat malien dans certaines localités. Or, la Coordination des associations des promoteurs d’écoles privées est un acteur majeur de l’école puisqu’elle regroupe en son sein plusieurs promoteurs de lycées et instituts professionnels.

En plus de tout cela, la menace la plus sérieuse provient des Coordinations des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 de Bamako, qui ont appelé au boycott de la rentrée scolaire 2022-2023 parce que le gouvernement n’aurait pas respecté certains de ses engagements.

En somme, malgré les assurances données par les autorités en charge de l’Education, tous les signaux montrent que cette rentrée du lundi sera plutôt symbolique. Ce, avec le coup d’envoi donné par le Premier ministre par intérim au Groupe scolaire Mamadou Konaté, l’annonce du thème : «l’enseignement fondamental et la lutte contre le changement climatique, un élève un arbre » et auparavant, le discours de rentrée scolaire, lue par Mme le ministre de l’Education nationale sur la télévision nationale.

Bonne rentrée scolaire quand même !

Adama Tounkara

SOURCE : Le Sursaut