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La rentrée scolaire se présente cette année comme un moment difficile pour les parents d’élèves. Bon nombre d’entre eux se plaignent de la cherté des fournitures scolaires en cette veille de la rentrée, qui coïncide avec la fête de Tabaski. Toute chose qui n’est pas sans conséquence sur l’achat des fournitures scolaires.

Pour une bonne rentrée scolaire, les parents d’élèves accomplissent leur devoir d’achat des fournitures scolaires à leurs enfants. En effet, le jour de la rentrée demeure toujours un moment de stress permanent pour les parents d’élèves. Pour mieux comprendre la situation, nous nous sommes rapprochés de certains parents pour savoir comment ils sont en train de préparer la rentrée de leurs enfants. «Il n’y a pas d’argent dans le pays», martèlent la plupart des parents d’élèves. La rentrée commence en principe demain matin; mais jusqu’à présent, bon nombre d’apprenants ne sont toujours pas en possession de leurs fournitures scolaires.

Presque partout, ce sont des plaintes qu’on enregistre. Mama Soucko, mère de deux d’élèves fréquentant une école privée en commune IV, nous confie qu’elle n’a pas encore acheté les fournitures pour ses enfants et que cela la rend très soucieuse. « Les enfants sont pressés d’être en possession de leurs fournitures, particulièrement de leurs sacs », a-t-elle livré. Avant d’ajouter que : « tout a changé de prix, avant les manuels que j’achetais à 2500Fcfa sont à 3500Fcfa ou plus. Imaginez que je dois en acheter au moins sept pour mes deux enfants, plus les sacs et les tenues scolaires ! ».

La reprise de l’école est aussi un rituel que d’autres parents abordent durement. Tel est le cas de Mamadou Konaté, enseignant et parents de quatre élèves. Selon lui : « la rentrée scolaire est un moment très important dans la vie de nos enfants, a fortiori quand ils sont encore au cycle fondamental. A chaque rentrée, son lot de nouveautés : un nouveau sac, des cahiers, nouveaux habits. Moi pour ma part, je conserve toujours bien les livres des aînés pour que les cadets puissent s’en servir l’année suivante, c’est plus économique. Mais malgré cela, je ne dépense pas moins de 150 000Fcfa à chaque ouverture de l’école. Cela est pénible pour un fonctionnaire de ma catégorie. Cette année, les choses s’annoncent difficilement avec la fête de la Tabaski qui approche».

Pour Sitan Diallo, parente d’une élève qui passe en 5ème année du cycle fondamental, la rentrée scolaire est une hantise. Elle s’explique: «J’ai ma fille de 10 ans inscrite dans un établissement privé et, chaque année, c’est un gouffre financier, malgré les économies que nous faisons spécialement pour cette occasion. Puisque je dois aussi payer des effets scolaires et habiller mes neveux qui sont venus en vacance chez moi. Les livres et autres fournitures scolaires sont très chers, c’est un fait. Mais ce que je ne comprends pas du tout, c’est que chaque année, on découvre que les mêmes livres ou les mêmes manuels sont vendus à des prix très différents dans les différentes sue le marché. Je pose toujours cette question: est-ce qu’il n’y a pas de contrôle concernant le prix des fournitures scolaires?». Voici la grande interrogation de cette dame.

La flambée des prix des fournitures scolaires et la cherté des frais de scolarité dans l’enseignement privé posent ainsi tant de difficultés aux ménages. Cette situation que vivent les familles maliennes, chaque année et à chaque nouvelle saison scolaire, est un vrai calvaire. Les parents espèrent donc que le gouvernement prenne des mesures à caractère économique et social pour réguler les prix des fournitures scolaires. Surtout, lorsque le Mali se trouve dans la dynamique d’encourager la scolarisation des enfants.

Le manque d’affluence dans les librairies et autres marchés de fournitures scolaires. Si l’inquiétude des parents d’élèves se trouve au niveau des prix, chez les commerçants, c’est tout autre chose.

En effet, au marché les fournitures ne manquent pas mais c’est plutôt les clients qui se font rares. On a rencontré des commerçants de fournitures scolaires au Dabidani. Ces derniers se plaignent du non investissement des clients. Tel est le cas de Seydou Traoré, un commerçant, qui, en plus de déplorer le peu d’affluence des acheteurs, se plaint des douaniers qui les dépouillent à chaque poste de contrôle, lorsqu’ils importent leurs marchandises. « C’est pratiquement le même prix à moins d’une semaine. C’est la morosité totale, il est vrai que le marché n’est pas fournie. Le prix reste monotone, le paquet des cahiers varie entre 1400 et 1500Fcfa, l’ardoise est a 400Fcfa, les livres de la première à la sixième année varie entre 2000 et 3500Fcfa. Pour ce qui est des livres de la 7e a la 9e année, c’est à cause de leur rareté font qu’ils sont chers ils sont vendus entre 4000 et 6000Fcfa. Contrairement à l’année dernière, ils étaient à 3000Fcfa. Normalement les matériels didactiques ne doivent pas être dédouanés. Parfois même, le prix de dédouanement dépasse le prix d’achat et même à l’intérieur du pays on nous le fait payer. Or l’Unicef a interdit leur dédouanement. Des fois les douaniers nous retirent même des livres. Nous qui sommes des diplômés sans emploi, on essaye le mieux de gagner notre vie». Quant à Abdoulaye Konaté lui déplore les prix et la mauvaise qualité des produits. « L’approvisionnement du marché contrairement aux pays voisins les matériels scolaires sont excessivement chers au Mali. Le plus souvent ce n’est même pas de la bonne qualité», a-t-il ajouté.

Lassi Samaké, lui rend grâce à Dieu : « Dieu merci. Même si le pays a traversé une crise économique le fait d’assurer la permanence des fournitures, c’est le plus important. Le secteur a été beaucoup touché, parce que les parents n’ont pas assez de moyens pour payer les fournitures de leurs enfants. Quant à nous, nous les soutenons parce que ce sont ces enfants là qui seront les dirigeants de ce pays. Ils doivent être instruits. Il y a certes eu une augmentation par rapport à l’année passée ; mais cette année s’annonce difficile parce que la rentrée coïncide avec la fête de tabaski et il y a beaucoup trop de dépenses à faire».

Rokia DIABATE et

Mariam Ben BARKA

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Rentrée scolaire 2013-2014 : ça y est, tout est fin prêt

Le calendrier de la rentrée scolaire prévue le 1er octobre pour les élèves du sud et le 17 octobre pour ceux du nord sera respecté. C’est du moins ce qui ressort des différentes interventions des autorités scolaires.

Prévue pour demain, la rentrée scolaire était menacée par l’occupation des salles de classes par les sinistrés des inondations. Mais suite à la rencontre interministérielle pour des mesures urgentes afin de libérer les classes, cela ne semble plus constituer un obstacle pour le respect du calendrier. Car, au cours de cette rencontre qui regroupait le ministre de l’Education nationale, celui en charge du travail et des affaires sociales et humanitaires, de la Santé et de l’Hygiène publique, de la Promotion de la femme, de la famille et de l’enfant et des maires des communes touchées par les inondations, des solutions ont été dégagées. Il s’agissait de faire loger les sinistrés qui le désiraient dans des maisons en location pour trois mois environ. Et le reste, dans les espaces aménagés à cet effet. Il faut rappeler que pour ce faire, pour les 1107 qui avaient opté pour le système de location, l’Etat a débloqué plus de 275 millions de nos francs. Même si à quatre jours de la rentrée, la situation n’avait pas considérablement évolué, un responsable du ministère de l’Education nationale a affirmé que cette situation n’influencera pas le calendrier scolaire. D’autres mesures étaient sur la table pour héberger les victimes de l’inondation. Afin de permettre le bon démarrage des cours le 1er octobre pour les élèves du sud et le 17 pour ceux des régions nord du pays qui étaient sous occupation djihadistes.

Au-delà des infrastructures d’accueil, l’aspect pédagogique ne souffre de rien. Car les enseignants sont dans les bonnes prédispositions à entamer les cours avec courage et abnégation.

En ce qui concerne les matériels didactiques pour l’enseignement secondaire général, professionnel et technique, contrairement à l’année dernière où les fournitures ont été distribuées au compte-goutte, les élèves sont entrés en possession de leurs matériels de travail. Dans les quelques établissements que nous avons visités, notamment les Lycées Massa Makan Diabaté, Kankou Moussa, Michel Alaire, Notre Dame du Niger et l’Institut de formation Sony Ali Ber, les fournitures étaient en train d’être distribuées avant le jour de la rentrée comme ça se faisait avant. L’autre aspect le plus reluisant est l’orientation des admis du DEF à temps. Là aussi, contrairement aux dernières années, l’orientation n’a pas attendu le mois d’octobre, comme pour dire que l’école redevient celle de nos aspirations.
En ce qui concerne les fournitures des élèves de la fondamentale qui est en charge des parents, même si les prix des manuels scolaires ne sont pas abordables pour la majorité, ils sont nombreux, les parents d’élèves à parvenir à fournir aux enfants les matériels didactiques.

De toutes les façons, du côté du Département en charge de l’Education, sauf calamité naturelle, la rentrée scolaire s’effectuera le 1er octobre dans toutes les zones qui n’ont pas été durement affectées par la grande crise sécuritaire que le pays a traversée. Après les examens nationaux (sessions spéciales) qui commencent à partir du 30 août, les élèves du nord ne vont pas durer en vacances. Ils reprendront le chemin de l’école le 17 octobre.

Oumar KONATE

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Rentrée scolaire 2013-2014 : les administrations scolaires à pied d’œuvre

A quelques heures de l’ouverture des classes, comment la rentrée se prépare-t-elle par les différents établissements ? Que retenir de l’inscription des nouveaux élèves? Telles sont entre autres les interrogations auxquelles nous avons tenté d’avoir des réponses auprès des responsables d’écoles et d’académies.

Le constat qui se dégage est que les directions des différentes écoles et autres académies d’enseignement que nous avons sillonnées sont à pied d’œuvre dans les préparatifs. «Depuis un mois, on est en préparation, non seulement au niveau du Ministère de l’éducation, de l’Académie, du Centre d’animation pédagogique (Cap), mais aussi au niveau du Comité de gestion scolaire et des différentes directions des écoles. On a procédé au désherbage et au nettoyage de la cour, tailler les arbres, afficher les listes devant les salles pour permettre aux élèves de se retrouver facilement à l’ouverture», a expliqué le Directeur de l’école Aminata Diop, Boubacar Sidiki Kanté. Et son homologue du groupe scolaire de Kalaban Coura, 1er et second cycle, Nouhoum Sangaré, d’abonder dans le même sens : « Les préparatifs vont bon train. Les premières activités pour nous qui sont les nettoyages et autres, sont terminées. Pédagogiquement et matériellement, tout est fin prêt pour la rentrée chez nous ». Si tout semble aller bien pour le mardi, force est de constater que les parents d’élèves ne se bousculent pas dans les directions des écoles publiques pour inscrire leurs enfants. Pour preuve, au groupe scolaire Mamadi Diakité de Kalaban-Coro, seulement une trentaine de personnes ont été inscrites depuis l’ouverture des inscriptions au mois d’août.

Qu’est ce qui explique cette situation ?

Selon Zana Sogoba de l’Académie d’enseignement de la rive droite, ce facteur peut se justifier par le fait que certains parents attendent le jour de l’ouverture pour inscrire leurs enfants. Mais à pareil moment les années précédentes il a y avait beaucoup d’inscrits. Autre facteur expliquant le manque d’engouement chez les parents d’élèves ajoute t-il est le manque de moyen financiers. «L’on souhaite en tout cas vivement dans ces écoles qu’il y ait plus d’enfants inscrits pour qu’ils soient instruits et servent le Mali», a-t-il martelé.
De la maternelle au secondaire, en passant par le fondamental, des difficultés demeurent parmi lesquelles : l’insalubrité dans la cour de l’école, l’insouciance des gardiens d’écoles, le manque ou l’insuffisance de suivi du personnel, des maîtres ne présentant pas régulièrement les fiches de préparation, difficultés dans les perceptions et versement des frais de scolarités.

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la capitale ont causé d’énormes dégâts matériels et plusieurs écoles du district de Bamako sont ainsi jusque là occupées par des familles sinistrées des inondations. Une commission mixte de travail a été mise en place pour permettre l’évacuation des occupants de façon digne d’ici au jour ‘’J’’. Il s’agissait de faire le point de la situation d’occupation des établissements scolaires par commune et par famille sinistrée, et dégager des voies et moyens pour les reloger de la façon la plus humaine d’ici le premier octobre, date de la rentrée officielle des classes.

Selon M. Barou Guindo du Gouvernorat du district de Bamako, cette commission a pu faire le point des familles sinistrées par établissement scolaire et par commune dans le district de Bamako. C’est au total 1412 familles qui ont été touchées par ces inondations, à travers le district de Bamako, et qui ont trouvé refuge dans des établissements scolaires.
Les communes pour le moment étaient butées à un problème de moyen pour l’aménagement des sites indiqués, a indiqué Samuel Diarra, adjoint du maire de la CIV, chargé de la question.
Selon lui la prise en charge de ces sinistrés relève du devoir de l’État car, les collectivités n’en ont ni les moyens encore moins la vocation. Toutes ces victimes, avec l’appui de l’État et des collectivités, vont être relogées afin de libérer les établissements scolaires qu’elles occupent avant le jour de la rentrée.

Gérard DAKOUO

Le Prétoire du 30 Septembre 2013