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Les écoles des académies des régions du Sud du pays non affectées par l’occupation djihadiste reprendront le chemin des classes le 1er octobre, celles des académies des régions autrefois sous occupation le 17 octobre.

La rentrée scolaire 2013-2014 se prépare activement dans les établissements secondaire et fondamental de Bamako comme notre équipe de reportage l’a constaté au lycée « Kodonso », de Djélibougou, à l’Ecole internationale Kalanso II de Djélibougou, à l’Ecole fondamentale de Fadjiguila et au groupe scolaire Bahaben Santara de Korofina-Nord où des sinistrés des inondations du 28 août dernier, avaient trouvé refuge. La reprise des classes se fera cette année en deux phases. Ainsi les écoles des académies des régions du Sud du pays (Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et une partie de Mopti) non affectées par l’occupation djihadiste reprendront le chemin des classes le 1er octobre. Celles des académies des régions autrefois sous occupation c’est-à-dire Gao, Tombouctou, Kidal, Douentza Youwarou et Ténenkou, rentreront le 17 octobre 2013.

On attend environ 2 300 000 élèves dans le 1er cycle, 660.000 au second cycle fondamental, environ 230.000 au secondaire général et 117.000 élèves dans l’enseignement technique et professionnel. On compte 20.251 élèves dans l’enseignement secondaire public et 38.534 élèves orientés dans des établissements privés. Tous ces élèves sont à la charge de l’Etat pour un coût total d’environ 6,125 milliards Fcfa au titre de l’année scolaire 2013-2014.

Dans le District de Bamako, tout est presque fin prêt pour entamer la nouvelle année. Au lycée privé « Kodonso », par exemple, la pré-rentrée est intervenue mercredi pour les élèves des 10è et 11è années et jeudi pour ceux des terminales. Cette fin de semaine a été essentiellement consacrée à la distribution des emplois du temps, des uniformes et des fournitures scolaires. Les élèves en ont aussi profité pour prendre contact avec leurs professeurs principaux qui leur ont remis à chacun une copie du règlement intérieur et la procédure de traitement des devoirs.

Mercredi, au passage de notre équipe de reportage, les élèves retiraient leurs fournitures. L’administration poursuivait une séance de travail entamée le 15 septembre pour faire le point des fournitures scolaires, de la situation du personnel administratif, technique, scolaire, de la remise à niveau des enseignants et de l’équipement de l’établissement. Cette réunion a aussi passé en revue les activités pédagogiques, académiques et les reformes en cours au sein du lycée.

Selon le directeur général et promoteur de l’établissement, Dianka Sanoh, depuis maintenant 15 ans, ce travail préliminaire se fait en amont de la rentrée scolaire à la mi-septembre pour mieux baliser la nouvelle année. Kodonso a recruté cette année 4 nouveaux professeurs pour remplacer ceux qui sont allés à la retraite, ont changé d’établissement ou ont été appelés à d’autres fonctions.

A l’école internationale Kalanso II, les inscriptions au titre de la rentrée scolaire 2013-2014 ont débuté depuis le mois de mai. Elles se sont achevées le 25 septembre. Les enseignants ont pu suivre une formation sur le rôle de l’enseignant dans l’élaboration des compétences. Ici, la pré-rentrée s’est déroulée du 25 au 27 septembre pour permettre aux élèves de rencontrer leurs professeurs qui leur ont prodigué des conseils, leur ont donné des consignes, leurs tenues et les fournitures scolaires, a détaillé Mme Nadine Sanoh, la directrice générale de l’établissement.

Au centre d’animation pédagogique (CAP) de Banconi, aussi le travail préliminaire battait aussi son plein mercredi. Les professeurs se sont réunis la veille pour faire le point des dispositions prises dans la perspective de la rentrée scolaire. Les autorités de la Commune I et des ONG travaillant dans l’humanitaire, comme « Save the Children », a expliqué Mady Sissoko, le directeur de l’école « Bahaben Santara » de Korofina-Nord, ont approché l’administration scolaire pour évaluer les besoins de cet établissement où sont relogés des sinistrés des inondations du 28 août.

Save the children a promis de faire établir des extraits d’acte de naissance aux enfants sinistrés des inondations ayant perdu les leurs. Selon le secrétaire général du ministère de l’Education nationale, Souleymane Goundiam, la libération des écoles occupées par les sinistrés est en cours. Ces établissements seront libérés avant le 1er octobre. Pour cela, deux options sont prises dans le cadre de la gestion des sinistrés. La première option consiste à les reloger provisoirement et à leur assurer une prise en charge alimentaire. La deuxième option vise à les réinstaller sur des sites choisis et aménagés par les autorités des communes concernées.

Après le départ des sinistrés, les salles de classe, les latrines et la cour du groupe scolaire « Bahaben Santara » seront nettoyées et désinfectées. « Tant que toutes ces conditions d’hygiène ne seront pas réunies, il sera très difficile que la rentrée scolaire 2013-2014 soit effective le 1er octobre au groupe scolaire Bahaben Santara », indique le directeur Sissoko. Rappelons qu’à la date du 25 septembre, aucune des 41 salles de classe du groupe scolaire n’avait été libérée par les sinistrés qui refusent pour nombre d’entre eux de quitter les lieux, arguant qu’ils ne savent où aller.

D’autres sinistrés sont d’accord pour aller en location dans des concessions proposées par le ministère du Travail, des Affaires sociales et Humanitaires. C’est le cas de cette sinistrée de « Bahaben Santara », Mme Bintou Coulibaly, qui témoigne que depuis mercredi matin elle été approchée par les autorités pour parler des locations promises par le gouvernement. Les dossiers ont été transmis au département en charge des affaires humanitaires. Depuis, indique-t-elle, nous attendons. La dame s’inquiète également de la scolarisation de ses 2 enfants qui ont perdu leur acte de naissance.

Lassana Diallo est un parent d’élèves croisé à l’école fondamentale de Fadjiguila. Il était venu régler les frais de transfert de ses enfants et s’inquiétait de la hausse du prix des fournitures scolaires qui représentent, selon ses calculs, 15 à 30% de ses dépenses familiales.

S. Y. WAGUE

Essor du 27 Septembre 2013