Partager

A l’orée de cette rentrée scolaire 2010 – 2011, pleine d’espoir, il me plaît de livrer ici quelques réflexions touchant les nouvelle réformes récemment introduites dans notre système éducatif par les plus hautes autorités de l’école malienne.

J’interviens à plusieurs titres : d’abord en tant qu’enseignant ayant exercé au niveau de tous les cycles d’enseignements de notre système (du Fondamental au Supérieur) ; ensuite en tant que promoteur du groupe scolaire et universitaire du Progrès (de la maternelle au supérieur) ; enfin et surtout en tant que citoyen malien, père de famille, donc parent d’élèves.

Depuis l’indépendance du Mali jusqu’à près de deux décennies maintenant, les lauréats de l’école de notre pays étaient parmi les mieux cotés sur la place africaine. Depuis la révolution de 1991, de multiples et permanentes perturbations de l’école ont abouti à de nombreuses mauvaises habitudes contractées par tous.

L’Administration s’est contentée d’années scolaires de 16 semaines en temps réel. Les élèves sont devenus dramatiquement paresseux, – ce qui a conduit naturellement à une dramatique baisse de niveau tant des élèves que d’une race de maîtres eux-mêmes insuffisamment formés, – la responsabilité et la vigilance des parents sont devenues tièdes…

Au niveau des examens, notre système éducatif était tout à fait déformé par le principe que les moyennes annuelles «accompagnaient» les candidats aux différents examens. Or, ces moyennes ne reflétant pas souvent la réalité du travail de l’enfant, l’on a débouché sur des diplômes vides de niveau. Du coup, le lauréat de l’école de notre pays, hier prisé sur tout le Continent, voit son diplôme aujourd’hui non reconnu hors de notre pays.

C’est dans ce contexte que, grâce au Tout-Puissant et à un dialogue ouvert et une concertation franche de tous les partenaires de l’école, le climat étant de nouveau favorable à une école digne de ce nom dans notre pays, respectée et admirée par tous, les autorités de l’école au plus haut niveau de l’Etat, ont pris le courage d’entamer une série de réformes salutaires pour «redresser la barre» et rendre à l’Ecole malienne ses lettres de noblesse.

Les premières mesures de ces réformes qui ont été appliquées aux différents examens de cette année, – et dont l’impact se voit dans les résultats, – ont permis de mettre en évidence l’unique chose à faire par tous, élèves, enseignants, administrateurs et parents afin de favoriser la réussite de nos enfants : TRAVAILLER !

En effet, nous devons tous travailler, sans exception, pour contribuer au redressement de l’école malienne. Et l’intelligence de la nouvelle prise en compte de la moyenne annuelle, – lorsque la moyenne à l’examen de l’élève oscille entre 9 et 9,99, – est une façon adroite de repêcher un candidat de justesse et corriger la déformation qui faisait qu’un élève pouvait avoir une moyenne annuelle de 17/20 par exemple et «obtenir» son diplôme avec une moyenne de 5/20 à l’examen.

Or, comment étaient obtenues ces moyennes annuelles ? De la façon la plus laxiste ! En effet, lorsqu’on finissait le 1er trimestre et qu’on en calculait la moyenne, les enfants «reléguaient aux calendes greques» les leçons dudit trimestre. Idem pour le 2ème et le 3ème trimestres. Et certains professeurs énuméraient même à leurs élèves les leçons à reviser pour un trimestre donné, afin de les «aider»!!!

Or, avec la réforme, l’élève est tenu de rester vigilant sur toutes les leçons apprises aux cours de l’année, car le sujet d’examen peut venir d’une leçon même du 1er trimestre. C’est pourquoi ces réformes sont salutaires et méritent d’être appréciées à leur juste valeur. Le constat est établi de la responsabilité de tous dans le redressement de l’école malienne par le soutien sans condition ni réserve desdites réformes. Nous devons tous nous donner la main.

Les parents et l’école se doivent de maîtriser les trois environnements principaux que sont l’environnement de la famille, l’environnement de la rue et l’environnement de l’école, car il est désormais avéré que la réussite n’a pas pour objectif l’obtention d’un diplôme mais plutôt une formation efficiente.

Ces réformes nous obligent ainsi à nous serrer les coudes pour maîtriser ce qui se passe au cours des 28 semaines de l’année scolaire en termes de travail, de fréquentation et de conduite de nos enfants afin de leur assurer une réussite véritable. Car au bout du compte, il s’agit de favoriser la formation des cadres serviteurs, concepteurs et bâtisseurs de la nation malienne.

Voilà pourquoi ces réformes se présentent comme le plus beau cadeau des autorités de l’Etat au monde de l’éducation en cette célébration du cinquantenaire de l’indépendance de notre pays. Il ne nous reste plus qu’à espérer (et à prier) que l’Etat maintienne le cap ainsi pris.

Djibril Souleymane N’Diaye , Chevalier de l’Ordre National, Promoteur du Groupe Scolaire et Universitaire du Progrès

31 Août 2010.