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La nouvelle rentrée scolaire, hormis l’université, est complète pour presque tous les ordres d’enseignement. Occasion pour les heureux admis de nourrir l’idée de relever un nouveau défi et les malheureux doublants de réfléchir déjà sur toute la batterie qu’il faut déployer pour faire cette fois honneur.

Mais les élèves de cette dernière catégorie, à y voir de très près ne sont pas dans tous les cas comptables de leur échec.

L’effort personnel, certainement, est le premier facteur de réussite d’un élève, comme ne manquent pas d’observer bien de nos concitoyens qui se plaisent à citer à n’en pas finir tout ce que le professeur Mala et les pouvoirs publics déploient déjà comme effort pour une école digne du Mali, terroir de grandes personnalités.

Race, hélas de plus en plus menacée de disparition. Mais c’est là une situation qui peut trouver sa justification dans ce que certains appellent ouvertement, par ces temps, « la banalisation du système éducatif malien« .

La persistance de certains comportements refaisant surface presqu’à chaque nouvelle rentrée scolaire a fini par convaincre bien de personnes qu’au Mali, c’est désormais l’époque de la coexistence de deux régimes au sein d’un même système éducatif.

Le premier, celui ouvrant la voie du succès aux enfants d’une certaine classe, minoritaire aisée. Et le second, miné par tout ce qu’il y a de handicapant : corruption, gabégie, perturbation des cours, est malheureusement le système à travers lequel les enfants de nos concitoyens de classe moyenne tentent tant bien que mal de s’imposer.

Parmi tous ces facteurs expliquant, à un niveau ou à un autre, l’état de dévalorisation de notre système éducatif, figure en bonne position le problème, si fréquemment dénoncé, de prolifération anarchique et chaotique des écoles privées bénéficiant peu ou prou d’une certaine négligence de l’Etat.

Celui-ci ne semble pas encore faire de la traque des promoteurs irréguliers son vrai combat. Même si il y a des manifestations dans ce sens, il faut dire qu’elles restent encore trop timorées et ponctuelles, réagit une partie non négligeable de l’opinion. A la suite des autres années, l’année scolaire 2006-2007 aussi, en cela, n’a pas été différente.

Car ils ont encore été une bonne poignée, ceux qui ont profité de la rentrée des classes pour ouvrir leur « école« , dans des conditions qui dans la plupart des cas frisent l’immoralité et le manque à peine voilé de considération pour ces futurs cadres de ce pays.

Sinon, rien ne peut expliquer aujourd’hui l’attitude de certains promoteurs d’écoles privées du fondamental comme du secondaire qui, sans obtenir l’agrément, accueillent des élèves dans toute sorte de cadre : maisons inachevées, hangars, conteneurs comme salles de classes ; le tout sans oublier l’insalubrité avancée dans lequel baignent le plus souvent les lieux.

Un promoteur d’école a d’ailleurs poussé, dans ce pays, le toupet jusqu’à choisir un marché pour y loger son école. Les exemples sont légion et portent un sérieux coup à tous les efforts entrepris pour l’effectivité d’une école véritablement crédible et performante.

Oumar Diamoye

27 septembre 2006.