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C’est le lundi 3 septembre 2007 que les élus étaient convoqués en une session extraordinaire avec comme ordre du jour l’élection du président de l’Assemblée Nationale, de son bureau, la relecture des statuts et du règlement intérieur de l’Assemblée, la mise en place des commissions de travail entre autres. La journée du lundi 3 septembre a été consacrée à l’élection du président de l’Assemblée Nationale après les formalités de la cérémonie d’ouverture de la session extraordinaire.

Au début de la cérémonie, on comptait trois candidatures dont la première annoncée était celle de l’Adéma-PASJ qui a décidé de présenter le président Dioncounda Traoré, la deuxième annoncée a été celle de Me Mountaga Tall pour son propre nom et la troisième était celle de Me Kassoum Tapo qui s’est désisté après une suspension de séance.

DUEL DIONCOUNDA-Me TALL

Donc sur la liste, il ne restait que Dioncounda Traoré et Me Tall. C’est ainsi que les bulletins furent distribués à l’ensemble des députés qui ont procédé au vote. Au finish des opérations de vote et après dépouillement, le candidat de l’Adéma-PASJ Dioncounda Traoré est sorti vainqueur avec 111 voix contre 31 voix pour Me Tall et 5 bulletins nuls ont été comptés.

Après son élection, ému, le tout nouveau président de l’Assemblée Nationale a adressé son premier discours à l’assistance. Comme dirait l’autre, mieux vaut remuer sa langue plusieurs fois avant de parler. A sa première sortie, le président de l’Assemblée Nationale a malheureusement dérouté.

POURQUOI SALUER PARTICULIEREMENT IBK ET TIEBILE DRAME?

Dans son discours, Dioncounda Traoré a commis l’erreur de saluer spécifiquement les chefs des partis RPM et PARENA. Comme pour dire que c’est grâce à ceux-ci qu’il a été élu président de l’Hémicycle. Toute chose qui attire la colère d’autres partis. Pire, il n’a pas daigné saluer spécifiquement l’URD, son premier allié auquel il doit beaucoup.

En comptant son score (111 voix) on se rend compte que l’apport de ces partis du Front pour la Démocratie et la République (FDR) est insignifiant (15 députés pour le RPM et le PARENA) par rapport à celui de l’URD (34 députés) sans oublier l’apport d’autres partis. A travers ces propos, l’on se demande ,qu’à peine élu comme président de l’Assemblée Nationale, Dioncounda Traoré a tenu des propos que l’assistance a eu du mal à comprendre.

UN RECUL DE DIONCOUNDA PAR RAPPORT A L’ADP?

Au RPM on se moquait de l’Adéma par rapport à son soutien au président de la République sortant qui a été réélu grâce au soutien de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP). On évoquait au sein du RPM que leur parti est différent de l’Adéma-PASJ qui a un problème de leadership.

Mais malgré tout, curieusement Dioncounda a osé particulièrement féliciter le RPM et le PARENA passant sous silence son propre parti et les autres membres de l’ADP. Avec ce comportement du nouveau président, on doit se poser un certain nombre de questions à savoir: Dioncounda à peine élu président de l’Assemblée Nationale, veut-il conjuguer l’ADP au passé?

POURQUOI UN CLIN D’OEIL AU RPM ET AU PARENA?

En faisant ce clin d’oeil au RPM et au PARENA, le président de l’Adéma voudrait-il dire qu’il doit son nouveau poste à IBK et à Tiébilé Dramé? Si oui, à travers son comportement, a-t-il signé le certificat de décès de l’ADP? Ou bien ses compagnons de l’ADP ne valent-ils plus rien pour lui?

Dans tous les cas à l’Adéma, son parti, on reconnaît les couacs de leur président lors de sa première intervention en sa qualité de président de l’Assemblée Nationale.

DIONCOUNDA TOUJOURS COMME CHEF DE PARTI

Aussi, à travers son attitude, quelque part on s’est rendu compte que Dioncounda a agi comme un chef de parti, son discours était du genre de propos qu’il a l’habitude de tenir lors des assises de sa formation politique.

Mais il doit savoir qu’il est désormais le président d’une institution de la République à savoir l’Assemblée Nationale, son statut fait de lui la deuxième personnalité du pays. Et pour éviter de telles erreurs, il doit s’habituer à bien préparer ses discours. Dans son prochain discours, acceptera-t-il de rectifier le tir?

LA MATURITE POLITIQUE

En tout cas, Me Mountaga Tall son adversaire, par rapport à la course au perchoir, s’est montré plus politique. Même si le président ne l’a pas salué nommément, il a tenu à le saluer malgré qu’il ait été vaincu, à le féliciter et à manifester sa disponibilité à rester à sa disposition.

A travers ce geste Me Mountaga Tall a montré qu’il est mûr politiquement et a prouvé qu’il n’a fait que jouir d’un droit que la démocratie lui a offert. En tout cas, il est nécessaire pour Dioncounda Traoré de changer désormais son comportement. Va-t-il accepter de rectifier le tir?

Dado CAMARA

07 septembre 2007.