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Le président de l’Assemblée Nationale, Elhadj Ibrahim Boubacar Kéïta a présidé le 2 avril 2007 l’ouverture de la dernière session ordinaire de la législature en cours. C’était en présence du Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, des membres du gouvernement, des membres du corps diplomatique et consulaire ainsi que des organisations de coopération internationale accréditées auprès du Mali, des présidents des partis politiques et des institutions de la république, des chefs d’Etat major des différents corps des forces armées et de sécurité ainsi que les officiers supérieurs et directeurs nationaux des services des forces armées et de sécurité, des représentants des ordres professionnels mais également du gouverneur du District et les chefs traditionnels et représentants des chefs de familles fondatrices de Bamako.

Contrairement à ses habitudes, depuis le dernier incident à l’Assemblée nationale qui vu le RPM, le parti d’IBK prendre ses distances vis-à-vis du pouvoir, même s’il garde encore un de ses cadres au gouvernement, le président de l’institution parlementaire, pour cette fois ci, a créé l’étonnement chez plus d’un. En effet, au lieu des volées de bois verts, avant hier, à l’ouverture de cette session, IBk a tenu un discours tempéré. Le ton était tout autre, en tout cas, pas de critiques accerbes, ni de propos qui cachent une rancune ou une rancoeur. “IBK veut peut être changer” ont dit certains dans la salle.

Une session pas comme les autres

IBK lui-même l’a dit dans son discours, car, cette session, il faut l’indiquer, couvre une période durant laquelle le processus d’élection du président de la République entre dans sa phase la plus active, alors que démarre celui de l’élection des députés de la prochaine législature. Le moment venu, cette session qui s’ouvre devra aussi se préparer pour affronter la terrible épreuve du bilan.

Le président de l’institution a saisi l’occasion pour faire savoir à ses collegues quelques unes des questions qui les attendent : “Avons-nous répondu aux espoirs et espérances placés en nous par le peuple malien dont nous sommes les représentants? Avons-nous rempli avec efficience et dignité notre mission de législateur? Avons-nous agi avec efficacité en force de propositions? Avons-nous su nous donner les moyens d’exercer pleinement notre rôle de contrôle de l’exécutif?

Ce sont là autant de questions auxquelles les députés devront faire face, à laisse entendre Ibrahim Boubacar Kéïta qui, dans l’immédiat n’a pas manqué de formuler le voeu que les processus électoraux qui traversent la présente session n’altèrent en rien la qualité de leurs travaux. IBK reste convaincu d’une chose: le gouvernement et le parlement ont réussi à entretenir, durant cette période et pour l’essentiel, des rapports de collaboration marqués du sceau de la cordialité et de la convivialité, sans en aucun cas sombrer dans la servilité, ni même une complicité suspecte.

Un agenda chargé

Pour cette session qui a ouvert ses portes, les députés auront un agenda trop serré, car, au menu, figurent seize projets de lois correspondant à de nouveaux dépôts ainsi que six projets de lois et trois propositions de loi en instance. Les seize projets de loi, déposés sur la table de l’institution sont tous relatifs à des autorisations de ratification d’ordonnances prises par le gouvernemnet durant l’intersession, a expliqué le président de l’institution Elhadj Ibrahim Boubacar Kéïta. Mais une inquiétude demeure, car cette session coincide avec une période électorale, l’absentéisme des députés est donc à craindre aux travaux de cette session.

S’agissant de l’intersession qui aura permis aux députés de retourner dans leurs circonscriptions électorales respectives aux fins de restituer les lois adoptées, IBK a affirmé ne pas douter que les parlementaires se sont acquittés de ce devoir. IBK d’énumérer ensuite les nombreuses missions effectuées aussi durant l’intersession par le bureau à l’intérieur tout comme à l’extérieur.

Ainsi, selon IBK, dès le mois de janvier 2007, une délégation parlementaire conduite par l’honorable Aly Nouhoum Diallo s’est rendue dans les grottes et collines de Teghargharet, aux fins de s’entretenir avec les mutins du 23 mai 2006 et les éléments qui les y ont rejoint.

A en croire le président de l’institution, ce fut le premier dialogue direct maliano-malien, entretenu entre les frères et une institution de la République. IBK a aussi saisi l’occasion pour formuler le voeu que le forum de Kidal soit suivi d’effets, car, aux dires, du président de l’A.N, il suscite tant d’espérance que la non exécution de ses résolutions, qu’elles qu’en soient par ailleurs les raisons, en serait une véritable bombe à retardement.

Toujours au plan interne, selon IBK, en vertu d’une disposition prise par le bureau de l’Assemblée Nationale permettant aux députés de participer à l’accueil du président de la république en visite dans leurs circonscriptions respectives, de nombreuses missions ont été diligentées, ces derniers temps, pratiquement sur tout le territoire national.

Au plan international, informera t-il, le bureau s’est fait un devoir de faire en sorte que le parlement malien participe, au moins, à toutes les réunions statutaires des organisations parlementaires internationales dont il est membre. Ainsi il a rappelé qu’il a lui-même conduit la délégation ayant participé à la réunion du bureau de l’assemblée parlementaire de la Francophonie en France, l’Assemblée Nationale du Mali, selon son président, a également diligenté des missions pour participer à une rencontre parlementaire à Paris, mission conduite par le premier vice président l’honorable Mountaga Tall ; participer à l’atelier international sur la libération du commerce et le développement OMC et cycle de Doha, mission conduite par la 7ème vice présidente ; participer à l’atelier de mise en oeuvre de la convention cadre de l’organisation mondiale de la santé pour la lutte anti-tabac mission conduite à Brazzaville.

IBk a évoqué également la participation malienne aux réunions préparatoires de la 7ème Assemblée parlementaire ACP et aux commissions permanentes de l’Assemblée Permanente ACP conduite par le deuxième président de l’institution. L’occasion a été mise à profit par IBK pour rappeler au gouvernement que notre pays, contrairement à ses habitudes, est en retard dans l’acquittement de sa contribution de l’année en cours au budget de fonctionnement du groupe ACP. Il a plaidé pour que cette situation soit très rapidement regularisée. Les rencontres de la CEDEAO mais aussi du comité interparlementaire de l’UEMOA ont toutes vu la participation du Mali, a fait savoir le président IBK, qui note par là un succès de la diplomatie parlementaire du Mali.

Poursuivant toujours son discours, IBK a informé avoir pris connaissance du message des évèques du Mali, message adressé à l’occasion des élections de cette année. Pour cet acte, il a félicité et remercié la conférence épiscopale du Mali pour avoir aussi envoyé officiellement une copie à l’auguste Assemblée Nationale du Mali. Pour IBK, ladite lettre démontre à suffisance que les évêques du Mali sont en tous points de dignes héritiers de Monseigneur Luc Sangaré dont il a salué aussi la mémoire “j’affirme solennnellement comprendre et partager toutes les interrogations et toutes la réflexions contenues dans cette adresse épiscopale” a déclaré Ibrahim Boubacar Kéïta pour qui ce livre devrait être un livre de chevet de toutes les citoyennes et de tous les citoyens du Mali.

Dans la sous-région, IBK s’est réjoui des accords de Ouaga et de Lomé sous la conduite du chef de l’Etat Burkinabé SEM Blaise Compaoré par rapport à la situation en Côte d’Ivoire et au Togo. Pour conclure IBK a eu une pensée émue pour la situation en cours au Darfour et en Somalie.

Laya DIARRA

04 avril 2007.