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Le président de l’Assemblée nationale par intérim, l’honorable Younoussi Touré, sera véritablement et solennellement mis en scelle comme gardien du temple de Bagadadji à partir de la rentrée parlementaire de la session budgétaire dont il préside la cérémonie d’ouverture cet après-midi. Le nouvel occupant du perchoir pourra-t-il relever les défis de cette législature » d’exception » ?

Contexte exceptionnel, gouvernance exceptionnelle. L’Assemblée nationale entame, ce lundi, «sa» véritable période transitoire, les élections législatives prévues pour juillet 2012 n’ayant pas eu lieu du fait du coup d’Etat du 22 mars. Le président de l’Assemblée nationale, Pr Dioncounda Traoré étant devenu président de la République par intérim, le 1er vice-président de l’Hémicycle, Younoussi Touré est, par ricochet, devenu président par intérim de l’institution législative.

Seulement, l’élu URD de Niafunké (région de Tombouctou) aura la lourde charge de diriger une institution sur laquelle plusieurs Maliens avaient jeté le discrédit. Plusieurs Maliens ont, en effet,qualifié Bagadadji de « laxiste et de chambre d’enregistrement » sous le président ATT. On se rappelle qu’aux heures chaudes des lendemains du putsch, l’association Yéréwoloton a, pendant des semaines, tenu des meeting d’invectives et de dénigrement à l’encontre des députés aux portes mêmes de l’institution. Plusieurs députés ont dû réfléchir par deux fois avant de venir à l’Assemblée nationale.

Mais, il faut reconnaître que les députés avaient fait ce qu’ils pouvaient face aux différents gouvernements sous le président déchu. Des questions orales, des questions écrites, des interpellations, des missions parlementaires dont celle présidée par Baba Haïdara dit Sandy, député de Tombouctou. Cette mission avait sonné l’alerte sur la situation explosive au nord mais rien n’y fit. La suite, on la connaît…

A présent, la législature « normale » a pris fin le 9 août 2012. Le retour à l’ordre constitutionnel et son corollaire du rétablissement des institutions ont conduit à une prolongation du mandat des députés pour la durée de la transition. Cette nouvelle phase doit donner plus de zéle et d’audace aux députés dans leurs missions de contrôle de l’action gouvernementale. Tâche à laquelle le président Younoussi Touré doit veiller, avec le soutien des membres du bureau de l’institution et de tous les députés.

Bruno Djito SEGBEDJI

01 Octobre 2012