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La session d’octobre de l’Assemblée nationale s’est ouverte lundi après-midi à l’hémicycle. Le renouvellement du bureau et le vote du budget d’Etat seront les points essentiels de cette session. Communément appelée session budgétaire parce que essentiellement consacrée à l’examen et à l’adoption du budget d’Etat, la session d’octobre est aussi celle du renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale.

Conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale qui stipule que le bureau est renouvelé chaque année, excepté le président, élu pour 5 ans, les députés choisiront de nouveaux membres et saisir cette occasion pour étaler leurs talents de diplomates et de négociateurs. En effet, le renouvellement du bureau a toujours donné lieu, depuis l’instauration de démocratie en 1992, à des empoignades feutrées au sein des partis ou des groupements de partis qui siègent à l’Assemblée nationale.

De sources autorisées, il semblerait que l’Assemblée nationale va épargner le public des piètres batailles qui ne soignent pas l’image de la chambre unique du Parlement. Ainsi, un consensus se serait fait autour de la formation du nouveau bureau dans lequel l’opposition n’y figurerait pas comme dans le précédent.

Si tel est le cas, ce serait alors un temps précieux de gagné pour les députés qui pourront au plus vite possible s’attaquer à l’examen du projet de budget, déjà ficelé par le gouvernement et qui sera incessamment déposé sur la table de l’Assemblée. Ce serait aussi pour l’opposition de rester dans sa logique.

Pour cause de divergences internes au sein des formations politiques elles-mêmes d’une part et entre les groupements de partis, la mise en place du nouveau bureau de l’Assemblée nationale à chaque rentrée parlementaire prend habituellement du temps. Toutes choses qui empêchent les députés à commercer derechef l’examen du budget d’Etat qui, faut-il le rappeler, doit être adopté au plus tard le 31 décembre et sur lequel les députés sont bousculés aux derniers jours de l’an.

Mais au-delà du renouvellement du bureau de l’Assemblée nationale, de l’adoption du projet de budget 2008-2009, la question qui revient dans les esprits est de savoir si les débats à l’AN seront aussi animés que l’année dernière, si l’opposition parlementaire va présenter un autre visage et user du temps peu soit-il à elle accordé par la majorité présidentielle pour faire entendre sa voix et partager sa vision sur les problèmes de notre société. Et in fine si l’AN exercera sans complaisance son droit de contrôle de l’action gouvernementale.

Opposition timorée

Tirant le bilan de la première année de cette législature en juin dernier, le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, disait toute sa satisfaction tant sur la qualité des débats que le volume du travail accompli par l’Assemblée. Il faut dire qu’au cours de la première année de la présente législature, le contrôle de l’action gouvernementale s’est exercé particulièrement sous la forme d’interpellations et de questions orales aux membres du gouvernement.

Ainsi pas moins d’une dizaine de ministres sont passés devant les députés dont les plus en vue auront été les ministres Kafougouna Koné (Administration territoriale et Collectivités locales), Sadio Gassama (Sécurité intérieure et Protection civile), Amadou Touré (Enseignements secondaire, supérieur et Recherche scientifique), Mme Sidibé Aminata Diallo (Education de base, Alphabétisation et Langues nationales), Ahmadou Abdoulaye Diallo (Economie, Industrie et Commerce), Tiémoko Sangaré (Agriculture).

L’insécurité au nord, la cherté des denrées de première nécessité, la sécurité des personnes et des biens, la privatisation de la Compagnie malienne pour le développement du textile (CMDT) et la déliquescence de notre système éducatif demeurent des préoccupations que l’Assemblée ne saurait passer sous silence.

Restée dans sa logique de critique constructive, l’opposition parlementaire ne s’est pas révélée une véritable force de contre-propositions avec qui la majorité devrait compter. Ceci serait-il dû à son nombre de députés trop réduit (20 sur 147) pour influencer le cours du vote des lois ou au manque d’un véritable projet de société alternatif ?

Toujours fut-il que même si elle n’a pas pratiqué la politique de la chaise vide, appelée à se prononcer sur certains dossiers de la nation, l’opposition parlementaire a assisté en simple spectatrice comme ce fut le huis clos sur la crise au nord avec l’interpellation du ministre Kafougouna Koné, ce qui donne raison à ses détracteurs qui l’accusent de n’avoir point de solutions de rechange à proposer.

Denis Koné

07 Octobre 2008