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C’est ce que propose la plus jeune des maisons d’édition du Mali, les « Éditions Tombouctou ». L’annonce a été faite mercredi dernier au Musée national du Mali et les dates retenues pour l’événement communiquées : les 17, 18 et 19 janvier 2008.

Une fois de plus, ce sont les auteurs eux-mêmes qui se décident à prendre en main la promotion de leurs œuvres. En effet après l’écrivain Moussa Konaté qui participe à l’organisation du Festival de littérature « Les étonnants voyageurs », c’est au tour de Aïda Mady Diallo, auteur de « Kouty, mémoire de sang » (Gallimard, 2002), « Dandara » (In Etonnants voyageurs Voix d’Afrique) et Ibrahim Aya auteur du recueil de nouvelles « Les larmes de Djoliba », (des nouvelles publiées dans les colonnes de l’Essor), « Le vieux pagne » (Jamana, 2001), « Riche ou pauvre pour un mois » (Jamana, 2002) de tenter l’expérience.

Pour avoir pris la mesure du climat morose prédominant dans le monde de l’édition locale, où n’existe aucune tradition avérée, que Aïda et Aya ont décidé de créer les « Éditions Tombouctou », afin de contribuer au développement de la vie littéraire.

Avec le soutien du ministère de la Culture, ils initient trois prix littéraires qui récompenseront chaque année des œuvres écrites ou traduites en français. Les genres concernés sont le roman, le recueil de nouvelles ou de contes d’auteurs édités sur le continent.

Le premier prix, appelé « Prix du premier roman » récompense, comme son nom l’indique, une œuvre romanesque. Sa valeur est d’un million de Fcfa.

Le deuxième est le « Prix Massa Makan Diabaté » doté de 2 millions de Fcfa qui sacrera aussi une œuvre romanesque. Ces deux prix sont réservés aux auteurs nationaux.

Le troisième prix dénommé « Prix Yambo Ouologuem » a une valeur de 5 millions de Fcfa. Il est ouvert à tous les auteurs africains.

Les ouvrages retenus pour ces différentes compétitions seront connus avant la rentrée.
Les prix seront remis lors de la clôture de la rentrée littéraire.

Une rentrée littéraire représente une période clef pour le livre et la lecture, explique Ibrahim Aya. « C’est le moment privilégié de l’année où les activités autour du livre sont nombreuses, où chaque lecteur potentiel est attentif à la littérature, où tous les feux des projecteurs se trouvent braqués sur la présentation des livres et de leurs auteurs tant chez les libraires que dans les rubriques des journaux. C’est l’occasion de récompenser les dernières parutions par des prix conséquents. Aussi, les Éditions Tombouctou, ont jugé capital pour le Mali, d’instaurer sa rentrée littéraire« , a t-il détaillé.

L’objectif est de promouvoir le livre et la lecture, de soutenir les auteurs et leurs œuvres, de susciter de nouvelles vocations parmi les jeunes et améliorer la structuration de la filière du livre. Les Éditions Tombouctou visent la pérennisation aussi bien de la rentrée que des prix littéraires.

Son contenu tournera essentiellement autour de la présentation par les auteurs de leurs œuvres dans les librairies, les bibliothèques et autres lieux culturels. Des rencontres d’auteurs auront lieu au Palais de la culture autour de thèmes de discussion comme « La colonisation est-elle responsable de l’état actuel de l’Afrique noire ?« , « Immigration : fuite des cerveaux, quête du bonheur, pillage de la main d’œuvre ?« , « Les États- Unis d’Afrique : encore une chimère« , a énuméré Ibrahim Aya.

Y. DOUMBIA_ L’Essor

18 septembre 2007.