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Le monde de l’écrit malien est tout a fait apte à renouer avec la tradition lettrée locale des grands centres universitaires de Djenné et de Tombouctou, qui a laissé des milliers de manuscrits, témoignant de la densité et de la solidité de notre terroir culturel.

La mémoire plusieurs fois millénaire de notre culture se trouvera ainsi remise à l’honneur, de même aussi tous les cycles historiques qui ont contribué à sa construction et à sa conduite : du premier millénaire avec l’arrivée de l’islam dans le septentrion africain ; ensuite aux XIIè au XVIè siècle avec l’éclosion des grands empires et royaumes pratiquant les échanges transcontinentaux avec l’Europe marchande ; des XVIIè et XVIIIè avec l’amorce du déclin africain pointe l’emprise européenne sur le continent, transformée géopolitiquement et socio culturellement, en particulier par l’instauration de la traite négrière ; enfin des années 1880 à nos jours avec les grands événements que sont : l’intensification des échanges mondiaux, l’abolition de la traite négrière, l’émergence de nouveaux Etats, les guerres mondiales, … la montée du nationalisme africain et du mouvement anticolonialiste, les Indépendances des années soixante.

A la question « la littérature peut-elle contribuer à changer l’Afrique ? », qui constitue un des thèmes des Rencontres de la première édition de la Rentrée littéraire, notre réponse est résolument affirmative, mais requiert plusieurs précisions révélant la complexité de la question.

En effet si comme partout l’écriture constitue une véritable arme, un instrument redoutable de lutte, elle se trouve malheureusement confrontée en Afrique à de multiples obstacles supplémentaires :
– la faiblesse du taux d’alphabétisation de la population en français ;
– l’usage limité des langues nationales africaines pour l’écrit.

Les artisans de l’écrit au Mali sont par la force des choses placés à l’avant-garde de la défense et de l’illustration de notre culture dans sa riche diversité.

Cela nous amène au vaste problème du rapport des candidats au travail d’écriture à la culture générale, puisqu’il leur est indispensable de posséder une connaissance de base relative à la littérature locale, une sorte d’équivalent dans d’autres contextes culturels du « posséder ses classiques » et leur environnement, tant il demeure vrai que pour tout métier sérieux, il y faut de l’exercice et de l’apprentissage. L’improvisation fait courir au novice le risque de s’aventurer et de se perdre sur les terrains hasardeux et mouvants du bricolage.

On réalisera à ce qui précède la difficulté à mériter le nom d’écrivain. Pour en prendre la mesure, il est bon de méditer sur les points suivants, lesquels doivent être familiers au candidat écrivain africain / malien, qui s’il ne les a pas analysés et résolus, a du y réfléchir à tout le moins :

Qu’en a-t-il été de la rencontre entre la littérature locale et les littératures étrangères (arabe, française, américaine, mondiale,…) ?

Qu’était le domaine littéraire malien ?

Quels en étaient les agents ?

Quel était leur statut culturel ?

Comment accédaient-ils au domaine littéraire ?

Quels types d’ouvrage produisaient-ils ?

Pour quel public ?

Par quelles voies étaient diffusés les ouvrages produits ?

Qu’écrit-on aujourd’hui ?

Dans quelles formes et langues littéraires, locales ou adoptées ?

Et pour quelle destination, intérieure ou extérieure ?

On le voit, être écrivain malien ou africain comporte des dimensions excédant de beaucoup la simple capacité technique à agencer des phrases, puisqu’en plus et même au préalable il convient de s’inscrire dans une tradition d’écriture plongeant ses racines dans la culture, la pensée et les langues du terroir ancestral, tel qu’en lui-même et confronté aux aléas incessants de l’histoire qui l’ont modifié.

Ismaël Amadou Sow

Enseignant à l’université de Bamako,

Membre du Comité de la Rentrée Littéraire du Mali


LA RENTREE LITTERAIRE – Première édition

Avec le soutien du Ministère de la Culture

Les 17- 18- 19 janvier 2008 à Bamako

Auteurs en signatures dans les librairies, débats et rencontres, conférences, table- ronde, lectures, remise des Prix littéraires.

Prix littéraires :


Prix du Premier roman : 1 000 000 FCFA : Prix décerné à une œuvre romanesque publiée au cours des deux (2) dernières années.

Prix Massa Makan DIABATE : 2 000 000 FCFA : Prix décerné à une œuvre romanesque publiée au cours des deux (2) dernières années.

Prix Yambo OUOLOGUEM : 5 000 000 FCFA : Prix continental décerné à une œuvre écrite ou traduite en français (roman, recueil de nouvelles ou de contes) publiée au cours des deux (2) dernières années.

Conditions de participation : www.bamako-culture.org

Dépôt clôturé le 30 novembre 2008 à 0h.

Contacts Presse : 658 90 83 / 652 52 52

Contact Editeurs / Libraires : 679 24 40

Contact Rencontres : 697 79 27

Direction : 642 22 10 – 646 21 14

23 novembre 2007.