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Cette rentrée gouvernementale loin de ressembler aux autres s’annonce très difficile. En effet, à quelques huit mois des élections générales, l’équipe gouvernementale est appelée à gérer des dossiers très sensibles.

Des dossiers qui sont relatifs aux chantiers du développement, aux élections à venir, à l’apaisement du climat social, à l’école malienne et aussi à l’application de l’accord d’Alger entre autres.

Au lendemain de son accession à la magistrature suprême, le Président Amadou Toumani Touré, conformément à ses promesses électorales, a entrepris des grands travaux à travers le Mali : construction d’infrastructures routières pour désenclaver le pays, aménagement des terres agricoles, construction de barrages et de ponts, ainsi qu’un vaste programme d’habitat social pour ne citer que ceux-là.

Certains de ces travaux qui entrent dans le cadre des « chantiers du développement » du Président de la République accusent du retard. Pour la réception de ces grands travaux, le Président ATT fonde tout son espoir sur l’actuelle équipe gouvernementale. C’est dans ce cadre qu’il s’apprête à remettre au Président de la République le pont de Gao communément appelé « pont de Wabaria » dès le 22 septembre prochain.

La remise des clés de la Cité administrative en construction est aussi prévue pour le 31 décembre 2006. Plus de place donc pour les retards que ce chantier accuse depuis son démarrage. Après la fin des travaux de la Cité administrative, l’équipe Pinochet doit aussi s’atteler rapidement aux autres travaux qui sont connexes à ce grand chantier.

Un chantier futuriste qui va fondamentalement changer la physionomie de Bamako et la rendre plus attrayante. Beaucoup d’infrastructures routières aujourd’hui en chantier sont aussi prévues pour être définitivement réceptionnées avant la fin de ce mandat.

Il s’agit entre autres des routes de Koulikoro-Bamako ; Bamako-Bougouni ; Bougouni-Yanfolila ; Bamako-Kita ; Didiéni-Diéma ; Diéma-Nioro ; Kita-Kourounikoto-Diancounté Camara ; Didiéni-Goumbou-Nara ; Gao-Ansongo-Labbezanga. Deux principaux barrages aujourd’hui en chantier sont aussi attendus pour être réceptionnés : il s’agit du seuil de Talo et du barrage de Taoussa. Ce dernier barrage permettra de réguler le cours du fleuve Niger et de dégager des superficies cultivables pour les régions du Nord.

Quant au seuil de Talo, les populations de Bla, San, Ségou et Djenné qui sont dans la zone d’intervention de ce projet sont déjà impatientes de récupérer leurs terres aménagées et cultivables à tout moment.

Le dossier des élections : la création d’une nouvelle CENI ; la révision des listes électorales ; la confection et le retrait des cartes d’électeurs ainsi que la bonne tenue des élections générales de 2007 seront les priorités du gouvernement. Or, un tel travail ne peut réussir que s’il existe un climat de confiance entre les différents protagonistes.

Les conflits sociaux : l’apaisement du climat social est le soubassement même de la politique de ATT. Face aux revendications sectorielles de plus en plus courantes, la tâche revient à l’actuelle équipe gouvernementale de tout faire pour éteindre les foyers de tension sociale.

Déjà, les différentes rencontres du Premier ministre avec tous les syndicats représentatifs de la place ont permis de résoudre à l’amiable beaucoup de ces revendications socioprofessionnelles. L’insécurité a aussi été circonscrite grâce à la bonne collaboration avec la société civile. Quant à la gestion du monde rural, elle va s’inscrire en ligne directe de la démarche entreprise à l’Office du Niger pour régler le problème de la redevance eau et de la zone CMDT où les cotonculteurs ont été sensibilisés autour de la privatisation de la CMDT qui est en cours.

Pour l’année scolaire 2006-2007, le gouvernement va tabler encore sur l’accord pour une école apaisée et performante qui a été négocié et signé avec tous les partenaires de l’école malienne. Il en sera de même pour la modernisation de l’administration malienne à tous les niveaux. Sur le plan économique, des efforts seront entrepris pour maintenir le Mali au peloton des têtes des pays membres de l’Uemoa en matière de performance économique.

Seulement, la seule question qui demeure depuis des mois est celle-ci : le chef de l’Etat va-t-il ou non garder l’actuelle équipe gouvernementale jusqu’aux élections ? A ce sujet, en l’absence de réponse, les supputations et le suspense vont bon train.

Birama Fall

1 septembre 2006.