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Des témoignages appréciés par le bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali. Dans son intervention, Me Ibrahim Seydou Maïga, en rappelant le thème de cette rentrée -« l’avocat, un professionnel du droit au service du justiciable »- a insisté sur le rôle de la profession dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière. Deux phénomènes auxquels notre pays fait sérieusement face.
Le bâtonnier s’est appesanti sur les difficultés auxquelles ses confères font face dans l’exercice de leur profession. « La grande majorité des avocats, a-t-il constaté, sont concentrés à Bamako alors que l’on assiste de plus en plus à la prolifération d’agents prétendument juridiques interférant dans les dossiers. Toute chose qui met en cause la profession de l’avocat« .

Un autre problème évoqué par le bâtonnier est le manque de formation des jeunes avocats malgré la mise en place de mécanismes comme le Centre de formation des avocats. Me Ibrahim Seydou Maïga a déploré l’insuffisance de l’accompagnement de l’État mais a salué le soutien constant du chef de l’État, notamment son initiative de mettre un terrain à la disposition du barreau pour la construction d’une « Maison de l’avocat ».

Le ministre de la Justice a, de son côté, souligné le dynamisme du barreau qui a fait la preuve de sa maturité à jouer le rôle qui est le sien dans la cité. « Votre Ordre a été toujours présent aux grands rendez-vous. Comment ne pas se rappeler du rôle combien important et historique que le barreau a joué pendant les événements de mars 1991 ? Sentinelle du droit et des libertés, vous avez su le démontrer à chaque occasion avec tact et courtoisie », s’est il félicité.

Pour Marahafa Traoré, le thème de cette rentrée s’inscrit dans le droit fil des préoccupations des autorités qui ont placé la lutte contre la corruption au centre des priorités. Le ministre a salué à ce propos l’initiative du barreau d’organiser un colloque sur la délinquance économique et financière, en indiquant que les conclusions qui en sortiront, constitueront une expertise appréciable pour les États généraux de la lutte contre la corruption que le gouvernement organisera très prochainement.

Évoquant les problèmes du Barreau, le ministre de la Justice a rappelé des actions entreprises par le gouvernement pour accompagner l’Ordre. « Bien que modestes en raison des moyens limités de l’État, la pérennisation de ces actions vous permettra de réaliser certains de vos objectifs, notamment la construction de la Maison de l’Avocat à Bollé », a-t-il souligné. Marahafa Traoré s’est réjoui de la proposition du Barreau visant à une meilleure organisation de la défense des intérêts de l’État. La proposition sera étudiée et une suite lui sera donnée dans les meilleurs délais.

L’un des temps marquants de la cérémonie a été la remise de distinctions honorifiques à des doyens de la profession : Boubacar Sidibé, Mamadou Yattassaye. D’autres célèbres avocats ont été distingués à titre posthume. Il s’agit de Tiémoko Diatigui Diarra, Mady Moussa Konaté, Ibrahima Sall, Mme Touré Aïda Niaré.

M. KÉITA

Essor

30 mars 2008