Partager

Plus d’une vingtaine de diplomates et de chefs des organisations internationales ont fait le déplacement à Ségou. Pendant que 52 missions diplomatiques et consulaires maliennes ont suivi l’évènement par visio-conférence

«Dans le domaine de la culture, le Mali vient les mains chargées. Si on calculait la puissance des pays en fonction de leur héritage, de leur patrimoine culturel et historique le Mali ne serait pas une puissance africaine mais une puissance mondiale », a affirmé le ministre des Affaires étrangères et la Coopération Internationale, Abdoulaye Diop lors de la rentrée diplomatique placée sous le thème «Faire de la culture un outil d’influence au service de l’action extérieure ».

Comme pour donner corps au discours politique relatif à la sécurisation en cours du territoire national, les travaux de cette grande première se sont déroulés au Centre culturel de Ségou, une ville historique sous le haut parrainage du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta.

Le ministre Diop avait à ses côtés ses collègues de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo et des Maliens établis à l’extérieur et de l’Intégration africaine, Alhamdou Ag Ilyène. Plus d’une vingtaine de diplomates et de chefs des organisations internationales ont fait le déplacement. Pendant que 52 missions diplomatiques et consulaires maliennes ont suivi l’évènement par visio-conférence. En outre, la rencontre a enregistré la présence du directeur de cabinet du gouverneur Afel B. Yattara, du préfet Daouda Diarra et du maire de la Commune urbaine de Ségou, Nouhoun Diarra.

Traditionnellement, les rentrées diplomatiques constituent l’occasion pour le ministère des Affaires étrangères de rappeler les grandes lignes de leur action extérieure et d’envisager les perspectives. Cette première inédite dans notre pays a été organisée par le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale en collaboration avec le ministère de l’Artisanat, de la Culture.

Dans un message, le chef de l’état a justifié que cette première session est placée sous le thème de l’apport de la culture à l’outil diplomatique, afin de valoriser et de faire le meilleur usage de la richesse et du patrimoine multiséculaire du Mali. « La culture permet d’asseoir un climat de paix, de sécurité et de dynamisation des économies nationale, sous régionale et régionale. L’industrie culturelle et artistique constitue en effet un levier important du développement de notre pays», a-t-il dit tout en soulignant que le Mali apprécie à sa juste valeur l’engagement, à ses côtés, de partenaires qui adhèrent aux principes-clés qui déterminent l’action publique de notre pays.

«SOFT POWER»- Le chef de la diplomatie malienne, lui, précisera que le Mali a voulu cette rentrée diplomatique pour renforcer le cadre d’échanges avec ses partenaires et ouvrir un nouveau canal d’interaction qui servira à redynamiser le dialogue constant qu’ils ont.

«Il s’agit pour l’outil diplomatique du Mali de mettre en œuvre la vision du chef de l’état, particulièrement dans sa dimension relative à l’encadrement des partenariats noués par notre pays, et désormais axés sur les priorités nationales et le respect des trois principes clés qui guident l’action publique au Mali et notre relation avec le monde extérieur à savoir, le respect de la souveraineté du Mali ; le respect des choix stratégiques et des choix de partenaires du Mali ; la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises », a-t-il précisé.

Le ministre des Affaires étrangères a souligné que la seule réponse militaire, certes nécessaire, voire indispensable, ne suffirait pas à régler les défis auxquels nous faisons face. C’est pourquoi, en complément aux aspects sécuritaires, le gouvernement renforce progressivement la dimension «soft power» de son approche et, à cet égard, met un accent croissant sur la culture comme facteur de paix, de cohésion sociale et de renforcement de l’unité nationale.

Abdoulaye Diop a réaffirmé que le gouvernement est pleinement engagé à sauvegarder et à valoriser la culture malienne : «Pour sa part, l’outil diplomatique jouera toute sa partition, et à cet effet la présente rentrée diplomatique est une étape du processus visant la codification de la diplomatie culturelle et sa mise en œuvre en tant que priorité de notre politique extérieure », a-t-il assuré.

AJUSTEMENT CULTUREL- Le chef de la diplomatie dira ensuite que la culture, prise dans sa dimension géopolitique, est une source d’identité et de cohésion des communautés et des peuples. Pour lui, ce dont l’Afrique a besoin n’est pas un ajustement structurel mais un ajustement culturel. Le premier pas vers l’ajustement culturel est le changement de paradigme, du regard que nous portons sur nous-mêmes. C’est également la prise de conscience de qui nous sommes, d’où nous venons et où nous voulons aller.

L’ambassadeur du Sénégal au Mali, prenant la parole au nom de l’ensemble des membres du corps diplomatique, a indiqué que la culture est au cœur de l’action donc et par conséquent elle ne saurait être détachée de notre action vis-à-vis de l’extérieur. Ceux qui l’ont compris en ont fait un véritable levier de développement. Et de souligner qu’un pays comme le Mali, terre de trois grands empires, très riche d’une culture multiséculaire aura certainement énormément de choses à vendre à travers son patrimoine historique, son art, sa littérature florissante, son artisanat assez original, sa musique, sa diversité sociologique, entre autres facettes culturelles.

Le ministre Andogoly de son côté dira qu’en organisant cette rencontre sous le prisme de la diplomatie culturelle, le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale démontre encore une fois que notre diplomatie est une diplomatie de combat fondée sur nos valeurs culturelles et identitaires vraies.

Il a souligné que dans un monde en proie à la globalisation, marqué par des crises multiformes et multidimensionnelles la revitalisation et la revalorisation de l’atout stratégique que représentent notre riche patrimoine culturel, nos emblématiques savoir-faire ancestraux, sont devenues plus que jamais une nécessité pour l’affirmation de notre souveraineté totale et entière. Pour lui, une diplomatie culturelle pertinente et ambitieuse pourrait être élaborée par le truchement d’une convergence intelligente de la culture et de la diplomatie, pour contribuer au rayonnement international de la culture malienne.

Cette session inaugurale a été marquée par une vidéo de présentation des ressources créatives et patrimoniales du Mali pour la diplomatie culturelle, une séquence interactive avec le corps diplomatique, un panel de haut niveau et des contributions. Auparavant, la veille, le chef de la diplomatie malienne a offert un cocktail de bienvenue à ses invités de marque.

Aminata Dindi SISSOKO (AMAP-Ségou)

SOURCE : ESSOR