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Le hasard du calendrier a fait que cette année la rentrée des classes coïncide avec le démarrage du mois sacré de Ramadan au moment précisément où les dépenses familiales doublent, voire triplent.

Certes, la rentrée des classes n’est pas un événement imprévu, mais elle nécessite très souvent, en plus des fournitures scolaires, l’achat d’habits et d’autres dépenses liées au transport des enfants qui logent loin de leur établissement.

« La rentrée des classes n’est pas de tout repos pour le travailleur salarié moyen au Mali. Moi vraiment ça me coupe le sommeil. Je n’ai pas moins de dix enfants que je dois entretenir en l’occurrence. Si c’était des garçons encore, les dépenses sont minimisées. Mais sur les dix, huit sont des filles. Leur habillement coûte cher. Or elles aiment toujours à imposer leur choix. Que faire ? Comme on est habitué à gérer la misère, on s’endettera davantage et plus tard, l’on colmatera les brèches », se lamente Sounkalo Malikité.

S’il est établi que le revenu ne couvre pas les besoins, le principal recours demeure l’endettement. A ce moment-là, difficilement, un chef de famille peut évaluer combien la rentrée scolaire peut lui coûter.

« On ne pourra jamais dire avec exactitude combien ça coûte. Il y a toujours les sollicitations d’autres parents qui attendent d’une manière ou d’une autre de nous. Le revenu est carrément insuffisant », aux dires de Samba Diarra, un jeune fonctionnaire, qui affirme que le hic : « c’est qu’il faut aussi gérer, assurer le quotidien ».

L’inquiétude des chefs de famille se justifie aussi par le fait que la date de la rentrée ne coïncide pas avec le paiement des salaires. « Rares sont les fonctionnaires à partir du 10 qui ont leurs payes du mois précédent. C’est mon cas. Je suis endetté jusqu’au cou pour faire face aux dépenses de mes neveux et nièces devant retourner au village. C’est moi qui ferais les frais après d’autant que je suis appelé à rembourser seul la dette contractée. Je me demande comment je vais m’en sortir surtout que le Ramadan se pointe à l’horizon », confie un vieil homme qui a requis l’anonymat.

Mohamed Daou

15 septembre 2006.