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Après les élèves des premier et second cycle, c’est le tour des secondaires, c’est-à-dire les lycées et les écoles professionnelles, de démarrer l’année 2007-2008, le 8 octobre. Avec cette date, il faut reconnaître que la rentrée des classes connait quelques imperfections autour desquelles les pouvoirs publics et la société civile se mobilisent en vue de trouver des solutions idoines.

Par ailleurs, ce démarrage des cours dans la capitale fait aussi les “bonnes affaires” de l’aéroport international de Bamako Sénou. Car pendant que certains élèves s’apprêtent à retourner à Bamako pour continuer leurs études, d’autres s’envolent pour des pays du continent africain, voire de l’Occident, à la recherche d’une meilleure formation universitaire. Comment explique-t-on ce phénomène de nomadisme éducatif ?

L’école malienne souffre énormement, et depuis plus d’une dizaine d’années, le secteur de l’éducation manque d’infrastructures suffisantes pour accueillir un effectif qui s’augmente d’année en année.
Un manque d’enseignants qualifiés, un système éducatif inadapté au contexte socioéconomique et culturel…, autant de problèmes qui continuent de ternir l’image de l’école malienne.

Il est donc impératif que les autorités éducatives réfléchissent sur les voies et moyens pour rehausser la qualité de nos systèmes d’enseignement, sous peine d’un futur chaos.

Les solutions sont pourtant connues. Il suffirait que l’Etat et tous les acteurs du secteur s’impliquent davantage, en accordant un financement important aux infrastructures, à la formation et au recrutement de plus d’enseignants, à l’élaboration d’une bonne politique éducative, et l’adoption d’un système éducatif cohérent pour une bonne qualité de l’enseignement…

Ce sont tous ces facteurs réunis ailleurs qui expliquent l’afflux de nos jeunes vers les autres pays, à la recherche d’une formation propice. Ainsi, cette rentrée scolaire 2007-2008 ne manque pas de faire aussi le comble des recettes de l’aéroport Bamako- Sénou.

Pendant que les nouveaux admis au DEF attendent impatiemment leur orientation qui suscite progressivement des inquiétudes du côté des parents d’élève, les enfants issus des familles riches s’apprêtent à s’envoler vers l’extérieur, en vue d’y poursuivre leurs études.

Aujourd’hui, à l’aéroport, la nuit ressemble au jour. Les retrouvailles entre promotionnaires, les anciens qui ne sont pas étrangers aux voyages, ceux qui sont à leur premier essai, les encouragements et bénédictions des parents… bref toutes ces manifestations à l’aéroport ne démontrent qu’une chose : le nomadisme éducatif a de beaux jours devant lui.


Hady BARRY

09 octobre 2007.