Partager

gab.jpg Son inauguration mercredi dernier a enregistré la présence du Premier ministre Modibo Sidibé, des membres du gouvernement, des représentants du corps diplomatiques et de nombreux invités de marque. La rénovation des urgences de l’hôpital Gabriel Touré a été financée à hauteur de 70 % par la Fondation Thiam, les autres 30 % ont été assurés par l’État. Le nouveau service des urgences dispose d’équipements de pointe en imagerie médicale. Ainsi une table de radiologie numérisée renvoie au médecin l’image du cliché radiographique sur un moniteur. Tous les huit boxes de consultation du service sont équipés de moniteurs et de téléphones. L’unité dispose également d’une échographie numérisée capable d’envoyer les images à des spécialistes se trouvant dans d’autres pays en vue de bénéficier de leur expertise. Des téléphones portables internes permettent au personnel médical de communiquer de l’intérieur du service et de l’hôpital.
Selon les urgentistes, 50 % de l’activité de leur service sont basés sur le traitement des traumatismes, notamment les accidents de la voie publique. Le service recevait avant le rénovation près d’une centaine de patients par jour. 10 % d’entre eux étaient hospitalisés pour être stabilisés avant d’être envoyés dans d’autres pavillons de l’hôpital. Le service des urgences dispose aujourd’hui de salles d’hospitalisation de courte durée permettant d’assurer cette fonction efficacement. La rénovation a permis de relever substantiellement le niveau des équipements de la salle de déchocage et l’équipement de monitorage qui donne par exemple la tension automatique et la saturation en oxygène du malade.

Le nouveau service des urgences est également équipé d’un bloc opératoire d’urgence performant et d’un laboratoire. Celui-ci permet de faire des analyses sur place et d’identifier rapidement les organes lésés du malade. Pour parler court, l’unité assure désormais une prise en charge globale du patient. Revenant sur les origines de cette rénovation, Moctar Thiam a expliqué que c’est peut-être parce qu’il a failli perdre la vie qu’il mesure mieux l’importance de celle-ci. « Il m’a fallu 18 mois pour revenir à la vie », s’est-il souvenu sans dissimuler son émotion.

Pour le directeur général de l’hôpital Gabriel Touré, la date choisie pour la cérémonie du mercredi dernier ne relève pas du hasard. « L’histoire, a rappelé le Dr Abdoulaye Nènè Coulibaly, enseigne que celui dont l’hôpital porte le nom, le jeune médecin d’alors Gabriel Touré, serait décédé un 26 mars. Il aurait également pris contact pour la première fois avec le dispensaire central de Bamako (actuel Gabriel Touré) un 26 mars. C’est aussi un 26 mars que le président du Comité de transition pour le salut du peuple était venu s’enquérir de l’état de santé des victimes de la répression à l’hôpital Gabriel Touré ». La structure, s’est félicité le directeur général, a bénéficié de plus de 5 milliards francs CFA d’investissements au cours de ces cinq dernières années.

Il convient de souligner que le service des urgences constitue un maillon essentiel dans la chaîne de soins. Il accueille les malades graves dont l’état nécessite une prise en charge immédiate. A ce propos, le ministre de la Santé a fait un rappel des statistiques. « Une étude récente menée au niveau de l’ancien service des urgences a montré un nombre d’admissions de 26 176 patients en 2007. Les accidents de la route constituent à eux seuls 39,49 % de ces admissions avec un taux de décès de 2,73 % », a-t-il indiqué. Oumar Ibrahim Touré a aussi relevé qu’en tant que vitrine de l’hôpital, le nouveau service des urgences a été construit suivant les normes internationales, avec un plateau technique adéquat.

Le président Amadou Toumani Touré a salué l’initiative de Moctar Thiam. Pour lui, au-delà des sommes investies pour rénover cette unité, ce qui compte c’est le service qui y sera rendu et qui permettra de sauver des dizaines et des dizaines de nos compatriotes. Amadou Toumani Touré a profité de l’occasion pour en appeler au bon sens et à la discipline sur la voie publique. Car 95 % des accidents sont dus à l’imprudence de l’homme et à son refus d’observer le code de la route. Le chef de l’État a rendu hommage à la Fondation Thiam et ses partenaires ainsi qu’à Mme Maïga Zeïnab Mint Youba, ancien ministre de la Santé, pour son œuvre à la tête du département.

B. DOUMBIA

Essor

28 mars 2008