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C’est un début de bras de fer entre la mairie du district et les commerçants et transporteurs au sujet de la rénovation de la gare routière de Sogoniko. Les commerçants et les transporteurs dénoncent l’attitude de l’hôtel de ville de Bamako qui, selon eux, leur impose un nouveau plan de l’infrastructure qui ne tient pas compte de leurs préoccupations.

Les occupants de l’autogare de Sogoniko accusent les autorités municipales du district d’avoir signé « en catimini » un contrat de rénovation avec un opérateur économique installé au Gabon qui serait chargé de l’exécution des travaux de rénovation de la gare.

Il y a trois ans, la mairie du district avait démoli à la gare routière de nombreux magasins transformés en chambres de passe. En marge du déguerpissement des travailleuses du sexe, l’un des représentants des commerçants révèle aujourd’hui sous le sceau de l’anonymat que certains commerçants avaient injustement perdu leurs magasins. « Nous avons tout fait pour que ces gens puissent être dédommagés. Malheureusement, les autorités n’ont pas été sensibles à la galère de ces pauvres commerçants », a-t-il déploré.

Le mardi 15 avril 2008 au cours d’une réunion à laquelle ont pris part les commerçants et les transporteurs, le 2e adjoint du maire a présenté le nouveau plan de rénovation de l’autogare qui ne comble pas les attentes des bénéficiaires. Pis, selon notre interlocuteur, les autorités municipales auraient levé la séance tout en indiquant aux représentants des commerçants et transporteurs qu’ils n’ont pas de « commentaire à faire sur le plan ».

Aux dires de notre source, la mairie a présenté au cours de la rencontre deux « petites filles » qui seraient les filles et représentantes légitimes du bailleur avec qui, la mairie aurait signé un contrat de rénovation à l’insu des bénéficiaires. Toutes choses qui suscitent aujourd’hui la colère des locataires de la gare de Sogoniko.

Le plan en question prévoit la construction de 80 magasins et d’une quinzaine de guichets pour les compagnies de transport. Or, un commerçant précise que le recensement à l’auto gare fait état de plus de 600 magasins et plus d’une trentaine de guichets.

« Le plan est conçu de manière à chasser les commerçants et les transporteurs. Ce qui est plus navrant encore, même la mosquée en cours de réfection n’a pas sa place dans le plan. Le 2e adjoint du maire dit à qui veut l’entendre que le plan ne serait pas modifié. Les clauses du contrat sont floues. Toutes choses qui en disent long sur la motivation réelle des autorités municipales qui tiennent coûte que coûte à exécuter le projet contre le gré des bénéficiaires ».

Les commerçants et les transporteurs de la gare routière condamnent avec la dernière vigueur le projet de rénovation. Pour faire face au problème, ils entendent s’organiser dans les jours à venir en mettant en place un comité de pilotage qui sera chargé de défendre leurs intérêts communs.

Amadou Waïgalo

22 avril 2008.