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Profitant de sa conférence de presse le jeudi 4 août 2008 à la mairie du district de Bamako, le 2e adjoint au maire a fait part de la « mauvaise foi » des occupants de la Gare routière de Sogoniko sur la rénovation de celle-ci.

Rien de va entre les occupants de la Gare routière de Sogoniko et la mairie du district de Bamako, qui entendait démarrer les travaux d’exécution de la rénovation de la Gare à partir du 15 août 2008. Mais cette mesure butte à une opposition des commerçants et transporteurs, qui n’adhèrent pas au projet tel que présenté par la mairie.

Pour montrer sa bonne foi et sa volonté de bien exécuter un projet accepté par tous dans un cadre consensuel, la maire du district, à travers son 2e adjoint, Youssouf Coulibaly, était face aux journalistes.
Youssouf Coulibaly a rappelé que l’Hôtel de ville a pris l’initiative sous la direction de feu l’ancien maire Moussa Badoulaye Traoré de casser une bonne partie de la gare, transformée en chambres de passe. Cette opération a, selon lui, suscité à l’époque la joie de tous les occupants qui étaient las de la présence des travailleuses de sexe.

« C’est à partir de cette époque que nous avons été saisi par certains commerçants et transporteurs qui souhaitaient une rénovation pure et simple de la gare » , a révélé M. Coulibaly, qui a souligné que la mairie, contrairement à certaines accusations, a lancé une manifestation d’intérêt. Exhibant une coupure de presse, le conférencier a précisé que la mairie, suite aux instructions du conseil, a fait un appel d’offres de marché dans certains journaux.

« Plusieurs opérateurs économiques se sont présentés, mais ceux-ci disparaissaient aussitôt vu les conditions qui voulaient la preuve d’un compte bancaire important dans une banque de la place. Un certain Diawara avait accepté le principe, mais ce dernier voulait transformer le projet à un centre commercial et nom une gare routière » , a expliqué le 2e adjoint du maire, précisant que la mairie a tout naturellement décliné cette offre.

M. Coulibaly, qui a en charge l’affaire, a reconnu comme nous l’évoquions dans notre article du mercredi 3 août 2008 que les occupants n’adhèrent pas au projet de rénovation. Mais seulement, il a fustigé l’attitude des commerçants et transporteurs qui sont, selon lui, motivés par des « intérêts personnels ».

« Nous avons associé les occupants de la gare tout au long du projet et a chaque fois qu’ils demandaient des modifications concernant le nouveau plan de la gare nous l’exécutions car le projet est avant tout le leur » , a-t-il tranché avant de se dire surpris de la position du comité de pilotage de la Gare routière de Sogoniko qui dit ne plus se reconnaître dans le projet.

Sans dire avec précision ce qu’il entend faire dans les jours à venir pour obtenir un compromis avec les occupants, le 2e adjoint semble aujourd’hui en panne d’argument. « Je ne sais plus ce qu’il faut faire. Moi je suis un militaire, j’ai fais 30 ans de vie militaire et je ne veux pas aller en guerre avec qui que ce soit », a-t-il avoué.

Le nouveau plan de rénovation de la Gare routière de Sogoniko tel que expliqué par l’architecte en charge des travaux, prévoit la construction de 17 aires de compagnies de transport, 52 aires de stationnement pour bus, 80 de stationnement taxi, 240 boutiques (10,05 m2), 32 kiosques, un restaurant pâtisserie et 40 modules de bureaux.
Aussi elle devra comporter 10 toilettes à trois cabines et diverses voies de circulation.

S’agissant de l’installation des commerçants aux Halles de Bamako pendant la durée des travaux, Youssouf Coulibaly a assuré que la municipalité va tout gérer avec la direction des Halles pour une meilleure installation des déguerpis qui ne seront pas, a-t-il promis, soumis à des condition restrictives de retour.


Amadou Waïgalo

05 Septembre 2008