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Dans quelques jours, précisément le 23 Février 2008, le Conseil des Maliens de Côte d’Ivoire procèdera au renouvellement de ses instances en présence du Ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’intégration africaine.

La nouvelle vient d’être donnée par le Ministre des Maliens de l’Extérieur à travers le chargé d’affaires de l’Ambassade du Mali à Abidjan. Il était vraiment temps que les autorités mettent fin à plus d’une décennie de déchirement et de mésentente entre les Maliens de Côte d’Ivoire qui représentent les 60% de nos compatriotes établis à l’extérieur.

En effet, à l’instar des Maliens des autres «pays à problème» (entendez les pays d’accueil où nos compatriotes n’arrivent pas à s’entendre) comme la France, ceux de la Côte d’Ivoire sont sur le point de regarder dans la même direction. Cela, depuis la mission que le Ministre des Maliens de l’Extérieur a effectuée le 20 Janvier dernier à Abidjan.

Depuis la diffusion du courrier ministériel dans les coordinations et structures associatives, les états majors des candidats sont déjà en ébullition. Pendant toute cette semaine, notre chancellerie d’Abidjan a été le point focal de toutes les rencontres destinées à préparer les futures échéances. De fait, quitus a été donné par le Ministre au Chargé d’affaires M. Amadou Opa Thiam de préparer le terrain avant son arrivée en terre éburnéenne pour superviser en personne les élections à Abidjan.

Ainsi, depuis le Mardi 5 Février, ce dernier a déjà rencontré les membres du bureau sortant, les structures associatives qui seront chargées d’élire le futur président et les personnes ressources pour une organisation efficiente des élections qui promettent beaucoup de tension à l’horizon. Ce sera ainsi, aux dires du diplomate, jusqu’à l’arrivée de la délégation ministérielle le Samedi 23 Février 2008.

Mais, prévient-il ; « les textes, rien que les textes du HCME seront appliqués ».

Bien que la commission n’ait pas encore eu à statuer sur l’enregistrement des candidatures, trois candidats se sont déjà fait connaître auprès des structures associatives pour une opération de séduction. Ce sont en tout huit structures associatives légalement constituées et déclarées auprès des Missions Diplomatiques et Consulaires du Mali en Côte d’Ivoire qui seront chargées de mettre en place le nouveau bureau exécutif du CMCI, en raison de cinq votants par structure associative. Ce sont : la Coordination des Amicales maliennes, la Coordination des Associations maliennes, l’Union des jeunes Ressortissants Maliens (UJRMCI), le Conseil de la Jeunesse malienne (CJMCI), la CAFO, l’APEF, le Mouvement Citoyen, l’Association des Cadres Maliens (ACAMCI ).

Outre Tanapo Ousmane, le président sortant, il y a Hamet Diawara, Vice- Président du bureau sortant et Mahamadou Camara, également ancien membre du bureau qui sont engagés dans la course pour le fauteuil.

Tanapo Ousmane : Président sortant

Aux commandes depuis le 2 Octobre 1997, Tanapo est aujourd’hui contesté par la grande majorité de nos compatriotes vivant en Côte d’Ivoire. Les trois premières années de sa présidence avaient fait espérer plus d’un sur la réussite de sa mission à la tête du Conseil des Maliens de Côte d’Ivoire.

Malheureusement, en 2000, son bureau va être dissout et remplacé par le Président du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur (HCME), Abdrahamane Chérif Haidara. Puis, suivra une vague de démissions des nouveaux membres déçus par la gestion arbitraire et catastrophique que faisait Tanapo du CMCI. Son bureau restera paralysé jusqu’à nos jours.

Pendant donc ses 10 ans à la tête de cette structure, il n’a rendu compte à personne. Pendant ce temps, toutes tentatives venant du ministère de tutelle pour renouveler le bureau du CMCI n’ont jamais abouti par la faute de cet homme qui a régné en maître absolu, changeant de bureau tous les ans à sa guise.

Il faisait sa propre lecture des nouveaux textes du HCME et de la feuille de route en vigueur depuis 2004, qui avaient pourtant balisé le renouvellement du bureau, pour s’opposer à leur application qui ne l’arrangeait pas. Aidé en cela par ses marionnettes tapis dans les couloirs du ministère et du HCME qu’il payait à coup de millions.

Sa Force : Tanapo est conscient de l’effet du « Dieu argent » sur les humains et il en dispose à suffisance pour corrompre le maximum de personnes qu’il désire manipuler, aussi bien à Bamako, qu’à Abidjan. L’homme profite aussi de ses liens avec le Chef de l’Etat dont il se dit le « grand frère».

Ses Faiblesses : Sa plus grande faiblesse est qu’il n’a aucune connaissance des nouveaux textes du HCME. Son environnement immédiat est aussi une de ses plus grandes faiblesses, entouré qu’il est, de requins qui ne cherchent qu’à l’exploiter. Pis, il est accusé d’être à la base de toutes les divisions entre Maliens dans ce pays. Malgré tout, l’homme est convaincu de gagner les prochaines élections, il affiche une certaine sérénité qui risquera de lui jouer un sale tour.

Hamet Diawara : 1er Vice Président du bureau sortant

Deuxième homme du bureau sortant, Hamet Diawara est resté dans l’hombre d’un président qui ne l’a jamais laissé s’exprimer sur les grands dossiers du CMCI. Depuis la désertion du bureau du conseil par la grande majorité de ses membres, il est resté discret, mais répondait présent chaque fois que nos compatriotes avaient besoin de lui. Ainsi lors des opérations de rapatriement des Maliens de Côte d’Ivoire vers le bercail, au moment où le pays d’accueil traversait une période de crise, il a aidé dans l’ombre plusieurs familles à regagner dignement leurs parents.

Sa Force : Contrairement à son rival Tanapo, Hamet écoute son prochain et bien que n’étant pas un intellectuel, il est ouvert à tous ceux qui veulent composer avec lui. Diawara sait se mettre en cause dès qu’il se sent en erreur. Dans sa déclaration de candidature adressée aux structures, il a promis d’être « une aiguille pour coudre le tissu social » de notre communauté déchiré par les querelles intestines alimentée par le Président sortant. Mais force est de reconnaître qu’il tire son plus grand avantage dans le soutien dont il bénéficie de la part de la majorité des structures votantes.


Ses Faiblesses
: Beaucoup de gens lui reprochent le fait d’avoir appartenu au même bureau que son rival Tanapo. Il répond en disant qu’il ne peut pas porter le chapeau de l’échec du bureau à la place de Tanapo qui ne concédait rien à ses Vice-Présidents. D’ailleurs, il se dit ne pas être le seul dans ce cadre là. On lui reproche également d’être trop méfiant. Si bien que ceux qui veulent l’aider gardent instinctivement leur distance vis-à-vis de lui. Malgré tout, il compte glaner le maximum de voix pour bouter hors du fauteuil son rival direct qu’est le Président sortant.

Camara Mahamadou : Le candidat de la Coordination des associations maliennes de Côte d’Ivoire

De tous les candidats, il est celui qui a le bon profil, pour la simple raison qu’il est intellectuel. Issu des rangs de l’Association des Cadres Maliens de Côte d’Ivoire (ACAMCI) dont l’actuel Ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies était la Trésorière, Camara a fait partie des membres du premier bureau élu en1997. Il figurait également dans le bureau de 2000. Il a participé à l’élaboration des nouveaux textes du HCME à Bamako. Ce qui veut dire que l’homme a une connaissance parfaite des rouages du HCME et du CMCI.

Dans sa lettre de candidature adressée aux structures associatives, il promet de s’atteler à faire revenir l’entente et la confiance entre les Maliens de Côte d’Ivoire. Tout en se disant prêt pour le changement, il veut faire du Conseil des Maliens un véritable outil de développement.

Sa Force : Depuis la création du Conseil des Maliens de Côte d’Ivoire, tout le monde appelle de ses vœux la venue à la tête d’un intellectuel, tellement les gens en ont eu marre des errements du bureau sortant. Et un homme de la trempe de Camara qui a déjà fait ses preuves avec la création de la coopérative Diasporaction et du journal « TOUNKARANKE », est vraiment ce que tout le monde demande. Il entretient de bons rapports avec les structures avec lesquelles il compte travailler.

Ses Faiblesses : Camara Mahamadou a un gros handicap qui risque de lui jouer un vilain tour. Il s’agit de la présence dans son entourage immédiat de quelqu’un qui serait un très grand manipulateur et qui influe sur toutes les décisions prises par le futur candidat, exactement comme Tanapo. En plus de cela, l’homme aime être trop solitaire dans tout ce qu’il fait. Le travail d’un bureau se faisant de façon collégiale, a-t-il une chance de damer le pion aux deux précédents candidats ? L’avenir le dira.

En plus de ces trois candidatures, d’autres et non des moindres sont annoncées. Pour le moment, on attend de voir. Quant à la commission préparatoire, elle poursuit son travail chaque soir dans la salle de réunion de l’Ambassade et aucune question n’est taboue. Le chargé d’affaires, à la vue des travaux de trois jours, ne semble pas se laisser distraire par les ennemis de la paix. Pour lui, on applique les statuts et Règlement Intérieur soutenus par la feuille de route du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur.

De GILDAS, Correspondant
à Abidjan

13 février 2008.