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Au fur et à mesure qu’on s’approche de la date du renouvellement du bureau de la Fédération Malienne de Football, les masques commencent à tomber sur les auteurs de pratiques illicites susceptibles de mettre le sport-roi en danger.

Aussi, on commence à découvrir le vrai visage de certaines personnes dites assoiffées d’argent facile et prêtes à tout manigancer, uniquement pour se remplir les poches. Et aujourd’hui, tous les yeux et les doigts sont braqués et pointés sur une seule personne qui serait un ancien responsable sportif du pays.

Les raisons d’une telle manoeuvre ?

Selon nos sources, cet ancien responsable sportif, qui avait fait de beaux temps, n’a jamais pu digérer le fait que l’actuel bureau fédéral ait refusé de satisfaire certaines de ses exigences. Pourtant, selon certaines indiscrétions, il avait participé pleinement et activement au succès de ce bureau fédéral en 2005 et en 2006, respectivement à Bamako et à Ségou.

Tout est parti du choix de l’entraîneur adjoint des Aigles. En effet, ledit ancien responsable sportif aurait proposé son protégé, mais les responsables du bureau fédéral n’ont pas voulu l’imposer à Stephen Keshi. “Nous ne pouvons pas imposer à Keshi de prendre tel ou tel entraîneur parmi les quatre proposés. Donc, Keshi a estimé qu’il peut travailler avec Madou Coulou, pour l’avoir connu en 1999 et 2001, au Nigéria et en Ethiopie”, a révélé un membre du bureau fédéral.

Non content du fait que le choix n’a pas été porté sur son protégé, l’ancien responsable sportif a juré de destabiliser ses amis d’hier (les membres du bureau fédéral) devenus aujourd’hui ses ennemis jurés. Depuis lors, pour nuire à l’actuel bureau fédéral, il a décidé de passer à la vitesse supérieure en saisissant toutes les occasions. Ainsi, lors d’une réunion, il aurait naïvement déclaré, devant certains responsables, que tant qu’il vivra au Mali, il fera partir “ces gens“ (les membres du bureau fédéral) qu’il qualifie de “traîtres“.

Il prendra ainsi attache avec tous les adversaires, déclarés ou non, de la FEMAFOOT, en leur proposant… des espèces sonnantes et trébuchantes. Il leur aurait fait croire que ces sommes servaient de frais de campagne pour des ligues et présidents de clubs, à Bamako et à l’intérieur du pays. Notre ancien responsable sportif ne se serait pas seulement limité à ses adversaires déclarés ou cachés du bureau fédéral.

Selon nos sources, il a contacté un haut cadre de l’administration, pour que ce dernier lui “prête ” 20 millions de FCFA, contre un poste à la FEMAFOOT. Mais ce dernier l’a gentiment éconduit. Ensuite, il s’est tourné vers un autre richissisme de la place qui lui a offert plus de 10 millions de FCFA. Et il serait toujours à la recherche d’éventuels personnes qui pourraient tomber dans son piège.

Selon toujours nos sources, cet ancien responsable sportif, qui pense toujours être un faiseur de rois, se trouve, en fait, sous contrôle judiciaire. En effet, il devrait de l’argent à deux créanciers, dont un a été réglé. Mais devant sa lenteur à régler son deuxième créancier, ce dernier aurait porté plainte auprès du Procureur de la République qui a aussitôt autorisé sa mise sous mandat de dépôt. Il a fallu l’intervention de certaines personnes influentes pour que cet ancien responsable sportif ne séjourne à la prison centrale de Bamako.

C’est ainsi qu’il sera libre, mais sous contrôle judiciaire. Ce qui le pousserait à racketter les personnes assez naïves pour croire en lui, dit-on. D’ailleurs, pour étouffer cette affaire auprès du Procureur de la République, il aurait sollicité l’aide d’un haut fonctionnaire de l’Etat. Mais face à l’intransigeance du Procureur qui a même menacé ledit haut fonctionnaire, ce dernier aurait complètement renoncé.

Aussi, un délai d’un mois lui aurait été donné par la justice pour mettre son créancier dans ses droits. Au cas contraire, la justice se réserverait tout son droit d’agir. C’est donc pour se sortir des griffes de la justice que l’ancien responsable sportif agirait ainsi. Une manière d’obtenir la somme nécessiare pour régler ses dettes?

Si c’est le cas, on comprend, dès lors, que ce n’est pas pour le bonheur du football que cet ancien responsable agit de la sorte, mais pour ses propres intérêts. Ce qui est vraiment dommage, quand on sait qu’aujourd’hui, tous les autres pays ont décidé de s’investir pour faire avancer cette discipline favorite. C’est qu’en plus d’être un outil de cohésion, d’entente et de paix entre les enfants d’un même pays, le football est devenu surtout une entreprise.


Une prise de conscience et un sens du patriotisme sont nécessaires

Pour tous les acteurs du ballon rond, une prise de conscience et un sens du patriotisme sont donc nécessaires, sinon essentiels, pour sortir cette discipline la plus populaire de sa torpeur et de sa morosité. Car on ne vient pas aux affaires pour en faire une propriété privée. On n’y vient pas non plus par une voie d’instabilité, pour ensuite crier à la trahison et aux combines.

Le mal, dans tout cela, c’est que certaines personnes qui, jadis, ont été incapables d’être à la hauteur des missions qui leur étaient confiées, sont aujourd’hui en train de crier à hue et à dia pour revenir aux affaires du sport.

Conséquence : le torchon est en train de brûler entre certains joueurs et cadres de l’équipe nationale et ces anciens responsables qui veulent revenir. Tout cela, à cause des rackets et diffamations calomnieuses entrepris à l’endroit de ces joueurs et cadres, après leur refus de céder au chantage desdits prétendants au retour. Pire, pour obtenir gain de cause, ces derniers se livreraient à une sorte de “prostitution” auprès des joueurs.

Il est temps que les responsbles sportifs ouvrent les yeux pour s’inspirer des modèles ivoirien et camerounais. En effet, tout le monde a pu constater la fibre patriotique de ces Ivoiriens et Camerounais, lors de la CAN 2008 qui s’est jouée au Ghana. Ainsi, malgré leurs divergences de vue, on a quand même pu admirer la symbiose d’unité des anciens joueurs et responsables de la Côte d’Ivoire et du Cameroun autour de leurs équipes nationales respectives.

Les autorités sportives interpellées

Il est temps que l’Etat et le ministère des Sports démasquent ces fauteurs de troubles, et qu’ils mettent fin aux sales besognes. Sinon le football ne sortira jamais de ses difficultés, malgré les moyens colossaux qui y seront investis. Et quand on pense que le budget du ministère est à 98% investi dans le seul football, sans oublier les contributions et efforts personnels du Président de la République, il est temps que les autorités maliennes y aient un droit de regard, sans pourtant imposer qui que ce soit à la tête de la FEMAFOOT.

Comme le dit l’adage, “aucune oeuvre humaine n’est parfaite, quelle que soit la volonté des hommes de bien faire”. Un adage qui sied parfaitement à tout le monde. Mais au Mali, on confond le plus souvent campagne électorale et dénigrements réciproques. Si bien que le football malien, qui n’est pas exempt de telles irrégularités, court vers un danger, du fait même des querelles sans objet qui n’ont donc rien à voir avec l’avancée du sport malien.


Sadou BOCOUM

30 Juillet 2008