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Commencé depuis le 1er avril 2008, le processus de renouvellement des structures de l’ADEMA se poursuit cahin-caha. Quatre mois après, sur les 55 sections, seulement 17 ont été renouvelées. La principale conséquence découlant du retard pris dans le renouvellement des structures de base a été le report de la date du congrès ordinaire.

Ce congrès qui devait se tenir en fin juillet 2008 a été reporté en octobre prochain. A l’heure actuelle, rien ne présage que cette date sera maintenue puisque la condition sine qua non de la tenue du congrès est le renouvellement des sections. La machine de l’ADEMA n’est-elle pas grippée ?

Le renouvellement des structures, un préalable au congres

Annoncé pour la fin de ce mois de juillet, c’est finalement les 24, 25 et 26 octobre prochain que l’ADEMA-PASJ tiendra son congrès ordinaire. Du moins si l’on s’en tient à la décision prise par le Comité Exécutif(C.E) du parti à l’issue de sa réunion du vendredi 4 juillet 2008 à son siège, situé à Bamako-Coura.

Depuis bientôt quatre mois, il y a des bourdonnements dans la ruche au rythme des préparatifs du prochain congrès. C’est une lettre circulaire n°138 du 31 mars 2008 adressée aux secrétaires généraux des sections qui a donné le ton au renouvellement des structures de base, un préalable au congrès.

Par lettre circulaire n°138 datant du 31 mars 2008, le président du Comité Exécutif (C.E) de l’Alliance pour la Démocratie au Mali-Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (ADEMA-PASJ), M. Dioncounda Traoré a informé ses camarades secrétaires généraux des sections de la période de renouvellement des structures du parti.

La période qui avait été retenue au départ va du 1er avril 2008 au 31 mai 2008. A cette date, moins d’une dizaine de sections sur 55 ont pu tenir leur conférence de section. Le président de l’ADEMA fut obligé de fixer une autre. Un mois de sursis a été accordé aux sections qui n’ont pas pu être renouvelées.

Une autre lettre circulaire de Dioncounda invita les secrétaires généraux des sections à poursuivre le processus de renouvellement des structures du parti jusqu’au 30 juin 2008.

A la date du 4 juillet dernier, pas plus de 12 sections ont été renouvelées. Ce jour-là, lors d’une rencontre du C.E-ADEMA tenue au siège du parti sous la présidence de Dioncounda Traoré, décision a été prise de renvoyer la date du congrès à fin octobre 2008. D’ici là, les sections ont tout le temps pour se faire renouveler.


Seulement 17 sections sur 55 ont été renouvelleés

L’ADEMA compte 55 sections sur toute l’étendue du territoire national. Ce chiffre correspond au nombre de circonscriptions électorales dans les 49 cercles du pays plus les 6 communes du District de Bamako. A la date du 29 juillet 2008, seules 17 sections sur 55 ont été renouvelées. Les sections déjà renouvelées sont: Ségou, Niono, Bougouni, Douentza, Bankass, Koro, Ansongo, Bandiagara, Kolokani, Banamba, Djenné, Diéma, plus les Communes IV, II, III, I et VI du District de Bamako.

Si certains secrétaires généraux de ces sections n’ont pas eu de la peine à se faire élire comme se fut le cas pour Zakaria Dembélé de la section de Ségou,Tiémoko Sangaré à Bougouni, Yacouba Diallo en Commune VI, Ouali Diawara en Commune I, Sékou Diakité en Commune II, entre autres, tel ne fut pas le cas pour d’autres.

En Commune III par exemple, l’élection de Adama Sangaré comme secrétaire général de la section s’est déroulée sous un climat très tendu. La conférence de section a duré plus de 7 heures (11 heures 18 heures). C’est finalement aux environs de 18 heures 30 que le bureau a pu voir le jour.


A Kita, la troisième fois sera t-elle la bonne?

A Kita, la section Adéma n’a pas pu être renouvelée jusqu’à ce jour à cause des divergences entre deux camps: l’un dirigé par le président du Conseil de cercle de Kita, M. Moustapha Sissoko, et l’autre piloté par Makan Aliou Tounkara, 2ème secrétaire administratif du CE et secrétaire général sortant de la section Adéma de Kita.

Une deuxième tentative pour le renouvellement de la section a échoué le week end dernier. Les émissaires du C.E pour la supervision ne doivent-ils pas s’assumer la troisième fois si d’ici là les protagonistes n’arrivent pas à s’entendre?

Comment la machine de l’ADEMA a été grippée

Le fait d’avoir plusieurs fers au feu serait à la base du retard pris dans le processus de renouvellement des structures de l’ADEMA. Le président du parti, dans sa lettre n°138 du 31 mars 2008 a, à la fois demandé aux militants et responsables du parti la poursuite des actions politiques tendant à l’enregistrement de nouvelles adhésions dans le parti et à assurer une bonne préparation du prochain congrès par la prise en charge de nouvelles adhésions.

Puisque l’ADEMA voulait se faire plus grand que tous les partis politiques réunis au Mali, Dioncounda et ses camarades ont privilégié de faire la court aux nouveaux arrivants au détriment du processus de renouvellement des structures du parti. Ils ont réussi à faire adhérer le RND de Me Abdoulaye Garba Tapo, le PUDP de feu Maribatrou Diaby, le PDCI-Farafina Dambé (partis politiques), et l’indépendant FARAKO de la comme III (association) à leur cause.

Ces partis politiques et association se sont dissous dans l’ADEMA. Et pourtant, dans sa rage d’avaler tout, des partis politiques comme l’UDD ou le PCR ont refusé de s’auto détruire au profit du PASJ. L’association AMRE-ATT a à son tour résisté à la boulimie de l’ADEMA.

La majorité des membres du bureau politique national de cette association a refusé d’adhérer dans l’ADEMA même si son président actif a décidé de trahir la cause de ses anciens camarades. C’est ce qui a fait que le congrès n’a pas pu se tenir en juillet, et entre temps, l’hivernage s’est installée. Puisqu’au Mali, plus de 80% de la population vivent en milieu rural, il est donc sage de laisser les paysans dans leurs champs.

Dans ces conditions, le congrès de l’ADEMA pourra-t-il se tenir en octobre prochain?


Daba Balla KEITA

30 Juillet 2008