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Le renouveau de l’action publique, décidément à la pointe de l’actualité, n’intéresse plus seulement le gouvernement, mais l’ensemble des composantes de la vie nationale, principalement le secteur privé malien.

Le Premier ministre Modibo Sidibé était, à cet effet, l’invité du Cercle de l’entreprise et de l’initiative sociale, pour animer le thème : « Renouveau de l’action publique et dynamisation du secteur privé ».

C’était avant-hier samedi 24 mai 2008, en présence du ministre des finances, Abou Bakar Traoré, du ministre de l’économie, de l’industrie et du commerce,

Ahmadou Abdoulaye Diallo, de la porte parole du gouvernement, Mme Diabaté Fatoumata Guindo et d’un parterre d’opérateurs économiques, d’avocats, de juristes et de journalistes. Au cours des débats, les procédures de passation des marchés publics ont été fortement décriées.

Bâtir des entreprises compétitives au Mali et permettre l’émergence d’entrepreneurs modernes, porteurs d’éthiques et solidaires ; contribuer à l’amélioration d’un environnement des affaires favorable au développement de l’entreprise malienne et à la croissance économique et sociale, tels sont les objectifs du CEIS, crée en 2007.

Le président du CEIS, Mamadou N’Diaye, a salué l’initiative du gouvernement de faire du secteur privé l’un des principaux vecteurs de sa stratégie de recherche de la croissance économique.

Et le Renouveau de l’action publique est une des manifestations de cette volonté. Si l’on sait que les services publics sont rendus aux acteurs privés, on comprend toute l’importance de la rencontre entre le Premier ministre et les chefs d’entreprises.

Modibo Sidibé dit avoir accepté l’invitation du CEIS pour deux raisons. Primo, il partage les objectifs que s’est fixé le cercle.

Secundo, c’est un signal fort que le chef du gouvernement débatte avec les chefs d’entreprises.

Le Premier ministre a rappelé à l’auditoire le contenu du Renouveau de l’action publique, à savoir la ponctualité, le bon accueil, la diligence dans le traitement des dossiers, l’utilisation rationnelle des ressources et des biens de l’Etat, le partenariat avec les usagers.

Les débats ont porté sur un certain nombre de sous thèmes tels que la passation des marchés publics, les recours contre l’administration, l’offre et la qualité des services publics.


Les opérateurs économiques pensent qu’il y a un accès inéquitable aux marchés publics.

En effet, dans les procédures d’octroi ou de passation des marchés publics, les services des marchés publics se soucieraient beaucoup plus du respect des formes exigées pour attribuer un marché public que de rechercher véritablement le plus apte à exécuter et la création de valeurs ajoutées nationales.

Il s’ensuit une marginalisation des privés maliens au profit des étrangers qui sont soutenus et appuyés par leurs pays respectifs.

Le Mali ressemble ainsi à un pays qui voit prospérer les entrepreneurs étrangers avec l’argent du contribuable malien. La question de pièces administratives et de leur régularité est très souvent source de discorde en matière de marchés publics. Alors, que prévoit le Renouveau de l’action publique ? se demandent les opérateurs économiques.

En réponse à cette question, le PM dira que l’un des points essentiels du Renouveau de l’action publique, c’est la transparence.

Modibo Sidibé informera des reformes en cours par rapport à la Direction générale des marchés publics pour alléger ses pouvoirs et la décentraliser.

Il est prévu la création d’une Autorité indépendante de régulation placée sous l’autorité du Premier ministre. Elle sera composée de 3 membres de l’administration, 3 du secteur privé et 3 de la société civile.

Par ailleurs, la publication des résultats est obligatoire, sans oublier que chaque département va rendre publics, en début d’année, tous les appels d’offres. Et puis, des mesures existent pour favoriser les entreprises maliennes.
Cependant, Modibo Sidibé invite celles-ci à être plus performantes afin d’être compétitives face aux entreprises étrangères.


Sékou Tamboura

26 Mai 2008