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Un consortium de banques maliano-burkinabé finance le projet SOPAM à hauteur de 14 milliards de F CFA


La Banque internationale pour le Mali (BIM-SA), la Bank of Africa Mali, la Banque nationale pour le développement agricole (BNDA), Ecobank-Mali, la Banque malienne de la solidarité (BMS), Burkina Bail et la Banque internationale du Burkina, réunies au sein d’un consortium, ont accordé à la SOPAM la bagatelle de 14 milliards de F CFA pour le financement du projet d’acquisition, d’installation et d’exploitation d’une centrale thermique de 56 Mw au Mali. Le site de la centrale, où les travaux de construction battent leur plein, a reçu, le samedi 1er septembre, la visite du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Ahmed Diane Séméga. Il était accompagné, pour la circonstance, par Mamadou Igor Diarra, PDG de la BIM-SA et non moins chef de file et agent arrangeur du consortium et le promoteur de la SOPAM, Sogli Mohamed.

Aujourd’hui, la crise de l’électricité constitue une préoccupation générale au Mali. Au-delà du gouvernement qui se démène comme un beau diable pour assurer aux populations, l’électricité, les banques maliennes n’entendent pas rester passives. Ainsi, certaines d’entres elles, se sont engagées à apporter leur appui financier à la SOPAM-énergie SA, une société de droit malien pour l’acquisition, l’installation et l’exploitation d’une centrale thermique de 56 Mw au Mali. La BIM-SA a mis dans le projet 6 milliards de F CFA, la Bank of Africa Mali, 3 milliards. La BNDA et Ecobank-Mali ont contribué chacune à hauteur de 2 milliards de F CFA. La Banque malienne de solidarité BMS-SA a, de son côté, déboursé 500 millions F CFA. Dans ce financement, les banques burkinabés ne sont restées en marge. La Banque internationale du Burkina (BIB) y a investi 4 milliards de F CFA et Burkina Bail, un demi milliard de F CFA. Le cumul des prêts accordés à la SOPAM s’élève ainsi à 14 milliards de F CFA.

Après la levée des conditions suspensives, la mise en place du crédit moyen terme est intervenu le 5 mars 2007. A la même date, l’ouverture du crédit documentaire devant servir à l’acquisition des cinq groupes constitutifs de la centrale et leurs accessoires était effective.

Les groupes sont de types SULZER 16zav40s de puissance unitaire de 11, 52 Mw, 500 tr/mn, 132 tonnes. Ils sont de fabrication européenne (Française). Les alternateurs sont des GEC Alsthom, type 256 100, 14000 KVA, 500 tr/mn, 50 Hz, 10.5 KV et 40 tonnes.

SOPAM mettra à la disposition d’EDM-SA, 350 400 Mwh pendant 5 ans

En ce qui concerne la qualité technique et opérationnelle de cet ensemble, elle a été certifiée par une équipe d’experts dépêchée en Chine sur le site initial de la centrale. Elle était composée des éléments du GPS Gmbh, une société allemande, d’EDM-SA, de la Commission de régulation de l’eau et de l’électricité (CREE) et du ministère des Mines de l’Energie et de l’Eau.

Le projet mettra à la disposition d’EDM-SA une quantité d’énergie estimée annuellement à 350 400 Mwh pendant les cinq ans que durera le contrat de concession signé entre les deux parties, le 3 janvier 2007. En attendant l’arrivée des machines sur le sol malien, les travaux de construction de la centrale battent leur plein sur le site situé à Sirakoro Méguétana. Les bulldozers sont en train de déblayer le terrain et les maçons poser les fondements.

Ahmed Diane Séméga, ministre des Mines, de l’Energie et l’Eau, à la tête d’une forte délégation, a visité samedi 1er septembre le chantier. Pour la circonstance, il était accompagné par Mamadou Igor Diarra, PDG de la BIM-SA, Sékou Alpha Djittèye, DG EDM-SA et le promoteur de la SOPAM-énergie, Sogli Mohamed.

Dans la foulée de la visite, le ministre et sa suite ont échangé sur la lenteur enregistrée dans l’exécution des travaux. Car la SOPAM entend mettre le courant à la disposition de l’EDM-SA en juin 2008.

Le ministre Séméga a exprimé son inquiétude de voir le courant produit par la SOPAM arriver après les mois de mars-avril, période de forte chaleur, où la demande est très forte.

Sogli Mohamed de répondre que le retard dans l’exécution des travaux s’explique, en grande partie, par la lenteur administrative.

Quant à Mamadou Igor Diarra, il a soutenu la nécessité d’un accompagnement diplomatique dans l’exécution de ce projet. Il est à préciser qu’aujourd’hui la SOPAM éprouve d’énormes difficultés pour faire entrer ses matériels sur le territoire malien.

Elle n’est pas en train de bénéficier des mesures d’exonération que la loi malienne accorde aux investisseurs désireux de s’installer au Mali. En tout état de cause, tout doit être mis en œuvre pour la réalisation de ce projet qui permettra aux populations de vivre à l’abri des délestages avant l’aboutissement du projet d’interconnexion électrique avec la Côte-d’Ivoire.


Abdoul Karim KONE

03 septembre 2007.