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Le ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, Sadio Gassama a présidé le mardi, 31 mars à l’hôtel Salam, la cérémonie officielle de démarrage du programme de gouvernance partagée de la sécurité et de la paix.

A côté de Sadio Gassama, on notait la présence de nombreux membres du gouvernement, du gouverneur du District de Bamako, les représentants de la société civile…


Le contexte de la rencontre

Les 21, 22 et 23 novembre 2005, se tenaient dans les mêmes locaux de l’hôtel Salam les assises nationales des Etats généraux de la sécurité et de la paix avec la participation de l’ensemble des composantes de la société malienne et des représentants des pays frères et amis. Ces Etats généraux ont été initiés suite aux nombreux et complexes problèmes de sécurité qui se posaient à la nation et pour lesquels il fallait, de toute évidence, des ripostes appropriées sur la base d’une approche participative.

A la suite des travaux, cent vingt sept recommandations, toutes pertinentes, ont été prises, ce qui a été une plate forme consensuelle et une véritable réforme du secteur de la sécurité avec pour point d’ancrage la bonne gouvernance et la promotion de la sécurité humaine. Ces Etats généraux ont été financés avec le programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).


Reconnaissance des actions du PNUD

Le ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, pour la circonstance, a exprimé solennellement la profonde reconnaissance du gouvernement malien à l’endroit du PNUD pour les efforts soutenus qu’il déploie en direction du Mali.

Singulièrement dans les domaines de la gouvernance démocratique, de la lutte contre la pauvreté, de l’énergie, de l’environnement et de la lutte contre le VIH/Sida.

Le ministre est également conscient que la majeure partie des ressources du PNUD va au renforcement des capacités en matière de gouvernance au profit des couches les plus déshéritées. Les autres partenaires ont été exhortées à s’engager dans la dynamique, car sans sécurité, les efforts de développement se trouvent gravement compromis.

La philosophie du gouvernement qui est de faire en sorte que l’environnement des investissements soit sécurisé pour accélérer la croissance, vise aussi la promotion des droits humains, dont le premier est naturellement le droit à la vie, à la sécurité et à l’intégrité physique. Cette dernière conditionne la jouissance des autres droits : droit à la propriété, droit à l’instruction, au travail, au logement, à la liberté de circuler, d’association.

Le rôle centrale de la gouvernance de la sécurité

La gouvernance de la sécurité est un maillon non négligeable de la gouvernance démocratique or, la bonne gouvernance est le chemin le plus sûr pour en finir avec la pauvreté et soutenir le développement.

L’objectif du gouvernement à travers ce programme est de privilégier la culture de la paix et l’éducation à la citoyenneté en termes de droits et de devoirs, pour que chaque individu jouisse pleinement de ses libertés, mais aussi pour que force reste à la loi.

Les questions de paix et de sécurité figurent en bonne place dans le cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté. Au regard de cette situation le gouvernement du Mali veillera à ce que la dimension sécurité soit prise en compte dans tous les projets et programmes de développement.

Le caractère universel de la paix


Le ministre a en outre prévenu :
La sécurité humaine est en même temps universelle; elle concerne tous les Etats, petits ou grands, riches ou pauvres. C’est pourquoi je demeure convaincu que la sécurité collective de nos Etats est au prix d’une coopération pragmatique alliant le principe de la souveraineté nationale avec les impératifs de globalisation.

Le président de la République du Mali, l’a vite compris en appelant de tous ses voeux la convocation d’une conférence sur la sécurité dans l’espace sahélo-saharien. Le Sahara, vaste territoire de plus de neuf millions de kilomètres carrés, est aujourd’hui le repaire par excellence de l’aristocratie du crime organisé, notamment les violences gratuites contre les paisibles ressortissants étrangers, le trafic de la drogue, des armes de guerre, de la cigarette, les réseaux de migrations illégales”.


Les domaines d’intervention

Le programme de gouvernance partagée par la sécurité et la paix qui a pour objectif de contribuer à la création d’un climat de sécurité, de paix et de stabilité, en favorisant le développement humain durable intervient dans les domaines suivants : le renforcement des capacités des services de sécurité, de la société civile et du secteur privé, en matière de gouvernance de la sécurité ; la promotion de la culture de la paix et de la sécurité.

L’appui à la prévention et à la gestion des conflits communautaires ; le renforcement des capacités en prévention et gestion des catastrophes naturelles.

L’appui à la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre, l’appui à la lutte contre la migration clandestine et le trafic des migrants ; l’élaboration et la mise en oeuvre d’une stratégie de communication pour une sécurité partagée et décentralisée ; l’appui à la consolidation de la sécurité et de la paix dans le Nord-Mali, notamment dans la région de Kidal.

La première phase du programme est conçue pour une durée de trois ans, soit de 2009 et 2011. Les activités du programme couvrent l’ensemble du territoire national, avec un accent particulier sur les régions du Nord-Mali.

Le “programme gouvernance partagée de la sécurité et de la paix” est placé sous la tutelle du ministère de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile (MSIPC). La mise en oeuvre technique du programme est assurée par une équipe légère de 7 membres.

Joseph Bill Cataria, représentant résidant du PNUD a soutenu que le programme permettra d’amoindrir la crise qui prévaut dans le septentrion malien. Pour ce faire, il a demandé l’implication de tous les acteurs.

Mamoutou DIALLO

01 Avril 2009