Partager

Le Président par intérim Dioncounda Traoré, a été le principal conférencier de la Session thématique V (Renforcement de la construction de la paix) du forum Afrique- Japon, dont le thème générique était « Main dans la main avec une Afrique dynamique ». C’était dans la matinée du dimanche 2 juin, en présence du Premier ministre japonais, du Commissaire à la stabilité et à la paix de l’UA et de nombreux chefs d’Etat.

Dans son exposé, il a d’abord rappelé ce qui s’était passé au Mali, la bonne marche de la Transition, la situation sécuritaire du pays et la tenue prochaine du scrutin présidentiel, prévu pour le 28 juillet.
Ensuite, il a développé les enseignements tirés de la crise. Il s’agit désormais pour le Mali, selon lui, d’avoir une armée disciplinée, républicaine et bien formée, pour faire face à des éventuelles menaces. Il s’agit également d’envisager de bâtir une armée sous-régionale, peut-être même africaine, prompte à réagir à tout moment aux menaces.

Ce n’est pas tout. Pour Dioncounda Traoré, la paix est tributaire de la bonne gouvernance, donc point de construction de la paix sans bonne gouvernance et sans développement. La paix est pour Dioncounsa la première infrastructure à bâtir, les autres viendront après. En outre, il a insisté sur le processus d’intégration, facteur de développement, d’entraide et de solidarité.
Pour terminer, le Président par intérim du Mali a déclaré « l’espoir est permis pour l’Afrique, pour la région sahélo-saharienne. Le Japon symbolise cette victoire ». La salle éclatera en applaudissements.
Au cours des débats, 32 intervenants (dont Blaise Compaoré, Macky Sall, Alassane D. Ouattara, Ben Salah des Comores, Mohamed Bazoum du Niger, le ministre français en charge de la Coopération, le représentant de l’UE, le Commissaire de l’UA en charge de la stabilité et de la paix…) ont abondé dans le même sens. Certains ont rappelé l’apport de leur organisme dans la crise malienne, d’autres ont soutenu que la force d’intervention africaine avait trop tardé à se mettre en place. Tous sont d’accord pour le renforcement des institutions, à travers le binôme sécurité – développement et « l’adaptation aux mutations du monde » pour reprendre le Président Macky Sall.

Auparavant, le Premier ministre nippon était intervenu pour annoncer une aide de 100 milliards de yens sur 5 ans, destinée au développement et à la formation de 200 personnes, pour le renforcement de la sécurité et la lutte contre le terrorisme au Sahel. Il a en outre, rappelé que c’était en janvier dernier, lors de la prise d’otages de plusieurs Japonais en Algérie, que son pays avait pris conscience du fait que la prospérité de l’Afrique passait par la stabilité du Sahel. C’est pourquoi il souhaite ardemment la paix et la stabilité dans cette région et invite les Africains à travailler maintenant avec le Japon, ensemble, main dans la main, pour atteindre cet objectif.

Par ailleurs, la 5èmè conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD V) a pris fin le lundi 3 juin, sous la co-présidence du Premier ministre Abé et du Président en exercice de l’UA. Au cours des trois jours de discussions, l’accent a été mis sur la croissance de l’Afrique et deux documents importants ont été adoptés: la Déclaration de Yokohama 2013 et le Plan d’action de Yokohama 2013 – 2017. « Main dans la main avec une Afrique dynamique », c’est bien parti. La prochaine rencontre sera organisée dans un pays africain, continent sur lequel, d’ici là, le chef de l’Exécutif japonais souhaite vivement se rendre.

Chahana Takiou, depuis Yokohama

22 Septembre du 6 Juin 2013

– ——————————– ———————————–

Le Premier ministre nippon au Président Dioncounda Traoré : «Nous avons besoin de votre soutien pour les JO de 2020»

En marge de la 5ème Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD), le Président par intérim, Dioncounda Traoré, a eu un programme très chargé, avec de nombreux entretiens avec diverses personnalités. La dernière à être reçue fut le Premier ministre japonais, Shinzo Abé, le dimanche 3 juin, trois quarts d’heures avant la cérémonie de clôture du forum Afrique – Japon « Main dans la main avec une Afrique plus dynamique ».

Le Chef du gouvernement japonais a, au cours de l’entretien, réitéré son soutien au Mali, rappelant que son pays fournira une aide de 100 milliards de yens sur 5 ans pour stabiliser et assurer le développement du Sahel. Il a ensuite demandé au Président Dioncounda Traoré le soutien du Mali au Japon pour abriter les jeux olympiques de 2020. Ce n’est pas tout. Il souhaite que le Mali appuie également son pays aux Nations Unies dans sa quête d’un siège au Conseil de sécurité.
Enfin, Shinzo Abé a remercié Dioncounda Traoré pour sa participation à la TICAD V et pour sa brillante contribution à la session thématique relative au renforcement de la construction de la paix.

En retour, le chef de la délégation malienne a dit merci au PM japonais pour son soutien au Mali, au Sahel et à l’Afrique. Avant de demander le retour à Bamako du personnel diplomatique de l’ambassade du Japon, installé depuis les événements à Paris. Son interlocuteur lui a promis de donner les instructions nécessaires afin de rétablir le pont et de redynamiser la coopération entre nos deux pays.
Les autres personnalités reçues par le Pr Traoré furent, entre autres, le Secrétaire général de l’ONU et le patron du Haut Commissariat aux Réfugiés. Le premier s’est réjoui des avancées enregistrées au Mali avec la mise en place de la Commission Dialogue et Réconciliation ainsi que de la nomination de Tiébilé Dramé, l’émissaire du chef de l’Etat pour nouer le dialogue avec le MNLA. Il l’a également félicité pour les préparatifs en cours de l’élection présidentielle, que Ban Ki Moon a souhaité bien organisée, dans la plus grande transparence.

Quant au Haut Commissaire aux Réfugiés des Nations Unies, il était venu défendre le droit des réfugiés maliens et encourager le Mali dans la voie d’une solution politique à la crise, notamment l’organisation des élections, la protection des personnes vulnérables et le retour de celles qui se sont déplacées ou exilées pour qu’elles vivent dignement dans leur pays.
Interrogé à sa sortie d’audience sur un vote éventuel des réfugiés, l’hôte du jour a laissé entendre que cela était possible, à condition que le Mali en face la demande et que les pays d’accueil donnent leur accord.

Chahana Takiou, depuis Yokohama