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La réunion du Premier ministre Cheick Modibo Diarra avec les ressortissants du nord a révélé l’impréparation de cette réunion.

Le constat d’une réunion non préparée a été établi par des contradictions entre certains propos du Premier ministre et de son Directeur de Cabinet. Des absences remarquées à cette rencontre, notamment l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga Pinochet, Choguel Maïga, Soumeylou Boubeye Maïga et bien d’autres qui sont des personnalités du nord Mali.

Cette rencontre était sans doute une initiative improvisée, non préparée. Avec peut-être comme seul objectif de donner le sentiment d’avoir fait quelque chose pour le nord. Et surtout d’avoir annoncé qu’il a été reconduit par le Président Dioncounda Traoré.

La Rédaction

Le Républicain du 13 Août 2012


Rencontre du Premier ministre avec les leaders communautaires du Nord : Une initiative attendue de longue date

Il s’agissait de prendre langue avec les chefs traditionnels pour cerner le terrain des négociations, comme première option de la libération des régions illégalement occupées

Chefs de fractions, leaders communautaires, politiques et personnalités influentes de nos trois régions septentrionales ont presque tous répondu présents à l’appel du Premier ministre, Cheick Modibo Diarra. La rencontre a eu lieu vendredi à la primature. L’objectif de ce premier contact officiel avec les invités du jour était de déblayer le terrain des négociations, comme première option avec les occupants illégaux des régions septentrionales du pays. La rencontre s’est déroulée en présence du directeur de cabinet de la primature, le professeur Oumar Konaté, son adjoint Abdoulaye Alkady Baby et Sidi Sosso Diarra, conseiller technique du Premier ministre. Il aura fallu environ deux heures pour se parler, s’écouter ou crever les aprioris. C’était un des objectifs de cette rencontre franche.

Visiblement, l’exercice a porté fruit car toute l’assistance s’est engagée à mettre son savoir-faire et son expérience au service de la recherche d’une paix durable. Annoncée pour 15h00, la rencontre démarrera avec un petit retard. Car, le PM était en entretien avec le président de la transition, le professeur Dioncounda Traoré. En attendant c’est le directeur de cabinet qui planté le décor de la rencontre. Celui-ci passe la parole à son adjoint Baby qui rappelle que les chefs de fractions, leaders communautaires, politiques et personnalités influentes « peuvent jouer un grand rôle dans les négociations » tout en renforçant « les canaux de communication tracés par le Haut conseil islamique du Mali ».

Selon Alkady Baby ces responsables du nord seront mis à contribution par étapes. La première consistera à contacter directement les occupants. C’est-à-dire les islamistes. La seconde concernera la sensibilisation et l’information. « On n’est pas encore dans les négociations, mais dans la phase d’ouvrir les canaux de communication avec ceux d’entre vous qui ont des contacts ou affinités avec les occupants », a précisé Alkady Baby.

« Nous sommes heureux de dire que nous sommes-là. Bien là pour dire que nous sommes prêts à accompagner le Premier ministre. Mais nous disons qu’il n’a pas beaucoup communiqué sur ses contacts lors de ses missions à l’extérieur et avec les mouvements armés… » dira le président de la communauté des arabes du Mali, Mohamed Mahmoud El Oumrany. Pour Baye Ag Mohamed cette rencontre aurait dû avoir lieu depuis longtemps « Cette démarche a beaucoup tardé et si ça continue toutes les mains seront coupées ». Il faisait allusion à la décision des occupants d’amputer des voleurs présumés. Pour l’honorable Nok Ag Attia, le travail préliminaire est de « réconcilier les cœurs et que chacun de nous s’éloigne de son mal ». À sa suite interviendra son homologue de l’Assemblée nationale, Baba Haïdara dit « Sandy ».

Celui-ci a salué « l’initiative » de la primature de donner la parole à tout le monde. Cependant, il a dit « nous voulons rester unis et que l’État le matérialise à chaque instant….même s’il y a problème dans la rue, nous souhaiterons qu’on parle le même langage au sommet de l’État ». Sidi Kounta, un notable de Tombouctou a demandé au Premier ministre de lancer un appel à tous les cadres du nord qui se sont mis à l’abri dans les pays voisins à cause de l’amalgame « Certains profitent de cette amalgame. Il faut que cela cesse d’abord avant de passer aux négociations ».

Mohamed Guindo, ancien président de l’assemblée régionale de Gao a demandé au PM de rattraper le temps perdu : « Il faut aller très vite sinon les populations se sentent abandonnées par les autorités. Indiquez-nous le point focal, nous vous dirons ce qu’il faut faire ». Alhassane Ag Mohamed Moussa, directeur national du contrôle financier estime que « les négociations doivent se faire en position de force » et que « l’option militaire ne doit pas être exclue ». L’ancien ministre Mohamed Ag Erlaf a souhaité que « l’exécutif soit le premier négociateur.

Je serai très à l’aise que l’exécutif confie les négociations à un ministère, qui a son tour sera renforcé par les compétences du nord ». Les cadres présents n’étaient pas que des hommes. Il y avait aussi des femmes qui ont aussi mis en relief le recrutement d’enfants dans les rangs des groupes armés. L’information vient de la présidente du Conseil de cercle de Tessalit, Aïcha Belco Maïga I. Mme Haïdara Aichétou Cissé, député élue à Bourem a rappelé que les occupants se sont substitués à l’Etat en approvisionnant les populations en eau potable, électricité….etc. Et Fatoumata Touré, une cadre de Gao d’ajouter : « il n’y a jamais eu de paix au nord, mais la signature d’accords sans lendemain.

On ne veut plus de ça encore ». L’ancien leader de la rébellion des années 90, Zeidane Ag Sidalamine a rappelé que « personne ne peut dire que rien n’a été fait par l’Etat pour justifier la récente rébellion armée avec en toile de fond le fondamentalisme religieux ». Après ces différentes interventions, le PM a dit sa disposition à travailler avec les élus du nord. Il a aussi fait une mise au point concernant certaines rumeurs et accusations sur ses relations avec le président de la transition : « Il n’y a pas de compétition ou cacophonie entre la présidence et la primature. Il n’y a pas de conflit entre le président Dioncounda et moi. Je répète encore qu’il n’y a pas de conflit d’hommes, mais c’est plutôt de la complémentarité dont le but final est le Mali ».

Lundi 13 août 2012, par Adama Diarra

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