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Après avoir signé les accords dits « d’Alger » le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné était lundi face aux responsables et représentants des partis politiques pour expliquer leur portée.

La rencontre de lundi dernier entre le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales avec les partis politiques avait pour objet de faire le point sur le processus d’élaboration de la loi électorale mais surtout de tenir informer l’ensemble de la classe politique sur tout le processus de négociation et de la signature des accords d’Alger entre les éléments insurgés le 23 mai dernier et le gouvernement.

Sur le sujet de la loi électorale général Kafougouna Koné a laissé entendre que le projet de loi sera adopté par l’Assemblée nationale au cours de sa session extraordinaire avant d’insister sur la nécessité de la mise en place de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Au sujet des événements du 23 mai dernier et des accords signés à Alger, Kafougouna Koné a voulu rassurer ses interlocuteurs. Selon le ministre, ces accords ne sont pas un Pacte national-bis et ne remettent pas en cause l’intégrité du territoire national. Il ne s’agit pas non plus d’accords de la honte, ni de braderie de la patrie. Le ministre a expliqué à ses interlocuteurs que le gouvernement a privilégié la voie politique par rapport à la solution militaire pour résoudre le problème afin d’éviter les pertes en vies humaines.

Selon Kafougouna Koné, les insurgés avaient formulé quatre revendications qui sont l’octroi d’une large autonomie de la région de Kidal, la réinsertion des ex-combattants, l’acceptation des soldats déserteurs de l’armée et l’emploi des jeunes.

Le premier point a été jugé non négociable, a indiqué le général Koné aux responsables des partis politiques. Pour ce qui est de la réinsertion des ex-rebelles, il est revenu sur les actions entreprises par l’Etat depuis la signature du Pacte national de 1992 à nos jours. Il s’agit notamment des fonds de démobilisation mis à disposition de chaque rebelle qui avait déposé son arme, des projets Parem et Car-Nord destinés à aider à la réinsertion socio-économique dans le privé à travers le montage des projets.

Ces projets n’ont pas donné les résultats escomptés à cause du faible taux de remboursement des fonds, néanmoins l’Etat a accepté de créer l’Agence pour le développement du Nord. Le MATCL a affirmé à la classe politique que la question de prise en compte des déserteurs sera résolue au cas par cas. Reste à savoir ce que cela veut dire.
Le ministre a poursuivi sa mission de restitution devant les partis politiques en affirmant que les accords d’Alger confirment l’intégrité du territoire national. Cette gestion des événements ne fait pas naturellement l’unanimité au sein de la société civile qui attend avec patience ce que réservent ces accords dans l’avenir. Après les partis politiques, le ministre est attendu à l’Assemblée nationale.

Denis Koné

12 juillet 2006