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En ce lundi matin, début de la semaine, les femmes, sous la houlette du Cadre de concertation des femmes des partis politiques (CCFP) dirigé par Mme Théra Korotimy Théra, a rendu une visite de contact et d’information à la première dame du pays, Mme Touré Lobo Traoré à son cabinet sis à Koulouba. L’objectif était de présenter le CCFP dans son ensemble.

La Constitution malienne permet au législateur d’encourager l’accès des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives et donne la mission aux partis politiques d’y contribuer.

A cet effet, plusieurs textes ont été adoptés pour favoriser la place des femmes dans la vie politique. Cependant, beaucoup d’efforts restent à accomplir en vue d’une parité plus complète. C’est fort de ce constat que les femmes des partis politiques, en accord avec les Etats-majors des principales coalitions et formations politiques du Mali avec l’appui du NDI (National Democratic Institut) ont décidé de créer, le 1er novembre 2003, un Cadre de Concertation des Femmes des Partis Politiques (CCFP).

Ainsi, le cadre de concertation est un espace stratégique d’échange d’idées et d’expériences pour relever le défi de la participation politique des femmes. Il a, en effet, pour mission principale d’organiser et de renforcer la solidarité au sein des femmes des partis politiques autour de leurs préoccupations communes et les rendre plus fortes et plus présentes dans la construction d’une démocratie plus inclusive et plus intégrale.

Pour ce faire, la coordination des activités est confiée à un directoire pour un mandat de trois ans.

Ce sont, entre autres, Mme Kéïta Rokiatou N’ diaye du RPM, Mme Thera Korotimy Théra du PIDS, Mme Mariko Korotoumou Théra de SADI, Mme Tall Haoua Touré du CNID, Mme Mariko Soundo Diallo du RDP, Mme Diné Djénéba M’Bodj du PSP, Mme Diakité Djénéba Sangaré du FAMA, Aissata Bambera du BDIA, Bernadette Kéïta du BARA et de Fatoumata Doumbia du RAMAT.

De juillet 2006, date de la mise en place du Cadre à ce jour, il a mené plusieurs activités et participé à toutes les prestations de tous les mouvements de femmes.

Ainsi, d’ajouter Mme la porte-parole du Cadre, Mme Théra Korotimy Théra, «Notre action est de nous assurer que le gouvernement respecte ses engagements en faveur des femmes conformément au Programme d’Action du Caire sur la Population et le Développement, à la Plate-Forme d’Action de Pékin pour l’Egalité des Sexes et l’Autonomisation des Femmes et aux Objectifs du Millénaire pour le Développement.


La déclaration solennelle des chefs d’Etats et de gouvernement de l’Union Africaine de juin 2004 qui préconise la parité dans toutes les instances de prise de décision
». Elle estime, en revanche, qu’«Aujourd’hui encore, les causes des femmes restent d’une actualité brûlante au Mali. Et pour cause : elles sont dans un rôle souvent subalterne, soumises à des discriminations» a-t-elle souligné.

Au Mali, malgré tous les progrès réalisés, on constate encore des inégalités de traitement, des préjugés détestables, des violences faites aux femmes qui ne sont pas tolérables et qui se doivent être combattues avec fermeté.

La porte-parole, s’appuyant sur les actions que la première dame mène sans cesse, et cela tous les jours pour l’autonomisation et la promotion de la femme malienne, a saisi l’occasion pour solliciter, au nom du cadre de concertation, la disponibilité et l’appui de Mme Touré Lobo Traoré afin de donner plus de confiance à la gent féminine.

Cependant, malgré le nombre élevé des femmes, ce sont plutôt les hommes qui assument leurs responsabilités sur la scène politique. Selon Mme Théra, les derniers résultats des législatives ne sont pas encourageants.

Ainsi, dans le sphère politique, les femmes représentent à peine 1% des maires, soit 7 maires sur 703 ; 6,53% des Conseillers municipaux ; 10% des députés, 8% des Conseillers au Haut conseil des collectivités territoriales par les mandatures.

S’agissant des postes nominatifs, le Cadre de concertation, par la voix de sa porte-parole, «se félicite du dynamisme enclenché par le Chef de l’Etat suite à la nomination des femmes au gouvernement».

La première dame, contente de la visite, a remercié ses sœurs pour le déplacement et les a encouragées sur le sens de gestion des partis politiques. «Pour aller de l’avant en matière politique, voyez surtout le côté féminin pour donner plus d’engouement à la chose» a dit Lobo. Elle a, au finish, fait part de son engagement et appui à chaque fois que le besoin se fera sentir.

L’ancienne ministre RPM, Mme Kéïta Rokiatou N’diaye, s’est appesantie sur le manque de solidarité entre les femmes. Ce qui, très souvent, «nous bloque et nous dérape de notre chemin» a-t-elle poursuivu.

Mme Mariko Korotoumou Théra de Sadi a, quant à elle, demandé : «En quoi, la première dame peut-elle contribuer à l’émancipation de ce Cadre de concertation ? ».

Le Cadre, selon Mme Mariko, est limité dans ses activités, faute de moyens. De ce fait, elle demande à la première dame d’appuyer les femmes politiques auprès des partenaires techniques et financiers.

Pour terminer, Mme Tall Haoua Touré s’est dit jalouse, à chaque fois qu’il y a remaniement ministériel, et qu’une femme est remplacée par un homme. Elle voudrait des postes spécifiques pour des femmes au gouvernement.

F.M.T. Doumbia

22 Juillet 2008