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D’un ton convivial, Bakary Koniba Traoré a très vite mis à l’aise les représentants de la grande famille Touré, l’une des communautés fondatrices de Bamako. C’était mardi dernier, au domicile du chef de la famille, M. Drissa Touré, à Bagadadji.

C’est pourquoi, après l’intervention de Bakary Koniba, M. Touré a répliqué : “celui qui s’adresse à nous en citant Dieu, le prophète, la Nation et le peuple ne cherche pas à détruire”.

La délégation du Front pour la République et la démocratie (FDR) était conduite par Bakary Koniba Traoré qui représentait Tiéblé Dramé car le président du Fdr présentait au même moment sa communication sur la gouvernance, à la Réunion du groupe des experts de haut niveau, au Centre international de conférence.

La délégation était composée de Bakary Koniba Traoré du Rpm, de Djiguiba Kéita et Sidi Camara du Paréna, d’Ibrahim Samba Traoré dit “Archi”’ de l’ADJ et d’Issa Diarra de Convergence 2007. C’est donc dans un climat détendu que Bakary “Pionnier” a sollicité les bénédictions des notables avant de demander que la parole lui soit accordée. Ce qui fut aussitôt agréé.

Leur visite, a-t-il dit, est guidée par le souci d’entretenir des échanges pour une meilleure compréhension de leurs points de vue et pour qu’ensemble, toutes les voies du chemin soient balisées. Certes, le FDR est créé dans un contexte électoral et s’inscrit clairement dans l’opposition. Cependant, a dit “Pionnier” ses membres ne sont animés d’aucune volonté de brûler ou de détruire. Ils n’en cautionnent pas pour autant le mensonge et la fraude.

Les fraudes

Le FDR a attiré l’attention sur le contexte de duperie qui a prévalu à la proposition du projet de loi sur l’abolition de la peine de mort. Pourtant, a-t-il indiqué, les campagnes électorales ont servi à décliner les intentions de chaque candidat. Or, ATT, après avoir magistralement évité de parler de ce thème pendant son premier mandat et au cours de la campagne électorale a choisi l’opportunité, au début de son second quinquennat, de proposer la loi.

Parlant des turbulences de l’école, le FDR a signalé que 14 000 admis au Def n’ont pas été orientés, que des enseignants sont en grève et que l’année universitaire passée n’est pas achevée. Le nœud gordien se trouve au nord où on ne connaît ni le nombre exact des otages ni leurs lieux de détention. Même si ATT déclare péremptoirement à la télévision qu’ils se portent bien.

La vie chère, les denrées et l’argent rares révèlent, a dit le FDR, qu’il soit indispensable que de larges concertations aient lieu avec les personnalités civiles, religieuses et coutumières afin que les solutions soient trouvées. Les élections, de la bouche même de Salif Kanouté, président de la Cour constitutionnelle et de celle de Boubacar Sow, directeur de l’Intérieur, n’ont jamais enregistré d’aussi massives fraudes depuis la création de la République du Mali.

Malgré tout, le FDR s’est inscrit dans la logique de l’apaisement et de la concertation avec les différentes sensibilités du pays. Les mesures de prévention et de conciliation sont propres au FDR, a soutenu M. Traoré. Toutefois, a-t-il souligné, le front ne saurait présager si des éléments impatients et qui n’adoptent pas leurs principes, n’en viendraient pas, demain, à commettre l’irréparable face à tous ces excès.

C’est bien entendu pour ces raisons que les concertations gardent toutes leurs pertinences. Comme l’a témoigné Drissa Touré, force est de reconnaître que le FDR cherche l’apaisement dans la concorde nationale.

Baba Dembélé

29 novembre 2007.