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Après Ouagadougou, Nouakchott et Antananarive, c’est notre pays qui abrite le 5e atelier du Club des Agences et Structures nationales africaines en charge de l’Electrification Rurale.

La cérémonie d’ouverture, qui a eu lieu ce 8 Avril 2008 au Grand Hôtel de Bamako, était présidée par le ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau, M. Hamed Sow, en présence du Président Directeur Général de l’AMADER-Mali, M. Ismaël O. Touré, et des représentants des structures et agences d’électrification rurale de 25 pays africains et européens.

Rappelons que le Club des Agences et Structures nationales en charge de l’Electrification Rurale (Club-ER) est un groupe de travail opérationnel qui a pour objet d’accélérer le développement de l’électrification, tout en créant les conditions d’un partage mutuellement bénéfique d’expériences entre lesdites agences.

Quinze pays sont membres du CLUB-ER : le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville, le Congo RDC, la Côte d’Ivoire, la Guinée Conakry, le Gabon, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad.

Cette rencontre de Bamako a pour objectif de faire le point des activités du CLUB-ER -depuis la rencontre de Ouagadougou en 2004- et de lancer le projet “Appui au CLUB-ER ” financé par l’Union Européenne.

Durant cinq jours -du 8 au 12 Avril 2008-, il s’agira, pour les représentants d’une vingtaine de pays africains et européens, d’échanger sur les questions liées à l’accès à l’énergie en milieu rural et périurbain. Ainsi, la rencontre s’articulera également autour de trois ateliers.

Il s’agit, pour le premier axe, de faire le point des activités du CLUB, depuis la rencontre de Ouagadougou en 2007. Pour l’axe deux, il s’agit de lancer le projet “Appui au CLUB ”, avec des thématiques sur le renforcement de l’impact de l’électrification rurale sur la réduction de la pauvreté; les schémas organisationnels de l’électrification rurale, émergence d’opérateurs privés nationaux et électrification transfrontalière; les outils et technologies au service de l’électrification rurale, y compris les systèmes d’informations géographiques; les spécifications techniques allégées et réductions des coûts, les aspects financiers de l’électrification rurale (mécanismes de financement nationaux et internationaux, tarification, fiscalité etc.), et enfin, l’appui à l’organisation des rencontres annuelles d’échanges entre tous les membres du CLUB, et l’ouverture aux pays d’Afrique anglophone.

Pour l’axe trois, il sera question de tenir, en collaboration avec nos partenaires techniques et financiers, deux ateliers sur les thèmes suivants: le développement de la micro-hydro-électricité, les systèmes hybrides Photovoltaïque-Diesel et les financements alternatifs.

L’ouverture de cette 5e rencontre annuelle du CLUB des agences et structures africaines en charge de l’électrification a été marquée par deux interventions: celles du PDG de l’AMader-Mali et du ministre de la tutelle, M. Hamed Sow.

Le DG de l’AMADER-Mali, M. Ismaël O. Touré, après avoir souhaité un bon agréable séjour aux hôtes, a remercié les participants du Mali pour avoir répondu avec intérêt à l’invitation. Il a noté que ces cinq jours d’échanges d’expériences permettront de mieux cerner la problématique de l’électrification rurale dans les pays membres, et a enfin remercié tous les partenaires du CLUB-ER pour leur engagement à la recherche des solutions idoines pour l’accès aux services énergétiques.

Quant au ministre Hamed Sow, il a, au nom du gouvernement, souhaité la bienvenue aux hôtes avant de remercier les différents experts du CLUB des Agences et structures africaines en charge de l’Electrification Rurale, pour avoir accepté, en dépit de leurs multiples occupations, de prendre part à cette rencontre de Bamako.

Pour le ministre, l’accès aux services énergétiques modernes en général, et à l’électricité en milieu rural en particulier, est une composante importante de la politique du gouvernement, pour assurer un développement intégré des zones rurales et périurbaines de notre pays.

A l’en croire, au Mali et dans la majorité des pays africains, cette politique se décline par la reconnaissance de l’énergie comme un des facteurs essentiels pour accélérer la croissance et réduire la pauvreté, dans nos documents de stratégie de croissance et de réduction de la pauvreté.

Selon le ministre Sow, une bonne politique énergétique et de bonnes décisions sont, pour un gouvernement, l’exigence de l’heure, afin d’améliorer la vie de toute la communauté nationale et d’impulser l’économie. En ce début du 3e millénaire, la situation énergétique de notre continent reflète rigoureusement son faible niveau de développement et peut être qualifié de “pauvreté énergétique ”.

L’Afrique partage un niveau très bas de consommation d’énergie primaire per capita : 0,63 Tonnes Equivalent Pétrole (TEP), contre 1,76 au niveau mondial (4,31 pour l’Europe de l’Ouest, 8,46 pour l’Amérique du Nord).
Une autre illustration de cette “pauvreté énergétique ” du continent est le niveau de consommation de cette forme moderne d’énergie par excellence qu’est l’électricité. Les indicateurs du continent sont les plus bas au monde : le taux d’électrification est inférieur à 30% pour la majorité des pays, contre un taux moyen à l’échelle mondiale de 60%.

Le taux d’accès à l’électricité en milieu rural se situe à seulement 8% pour l’Afrique subsaharienne, contre une moyenne mondiale de 44%. Ce taux est à peine supérieur à 1% dans bien de nos pays en Afrique. La consommation d’énergie électrique par habitant est de l’ordre de 500 kilowatt-heure par an pour l’Afrique subsaharienne, contre une moyenne mondiale de 2500 kw-heure.

Face à l’étendue des besoins, le ministre a déploré la faiblesse de la mise en valeur des potentialités énergétiques nationales, sous-régionales et africaines, à savoir : les potentiels hydro-électriques, l’énergie solaire et les autres sources renouvelables, les possibilités de mise en commun des ressources par l’interconnexion de réseaux électriques.

Il ne fait alors aucun doute que cette rencontre des Agences et structures africaines en charge de l’Electrification Rurale et la réflexion qu’elle porte à travers les différentes thématiques vont amorcer le renversement des ratios de nos indicateurs d’accès aux services énergétiques “, a-t-il dit.

Pour la circonstance, le ministre Hamed Sow a évoqué les réformes institutionnelles et règlementaires, notamment l’adoption, par le gouvernement, en Mars 2003, du Cadre de Référence pour le Développement de l’Electrification Rurale (CDR-ER), dont l’un des principes -en l’occurrence “le partenariat public-privé ”- permet de bénéficier de l’efficacité et de l’efficience du secteur privé pour développer l’électrification rurale au Mali, à travers l’octroi de subventions d’investissements publiques à des opérateurs privés disposés à intervenir et à apporter leur contribution personnelle aux projets d’électrification rurales, dans des périmètres prédéfinis

L’énergétique en milieu rural et périurbain a permis de porter le taux d’électrification en milieu rural de 1% en 2003 à 7% en fin 2007, à travers le partenariat public privé. Le document de politique énergétique nationale, adopté par le gouvernement du Mali en Mars 2006, a fixé des objectifs plus ambitieux pour le secteur de l’électricité, notamment en milieu rural, c’est-à-dire porter le taux d’électrification rurale à 12% en 2010 et à 55% en 2015.

A en croire M. Hamed Sow, ces thématiques retenues par l’atelier, se résumant à ce que l’on peut appeler “les énergies renouvelables au service de l’électrification rurale ”, viennent à point nommé et constituent aujourd’hui, pour les pays africains, une alternative opportune, au regard du prix du baril de pétrole qui a dépassé le seuil des 100 dollars US. Le ministre a donc invité les participants à une profonde réflexion, pour les enjeux de l’électrification rurale, à travers les différentes technologies envisagées.

Pour la circonstance, M. Pablo Leunda-Martiarena de EUROPE AID coopération, M. Michel Courillon, chargé de mission de l’ADEME, et Jean-Pierre N’Doutoum, chargé de programme de l’IEPF, se sont tous réjouis de cette rencontre de Bamako qui, selon eux, sert ainsi de cadrage pour le démarrage du projet et de la programmation participative des activités, pour l’année 2008.

Signalons qu’une visite de site sur l’axe Bamako-Ségou est prévue le samedi 12 Avril 2008.

Mariétou KONATE

09 avril 2008.