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Ils doivent faire face à l’hyper puissance des grandes chaînes mondiales.

Avec un budget de 1,2 milliard de dollars et 4000 journalistes, CNN propose une lecture américaine des événements du monde. Al-Jazeera tente de donner la réplique en véhiculant la vision du monde arabe. La BBC britannique et France 24 sont aussi des chaînes mondiales disposant de moyens colossaux.

C’est pour trouver le moyen d’exister et de se faire entendre à côté de ces mastodontes que les directeurs des télévisions publiques et privées d’Afrique de l’ouest ont entrepris depuis hier à l’hôtel Salam de Bamako, une rencontre de concertation et de partage d’expériences sous le thème : « Comment manager une télévision en Afrique de l’ouest« .

Le directeur général de l’ORTM, Sidiki N’Fa Konaté, qui est aussi le président du Réseau de l’audiovisuel public d’Afrique francophone (RAPAF), a appelé ses pairs à « diversifier les échanges« .

« Nous avons pris conscience que les défis communs exigent de nous une recherche effrénée de la culture de l’excellence. L’autre priorité réside dans le développement des rapports entre les télévisions publiques et privées« , a-t-il analysé.

L’Afrique de l’ouest a beau être un ensemble politique cohérent, a constaté Tidiane Dioh, responsable de programme médias à l’Organisation internationale de la Francophonie, les paysages télévisuels diffèrent d’un état à l’autre. Idem pour l’Afrique centrale.

« Les constats tirés des rencontres de Bamako en août 2005 et de Bujumbura en septembre 2006, nous ont convaincu de la nécessité de séparer les difficultés de la télévision de celles de la radio qui ne nous semblaient pas être du même ordre.

Surtout, il nous a fallu inclure les télévisions privées, si nous voulions mener un travail de réflexion plus global. D’où l’idée de notre présente rencontre« , a expliqué Tidiane Dioh.

Le responsable médias de la Francophonie constate qu' »on a souvent confondu libéralisation et absence de politique de régulation« .

« Toutes ces questions et bien d’autres seront débattues pendant ces trois journées de travaux. Nous passerons en revue toutes les étapes par lesquelles une télévision passe pour atteindre l’excellence. Ensemble, nous arriverons à faire germer une réflexion féconde sur un modèle de gestion des télévisions en Afrique de l’ouest« , a-t-il souhaité.

Les patrons de télévisions venus du Bénin, du Burkina, de Côte d’Ivoire, de Guinée, de Mauritanie, du Niger, du Togo, du Sénégal examineront les freins à l’évolution de leurs chaînes.

Ils seront assistés d’éminents experts comme Jean Mino, directeur général de Canal France international et Abdel Kader Marzouki, ancien secrétaire général de l’Union des radios et télévisions nationales d’Afrique (URTNA) et ancien secrétaire général du conseil international des radios et télévisions d’expression française (Cirtef).

Seront débattus aussi des thèmes portant sur la fin des monopoles dans le domaine de la télévision, la coexistence entre télévisions privées et publiques, l’harmonisation des textes de lois concernant la cohabitation, le partage du marché télévisuel et des fréquences.

Les patrons des télés devront également se creuser les méninges pour satisfaire les attentes et les demandes des téléspectateurs. Sans compter la problématique de l’information télévisuelle, les questions de gestion des ressources humaines, les outils techniques et les modes de financement.

La ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo qui présidait la cérémonie d’ouverture, a relevé combien le thème -comment manager une télévision en Afrique de l’ouest-, était d’une brûlante actualité et interpellait les professionnels.

Le thème intéresse et, même, passionne toutes les composantes de la société ouest-africaine francophone : décideurs, pouvoirs politiques, société civile, entrepreneurs, citadins et ruraux.

La télévision est, en effet, aujourd’hui une composante essentielle du système d’information et de communication dans notre espace. Le contexte impose aussi de tirer profit de la révolution numérique et d’emprunter des raccourcis dans tous les domaines en répliquant les meilleures pratiques constatées ici et ailleurs, a souligné le ministre.

Le représentant du président de la République auprès de la Francophonie, Mamadou Doucouré, a apporté aux participants les salutations et le soutien du chef de l’État.

M.N. TRAORÉ

21 Mai 2008