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La FAO est l’institution spécialisée des Nations unies qui est engagée dans la lutte contre la faim et qui a fait de son credo la construction d’un monde libéré de la faim.

Une vision partagée aujourd’hui par l’Afrique entière où une alimentation saine et équilibrée dans le cadre d’une gestion durable des ressources naturelles demeure une priorité.

« La réalisation de cet objectif exige, certes la définition de politiques et programmes appropriés en phase avec les réalités spécifiques de chacun de nos pays, mais appelle, au regard du caractère globalisant de l’économie mondiale, au renforcement de la coopération sous-régionale africaine pour la consolidation de la sécurité alimentaire, à travers les grands chantiers que sont le programme détaillé de développement agricole en Afrique (Pddaa), le nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique
(Nepad) et les programmes sous-régionaux de sécurité alimentaire
« , a déclaré le ministre malien de l’Agriculture, Seydou Traoré, en présidant la cérémonie d’ouverture de la session des experts.

Le ministre Seydou Traoré a rappelé le rôle déterminant joué par la FAO pour l’accompagnement de ces initiatives, l’avènement d’une coopération Sud-sud rénovée et plus solidaire, son appui pour l’élaboration et la mise à jour des stratégies nationales sous-régionales de sécurité alimentaire ainsi que la réalisation de nombreux programmes spéciaux.

Aujourd’hui, malgré l’adoption par nombre de pays africains de la déclaration du millénaire, marquant leur volonté de lutter contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté à l’horizon 2015, la faim touche encore plus de 800 millions de personnes dont 25% en Afrique subsaharienne.

« Au moment où le niveau global de la pauvreté a reculé en chiffre absolu de 1,2 milliards à 1,1 milliards et en pourcentage de 30 à 12% avec un score impressionnant pour la région de l’Asie du Sud Est, en Afrique subsaharienne la pauvreté a plutôt augmenté entre 1990 et 2001« , a déploré Seydou Traoré.

Ce tableau s’assombrit lorsqu’il est constaté que l’Afrique, malgré le caractère rural de sa population et de son économie, n’ait pas pleinement intégré les acquis de la révolution verte dans ses stratégies de développement alors que ceux-ci ont considérablement transformé l’Agriculture en Asie, poursuit-il.

En effet, lorsqu’en Asie du Sud-Est, le paysan utilise 100 kg d’engrais par hectare de terre arable, l’agriculture africaine en utilise 9 et les pays industrialisés près de 200 kg.

En outre, la productivité de l’Agriculture africaine est encore compromise par sa forte dépendance aux aléas climatiques. Moins de 10% des terres arables sont irriguées en Afrique, contre près de 40% en Asie.

« Ajoutez à cela l’absence d’une vision globale et opérationnelle pour l’acquisition de semences et de technologies adaptées et la faiblesse des infrastructures rurales, vous aurez réuni les conditions d’une activité à haut risque susceptible de décourager l’investissement privé ou tout au moins, rendre encore plus prudent un système financier national et mondial qui a des offres plus intéressantes ailleurs« , selon le ministre Seydou Traoré.

Il a mentionné par ailleurs la priorité à accorder à la formulation et la mise en œuvre d’un programme panafricain d’éradication de la pneumonie contagieuse bovine.

Il a salué l’initiative de la conférence internationale sur la réforme agraire dont la tenue est prévue prochainement au Brésil.

Le représentant résident de la FAO voit en l’Agriculture une voie incontournable dans la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

D’ici 2015, la situation risque de devenir pire si des mesures ne sont pas prises pour renverser les tendances dans ce domaine.

Cette rencontre aura à débattre les politiques et réglementations relatives aux biotechnologies dans la production alimentaire, les feux dans l’interface agriculture-foresterie, les reformes agraires, les politiques foncières, les nouvelles approches de l’accès à l’information.

B D

31 janvier 2006.